scholarly journals Impacts de changements climatiques sur le régime hydrologique : le cas de la riviere Moisie

2005 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 179-195 ◽  
Author(s):  
G. Morin ◽  
M. Slivitzky

Les résultats du modèle de circulation générale (MCG) à haute résolution du Centre climatologique canadien (CCC) sont utilisés pour estimer l'ampleur des impacts d'éventuels changements climatiques sur le régime hydrologique d'une rivière de la côte nord du Saint-Laurent. Pour le Québec, le MCG du CCC prévoit des augmentations annuelles de l'ordre de 0 à 15 % pour les précipitations et de 4 à 5° C pour les températures, tandis que les variations saisonnières seraient beaucoup plus importantes, les températures hivernales (décembre à février) augmentant de 6 à 9° C et les précipitations 15 à 20 %. Le modèle hydrologique CEQUEAU est appliqué au bassin versant de la rivière Moisie, pour simuler les débits dans le contexte climatique actuel et dans ce nouveau contexte climatique. Pour ce bassin versant, les précipitations annuelles seraient pratiquement inchangées alors que les températures annuelles augmenteraient de 4° C. En appliquant, aux 24 dernières années (1986-1989), les changements mensuels de précipitation et température découlant du MCG, le débit annuel moyen serait réduit d'environ 5 % et l'écart-type augmenterait de 15 %. La probabilité des années humides serait pratiquement inchangée alors que pour les années les plus sèches enregistrées au cours de ces 25 dernières années soit 600 mm, la probabilité de non dépassement dans ce nouveau contexte climatique passerait de 0,12 à 0,28 ; les débits annuels, d'occurence décennale, diminueraient d'environ 10 %. On assisterait à une modification plus importante dans la distribution mensuelle des écoulements. Les débits moyens des mois d'été (juillet à septembre) seraient réduits d'environ 35 % tandis que pour les mois d'hiver les écoulements moyens seraient plus soutenus.


Author(s):  
Abdelghani Boudhar ◽  
Lahoucine Hanich ◽  
Ahmed Marchane ◽  
Lionel Jarlan ◽  
Abdelghani Chehbouni

Le présent travail a pour objectif d'améliorer notre connaissance du cycle de l'eau et en particulier de l'apport du manteau neigeux dans le bilan hydrologique au niveau du bassin versant montagneux du Rheraya au Sud de la ville de Marrakech. Vue la faiblesse du réseau de mesures hydrométéorologiques, nous nous sommes appuyés sur les données issues d'une séries d'images FORMOSAT2 de haute résolution spatiale (8 mètres) et temporelle (4 jours). Les données de télédétection, si elles permettent d'obtenir avec une bonne précision la surface occupée par la neige, ne permettent pas seules d'estimer leur équivalent en eau alors que c'est cette quantité qui régit le bilan hydrologique.La combinaison de ces données spatiales avec les mesures de terrain a permis la validation du modèle de fonte que nous avons calibré à l'échelle locale. Le modèle de fonte utilisé et de type degré jour a été initié à l'aide des données mesurées à une station située à 2600 mètres d'altitude. Les équivalents en eau (SWE) spatialisés sont ensuite validés de deux manières : 1) à l'aide des mesures au niveau d'une station à 3200m et 2) avec les surfaces enneigées obtenues à partir des données FORMOSAT2. Les résultats obtenus indiquent que les images FORMOSAT2 permettent une meilleure estimation du couvert nival à l'échelle du bassin versant. Les simulations des SWE indiquent une grande cohérence avec les mesures et les surfaces de neige observées.





NAAJ ◽  
2019 ◽  
pp. 132-144
Author(s):  
FRÉDÉRIC SAHA

Le climat soudano-sahélien règne sur la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Cette région présente le plus grand retard socioéconomique du pays (INS, 2015). La faible productivité du milieu et la forte croissance démographique sont entre autres les principaux facteurs explicatifs. Cette région se raccorde à la bande sahélienne du continent africain caractérisée par une longue saison sèche. Le contexte contemporain des changements climatiques est un défi supplémentaire pour les populations de cette zone. Cette contribution met en exergue les différents visages de l’incertitude climatique qui affecte essentiellement les précipitations dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Une analyse de l’incidence de cette incertitude sur les initiatives d’adaptation est ensuite livrée. Les investigations reposent sur une enquête de terrain menée dans les six départements que compte cette région. En outre, l’analyse des données pluviométriques permet de faire différentes observations. Il en ressort que les variations saisonnières et interannuelles des précipitations sont difficilement prévisibles. Même l’orientation du changement est variable d’une année à une autre, cela complique les initiatives d’adaptation aux risques dans cette zone.



2013 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 33-38 ◽  
Author(s):  
Faiza Hallouz ◽  
Mohamed Meddi ◽  
Gil Mahe

Résumé Une modification des pluies va probablement entraîner une modification de la disponibilité des ressources en eau. Les impacts pour la population humaine devraient donc être importants. Les ressources en eau font aussi l’objet d’une pression anthropique qui ne cesse de croître : changement d’occupation des sols, construction de barrages, prélèvements d’eau souterraine. Le bassin versant de l’oued Mina, de 6 000 km2 environ, situé au nord-ouest d’Algérie et affluent de l’oued Cheliff, présente une variabilité spatiale et temporelle importante des pluies et des débits. Une régionalisation de la pluviométrie annuelle de ce bassin a été réalisée à partir des données de 26 stations pluviométriques ayant 77 années d’observation (1930-2007). Grâce aux tests statistiques de détection des ruptures sur les séries chronologiques, nous avons détecté une diminution des pluies annuelles de 19 à 20 % sur le bassin de l’oued Mina, vers 1976 le plus souvent, et une rupture dans les séries de débits mensuels et annuels de cinq postes hydrométriques, à partir du milieu des années 1970 et jusqu’au cours des années 1980. Sur l’ensemble du jeu de données de débits, tous les mois présentent des ruptures, et c’est durant les mois de février, mars et avril, de fin de saison humide, qu’elles sont les plus significatives. Durant les années récentes, aucun changement de tendance ne peut être observé sur les séries étudiées. À cette échelle, les pluies diminuent effectivement de manière importante et abrupte depuis 1960. Les changements climatiques qui affectent actuellement le bassin méditerranéen sont susceptibles d’avoir des conséquences importantes sur les régimes hydrologiques des fleuves côtiers.



