Bioévaluation de la pollution des sédiments de la Seine (région parisienne) par l'emploi d'un bioessai basé sur la croissance à court terme de la micro-algue Selenastrum capricornutum Printz
La bioévaluation de l'état de santé des fonds meubles dépend des conditions expérimentales du traitement des échantillons de sédiment conduisant à l'obtention de la phase aqueuse sur laquelle sont effectuées les analyses chimiques et toxicologiques. Au cours de cette étude préliminaire nous avons considéré l'action de ces principales conditions ; nous constatons que l'effet inhibiteur d'un sédiment vis-à-vis de la croissance à court terme de la micro-algue Selenastrum capricornutum Printz n'est pas aisément levé, que ce soit par lessivages successifs du sédiment, par filtration plus fine de l'eau extraite à partir de ce dernier ou par autoclavage préalable de ce même sédiment, il peut l'être par contre après biodégradation. Cette étude expérimentale a permis de comparer entre eux les pouvoirs inhibiteurs des fonds meubles de la Seine (région parisienne). On note qu'il n'y a pas de corrélation entre les teneurs en métaux lourds souvent importantes des eaux issues des sédiments (Pb 70, Cu 100, Cr 150, Cd 9, Ni 280, Zn 400 µg.L-1) et le développement des algues : les polluants métalliques sont masqués par le pouvoir chélateur de ces biotopes riches en substances organiques. Une conclusion à cette étude préliminaire est que l'analyse chimique des sédiments, utilisée seule, n'a qu'un intérêt limité : les données les plus fiables correspondent à celles fournies par les bioessais.