Art in situ or the Site as Art: A Japanese Reception of Contemporary Art

2020 ◽  
Author(s):  
Hiroshi Uemura
Keyword(s):  
De Se ◽  
Il Y A ◽  

L’exposition d’art dans des paysages est devenu populaire au Japon, avec la multiplication récente de festivals d’art locaux. Dans ces festivals, qui attirent chacun des centaines de milliers de visiteurs, coexistent des œuvres hétérogènes. Certaines sont des sculptures autonomes, d’autres des installations qui se fondent dans le paysage, et d’autres encore sont des œuvres de type « art relationnel ». Bien que ces œuvres in situ affirment leur lien essentiel avec le site naturel rural et avec le corps du spectateur — constituant un événement, une expérience, une rencontre éphémère —, les relations avec le site comme avec le visiteur sont complexes et ambigües. Il y a des œuvres in situ, mais parfois aussi in aliquo situ : des œuvres qui peuvent être installées n’importe où. Qu’est-ce qui attire les visiteurs dans ces expositions ? Quels sont donc la nature et le mérite de leur localisation ? Si les visiteurs apprécient de voir des œuvres dans ces paysages cela peut être en partie lié au principe japonais traditionnel d’expérience des lieux dit meisho-meguri, ou « pèlerinage vers des sites célèbres ». Cette pratique issue du Moyen Âge est associée historiquement au sacré. Aujourd’hui ce pèlerinage prend la forme du tourisme moderne mais conserve un sens traditionnel invisible car les visiteurs se déplacent à travers une série de lieux géographiques selon un jeu culturellement codé. Selon nous, dans le cas des visites d’œuvres d’art en zones rurales, l’appréciation des œuvres d’art participe à ce même jeu traditionnel de se déplacer physiquement dans une série de lieux. Cette dimension spirituelle implicite modifie à son tour la perception des œuvres. Ainsi on dira que la pratique japonaise de visiter ces expositions d’art in situ témoigne de la survivance d’une tradition, et constitue ainsi un système alternatif d’expérience esthétique.


1952 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 13-20 ◽  
Author(s):  
Renée Doehaerd
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Ouvrons n'importe quel manuel d'institutions, n'importe quel ouvrage sur l'histoire du droit du haut moyen âge : nous y trouverons un exposé correct, du contenu des mesures monétaires carolingiennes. Seulement, on les expose, on ne les explique pas ; on les présente comme si elles allaient de soi. Or il y a lieu d'expliquer. C'est que, lorsqu'un gouvernement modifie sa monnaie — entendons bien qu'il ne s'agit pas d'altération, mais de transformation officielle — il le fait pour une certaine cause, il vise un certain but. Cette cause, ce but, la situation qui a provoqué ces mesures — voilà ce que l'on ne s'est point attaché à préciser. Évidemment, les textes, ces textes carolingiens si avares de renseignements, sont muets à ce propos. Il n'est cependant pas défendu de rapprocher certains faits qui paraissent nous mettre sur la voie d'une explication possible — disons, qui permettent de créer le cadre dans lequel ces mesures reprennent un certain sens pour nous.



1982 ◽  
Vol 37 (1) ◽  
pp. 186-192
Author(s):  
Bronisław Geremek
Keyword(s):  
De Se ◽  

La société du Bas Moyen Age subit des mutations profondes. Toutes les structures traditionnelles semblent s'affaiblir : les liens de dépendance se relâchent, la cohésion familiale diminue, l'autorité des institutions et des élites disparaît, le prestige des groupes privilégiés n'est plus considéré comme découlant de l'ordre naturel et de la loi divine.Les processus de déracinement de la fin du Moyen Age se déroulent à plusieurs niveaux : d'une part, ils embrassent avec une intensité plus ou moins grande les divers groupes de la société, touchés par les mutations et poussés à changer de lieux de résidence, de professions, de rôles sociaux ; d'autre part, ils produisent des gens incapables de se réintégrer dans la société, vivant en marge de l'ordre social, exclus ou s'excluant de celui-ci, des marginaux.



