L’absence de relation biunivoque entre
une modalité occlusale particulière
et la mastication est due à la grande variabilité
de la mastication, tant interindividuelle
qu’intra-individuelle au cours d’une même
séquence de mastication. Cependant,
l’occlusion d’intercuspidie maximale demeure
une référence. La variabilité de la mastication
ne signifie pas absence de relation entre
occlusion et fonction. Car malgré la faible
durée des contacts dento-dentaires par
nychtémère, ces derniers influencent
la fonction des points de vue dynamique
et cinématique. Ces relations sont le fait
de contrôles sensorimoteurs segmentaires
et suprasegmentaires. Généralement
le sujet sain (indemne de douleur) s’adapte
à une modification de l’occlusion car à très
court terme, les régulations sensorimotrices sont
efficaces. À plus long terme, ces adaptations
feraient intervenir des phénomènes de
neuroplasticité du cortex sensorimoteur primaire
de la face. Par contre chez le sujet douloureux,
les régulations sensorimotrices sont inefficaces
(les réflexes trigéminaux nociceptif et myotatique
sont déficients). Peut-être y aurait-il aussi
des phénomènes de neuroplasticité
corticale maladaptative. Ceci expliquerait
pourquoi certains patients ne s’adaptent pas
à une modification de l’occlusion.