Si Mérimée, enclin à donner une toile de fond exotique à ses récits narratifs, accorde somme toute peu de place à la Seine, il lui confère en revanche un rôle fondamental dans son seul vrai roman,Chronique du règne de Charles IX. Tout en valant pour la pierre angulaire de l’oeuvre mériméenne, ce texte participe à l’invention romantique de la forme littéraire du roman historique. Cet article se penche sur l’utilisation que fait Mérimée de la Seine dans son écriture romanesque, telle qu’elle est conditionnée en partie par son rapport à l’Histoire. On se propose d’abord d’explorer l’écriture du roman historique telle que la conçoit Mérimée, puis d’analyser son traitement de la Seine en particulier. Le fleuve parisien prend des couleurs souvent dramatiques et est présenté comme une frontière à traverser, un axe ténébreux qui scinde la ville en des mondes distincts.