1986 ◽  
Vol 41 (3) ◽  
pp. 513-542 ◽  
Author(s):  
Lawrence M. Bryant
Keyword(s):  
De Se ◽  

A l'époque médiévale, l'accueil réservé par les villes aux souverains apparaît comme un usage dont les modalités et les symboles varient au gré des régions, des coutumes et des influences. Depuis Vadventus impérial de la fin de l'Antiquité, tous les rituels d'accueil des souverains cherchent à mettre en valeur cet événement, en sortant de la routine quotidienne, et à exprimer symboliquement les idéaux de la communauté. Au cours de la renaissance urbaine du XIIesiècle, on a fréquemment relaté ces réceptions de monarques ou de seigneurs. A partir du XIVesiècle, en Europe, les cérémonies publiques destinées à accueillir les princes prennent une place importante dans les rituels et ne cessent de se développer. En France, à cette époque, le mot « entrée » commence à désigner un rituel aussi bien qu'une action, et des cérémonies de ce type se déroulent fréquemment jusqu'au XVIIesiècle ; elles perdent alors leur éclat et oublient l'héritage symbolique et rhétorique du Moyen Age. A l'époque médiévale, elles servent de support à la créativité et à l'expression de la communauté urbaine ; des innovations surgissent à chaque nouvelle cérémonie.



PMLA ◽  
1946 ◽  
Vol 61 (3) ◽  
pp. 607-619
Author(s):  
Leo Spitzer
Keyword(s):  
En Face ◽  
Il Y A ◽  

L'étymologie de la particule anc. française mon, qui se trouve encore dans des passages fameux du théâtre classique (“Ça mon vraiment! il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles!”, Molière, Bourg. gent.iii, 3; “Ardez, vraiment, c'est mon, on vous l'endurera,” Corneille, Galerie du Palais, v. 1392), est loin d'être sûrement établie. “Ce petit mot a fait verser des flots d'encre,” nous dit Livet, Lex. de Mol., s.v., ça mon: il a inspiré aux philologues depuis Silvius (1531), R. Estienne et J. Thierry, jusqu'à Ebeling (1900) les explications les plus fantaisistes (v. pour la bibliographie, en outre de Livet, Behrens, Beitr. z. frz. Wortgeschichte, p. 305): multum, meum, munde, minus, germ, mund, suédois monne, grec. et (c'est la dernière, la plus phantastique, qui avait séduit l'esprit bizarre d'un Furetière et qu'un Ebeling, grave et vétilleux élève de Tobler, devait rééditer). On s'arrête généralement aujourd'hui à l'explication de Diez: munde (l'adverbe de mundus ‘pur,’ donc littéralement = ‘proprement, nettement’), que répètent Littré, Meyer-Lübke, Gamillscheg, Dauzat. Cette étymologie, certainement acceptable au point de vue sémantique (cf. l'ital. pure), se heurte pourtant à un fait phonétique: jamais nous ne trouvons en anc. français de -t final, qui pourtant devrait se présenter au moins d'une façon sporadique (cf. mundus ‘monde’ > a.fr. mont à côté du latinisme monde; Meyer-Lübke donne lui-même un a.fr. mont ‘pur’ sous mundus, que je n'ai pu, il est vrai, trouver dans les dictionnaires: il ne me semble exister que le latinisme monde et son opposé immonde). On comprendrait p. ex. qu'on trouve mon pour ∗mont dans des textes du Sud-Ouest ou anglo-normands où -t final disparaît d'assez bonne heure (cf. Pope, From Latin to Mod. French, p. 453: Gaimar rime sumun < submonet avec gerun, passiun)—mais nous ne trouvons pas de trace de mont dans le reste de la France, au moins au moyen âge. Un mont variante de la particule mon n'apparaît qu'assez tard en français, au moment où la spéculation étymologique se mêle à l'orthographe: chez Oresme, qui offre aussi la forme altérée moult (v. Godefroy), et chez des grammairiens du XVIe siècle, avides, comme on sait, d'étymologie. En face de la forme mon, seule usitée en anc. français, l'étymologie munde est intenable. Il y a encore un argument contre l'admission d'un adverbe: c'est le manque total de formes avec -s adverbial, si fréquent dans l'adverbe voir(s) ‘vraiment’: on ne trouve pas de forme ∗mons. Si nous comparons l'adverbe anc. français espoir ‘peut-être,’ qui est la forme pétrifiée de la le pers. du présent de esperer, nous remarquerons là aussi le manque de l’ -s adverbial.



2011 ◽  
Vol 66 (3) ◽  
pp. 625-661 ◽  
Author(s):  
Laurent Feller
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

RésuméDurant le haut Moyen Âge, l’échange marchand coexiste avec l’échange non marchand. Le but de cet article est d’examiner la présence de ces deux grandes modalités de l’échange au sein de la vie économique durant une période où l’existence même de surplus fait question. Les déficiences supposées des moyens de production, leur éventuelle inadéquation avec le développement, l’incompétence – elle aussi postulée – des Élites font que l’échange par le marché et la possibilité qu’il existe un secteur de profit sont le plus souvent sous-évalués, voire niés. Les Élites sociales tout comme les agriculteurs ou les commerçants ont à l’égard de la production, de la consommation et de l’échange des attitudes très nuancées et complexes. Les moines savent, au VIesiècle, comment se forment les prix et comment il faut jouer avec les règles pour assurer son salut, tout comme au IXesiècle et la comparaison entre les pratiques d’Adalhard de Corbie et la règle de saint Benoît (ou celle du maître) livre l’explication de leur attitude à l’égard des prix : pour eux, les choses ont une valeur qu’il est possible de mesurer et de modifier. L’attitude des Élites carolingiennes et post-carolingiennes lors des famines permet d’établir comment les autorités ont compris les règles de l’échange marchand à l’intérieur d’un monde chrétien. Il y a, au bout du compte, un savoir partagé mais tacite sur le fonctionnement des échanges et une conscience de ce que, en fonction des buts poursuivis, ceux-ci peuvent prendre plusieurs formes.



2001 ◽  
Vol 56 (3) ◽  
pp. 591-621
Author(s):  
Pierre Monnet

RésuméSouvent utilisés à titre d’illustration, comme les images, et moins étudiés pour eux-mêmes, les témoignages autobiographiques, ici ceux que l’on peut rencontrer dans quelques villes de haute Allemagne à la fin du Moyen Aˆ ge (Francfort-sur-le-Main, Nuremberg, Augsbourg…), ne font pas que raconter à la première personne l’itinéraire d’une vie, mais prennent soin de localiser, dans un espace construit et adéquat, les étapes de l’existence. Deux occasions du récit pourront permettre d’en juger: l’arrivée ou les allées et venues en ville, d’une part, et les formes d’identification — ou de distanciation — que l’on peut d’autre part repérer entre le narrateur et la cité décrite, tantôt idéalisée, tantôt donnée comme réelle. Ce faisant, il semble bien que le fragment autobiographique parvienne à inscrire la conscience de soi dans un espace choisi et non subi (à travers le prisme du binôme enracinement-déracinement). Il en résulte une inscription de l’histoire individuelle dans l’espace, qui semble appartenir au plus vaste mouvement de « territorialisation » (comprise ici au sens urbain plus que dynastique du terme) opéré par l’historiographie tardo-médiévale. En combinant le temps de l’individu et l’espace tant géographique que social de sa ville, le propos autobiographique gagne en efficacité, renforce la construction identitaire visée, satisfait souvent l’enjeu de pouvoir sous-entendu par l’entreprise de mémoire. Second acteur dans la mémoire centrée sur soi, la ville devient cette tribune, ce truchement qui permet au discours de se faire véritablement singulier.



1974 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 315-335 ◽  
Author(s):  
Emily R. Coleman

Grâce aux médiévistes de ces dernières générations, nous comprenons mieux aujourd'hui les institutions politiques et agraires du Haut Moyen Age, leur ingéniosité, leurs possibilités, et l'idée d'un Haut Moyen Age dynamique s'impose À nous. Nous apprenons À reconnaître et À mesurer les difficultés du lent glissement d'une civilisation À une autre. Et pourtant, au moins dans un sens, l'expression d’ « âge obscur » reste À l'ordre du jour comme il y a cent ans. En effet, malgré tous les progrès de la recherche historique, À la fois dans ses méthodes et dans son mode de perception, ses perspectives, l'histoire sociale de cette période reste fondamentalement mystérieuse. Nous sommes bien renseignés sur les factions politiques qui divisent l'aristocratie et sur la vie agraire du IXe siècle, mais bien peu d'auteurs se sont attachés à la veritable cellule de base de cette société, la famille paysanne. Nous ne traiterons ici, essentiellement, qu'un seul aspect de la vie paysanne, très largement négligé jusqu'À présent par les historiens, et qui semble pourtant jouer un rôle important dans l'évolution sociale du Haut Moyen Age : les aspects économiques et sociaux de la limitation des naissances dans la population servile.



2020 ◽  
Vol 20 (1) ◽  
pp. 15
Author(s):  
José-Ramón Juliá Viñamata
Keyword(s):  
De Se ◽  

Le comportement des hommes devant la mort est, sans aucun doute, l'un des aspectes les plus intéressants de l'Histoire des Mentalités. La pensée de la mort oblige à participer à un jeu que prsonne n'ose refuser, vu que tous ceux qui disposent de biens ont le même problème à l'heure de faire leur testament: la peur du châtiment divin. La fait de formuler sis dernières volontés devient donc une véritable confession des offenses et des mauvaises actions commises par l'individu, ce qui le conduit à utiliser toutes les formes d'expiation dont il dispose, dans un essai désespéré de se sauver des feux de l'enfer. Un état d'esprit s'impose ainsi dans tout le monde occidental du Moyen Age, caractérisé, sur le plan animique, par la peur de l'au-delà. Les barcelonais du début du XIV' siècle ne sont pas différents du reste de la population occidentale, tout comme nous le montrent les testaments de cette époque, lesquels deviennent ainsi une véritable source d'information pour connaitre la liturgie qui entoure la mort des testateurs. On les voit choisir soigneusement leur sépulture, disposer la célébration d'anniversaire de leur décès, réaliser toutes sortes d'oeuvres pieuses et d'aumônes -paiement de dote à des jeunes filles pauvres en âge de se marier, legs à des hôpitaux, vêtements et aliments pour les nécessiteux, etc.-, fonder des bénéfices éclésiastiques er, finalement, ils reconnaissent sincèrement leurs offenses et leurs péchés. Tout cela en vue de se réunir avec le Créateur; tandis que la société barcelonaise, qui dispose de moyens économiques er se trouve en pleine expansion commerciale, se comporte d'une façon très homogène. Seule la répartition inégale des richesses marquera des différences à l'heure d'affronter la mort et de disposer la célébration liturgique, mais les mentalités sont tellement semblades qu'elles détruisent les barrières sociales. Nobles et artisans, monarques et bourgeois, hommes et femmes, tous disent la vérité er tentent de dédommager ceux qu'ils ont maltraités ou ruinés leur vie.



2005 ◽  
Vol 41 (2-3) ◽  
pp. 49-63
Author(s):  
Seymour Baker House
Keyword(s):  
De Se ◽  

Lorsqu'il était emprisonné à la Tour de Londres, Thomas More a écrit une méditation détaillée du récit que font les Écritures de la passion du Christ au jardin de Gethsémani, dans le but de se préparer à son prochain martyr et de témoigner de cette expérience. Son De Tristitia Christi, écrit dans le contexte de contraintes morales et physiques, constitue une étude à caractère dévotionnel qui fournit à son auteur, et aux victimes de persécutions, un parcours transformant l'imitatio Christi du Moyen Âge tardif en une union quasi-mystique avec le Christ souffrant. Malgré que l'ouvrage de More repose sur une tradition populaire de méditation des Évangiles et de la vie du Christ, le traitement que fait More d'un seul épisode des Évangiles associe de manière originale la pratique de la lectio divina et de l'exégèse humaniste de la Renaissance.



1961 ◽  
Vol 16 (5) ◽  
pp. 965-971 ◽  
Author(s):  
Robert Mandrou

Les mouvements de longue durée, qui sous-tendent toute histoire, même quotidienne, de la vie matérielle, notamment celle de l'alimentation, n'ont encore retenu ni l'attention, ni la passion des historiens français. Aussi bien les deux articles allemands anciens que nous voulons mettre en cause aujourd'hui, sur la production et la consommation de viande en Allemagne, du Moyen Age au XIXe siècle, sont restés à tel point ignorés des érudits français que la thèse présentée en 1871 par Gustav Schmoller, puis mise vigoureusement au point en 1937 par Wilhelm Abel, présente le double avantage et d'une franche nouveauté — et d'une explication globale des fluctuations jusqu'à la révolution agricole du XIXe siècle. Est-il rien de plus précieux en ces domaines de recherche et de découverte, qu'un large schéma préalable, une ligne d'explication, si autoritaire soit-elle, qui permette de se situer, de se reconnaître ?



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