2005 ◽  
Vol 11 (2) ◽  
pp. 175-190 ◽  
Author(s):  
A. St-Hilaire ◽  
D. Caissie ◽  
N. El-Jabi ◽  
G. Morin

Les paramètres chimiques jouent un rôle important dans l'équilibre des écosystèmes aquatiques. De nombreuses études ont déjà démontré que les caractéristiques chimiques d'un cours d'eau peuvent changer avec les saisons. Cette étude a pour but de revoir les relations débit- concentration sur un petit cours d'eau, dans le contexte des variations entre deux périodes climatiques. Pour ce faire, une analyse de régression entre le débit et six paramètres de qualité de d'eau (sodium, magnésium, conductivité, pH, azote total et le carbone organique dissous) provenant d'un petit bassin versant forestier (ruisseau Catamaran, N.-B., Canada) a été réalisée afin de déterminer la différence entre la saison sans glace et la saison avec glace. Des échantillons mensuels d'eau ont été récoltés sur le ruisseau Catamaran depuis 1990. Les analyses chimiques faites sur ses échantillons ont permis de déterminer les concentrations des paramètre étudiés. La plupart des variables de qualité ont démontré une relation significative avec le débit, sauf l'azote total. Les coefficients de détermination variaient entre 0.752 et 0.898, exception faite du carbone organique dissous dont le r2 était de 0.294. La conductivité était le paramètre dont le débit expliquait le plus la variance. Une étude des rapports des sommes des carrés des résidus a permis de déterminer que seul le pH requiert un modèle différent pour la période sans glace et la saison avec glace. Les variations saisonnières de la relation débit-pH revêt une importance significative pour les ruisseaux comme celui de Catamaran, qui incluent de nombreux habitats pour le saumon de l'Atlantique. Les résultats des analyses de régressions indiquent que lorsque la géochimie est plus complexe, comme c'est le cas pour le pH, il faut diviser les séries temporelles en sous-composantes saisonnières avant de tenter d'établir une relation débit-concentration.



2005 ◽  
Vol 18 (4) ◽  
pp. 521-539 ◽  
Author(s):  
P. Constant ◽  
L. Poissant ◽  
R. Villemur

Le but de la présente étude était d'étudier l'impact de la variation des niveaux d'eau d'un marais d'eau douce (Baie Saint-François, Québec) sur l'évolution des concentrations et des flux d'hydrogène, monoxyde de carbone, méthane et dioxyde de carbone. Une approche originale impliquant l'association d'un gradient de concentration de ces composés sur un profil vertical de 1,5 m au transfert de flux turbulent micrométéorologique fut utilisée pour la détermination des flux. L'étude démontre qu'une hausse du niveau d'eau d'un bassin versant alimentant une zone humide influence les flux de méthane, de monoxyde de carbone d'hydrogène et de dioxyde de carbone. En conditions submergées, le marais émettait du méthane et du monoxyde de carbone et consommait moins d'hydrogène troposphérique. Ainsi, cette étude démontre que des mesures in situ peuvent servir à inférer des scénarios d'impacts possibles des changements climatiques et des variations des niveaux d'eau sur les émissions des gaz à effets de serre dans l'écosystème du fleuve Saint-Laurent.



2008 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 129-133
Author(s):  
Claude Villeneuve

Résumé Les prévisions globales du GIEC tendent vers une augmentation des précipitations dans le nord-est de l’Amérique du Nord, une augmentation des températures moyennes annuelles et de la quantité de précipitations neigeuses, mais une diminution de la durée de la couverture de neige au sol. Si les modèles régionaux et les observations de terrain nous permettent de confirmer cette tendance dans le centre et le nord du Québec, la tendance est moins claire dans le bassin versant des Grands Lacs / Saint-Laurent dont dépend la majeure partie de la population québécoise. Sachant que les impacts d’un changement climatique ne peuvent se prévoir de façon déterministe, sans tenir compte de la capacité d’adaptation d’une population et de sa capacité d’anticiper et d’investir, les nouvelles tendances dans la nature, l’abondance et la répartition des précipitations et surtout, l’équilibre entre les précipitations et l’évaporation à l’échelle de grands bassins versants constituent une grande inconnue des changements climatiques à venir. Nous tenterons dans ce court article de caractériser les impacts et les pistes d’adaptation envisagées pour le sud du Québec face aux modifications anticipées du régime hydrologique.



2020 ◽  
pp. 13-18
Author(s):  
J. CAUSSE ◽  
O. THOMAS

Bien que la préservation et la restauration des têtes de bassins versants soient décrites depuis de nombreuses années comme essentielles à la reconquête de la qualité de l’eau, il existe peu d’outils opérationnels permettant de comprendre ces hydrosystèmes complexes. En effet, les stations officielles de mesure de la qualité de l’eau drainent généralement des bassins versants dont la surface dépasse 10 km2. Cet article présente l’intérêt de la mesure de qualité des cours d’eau à haute résolution spatiale pour une meilleure gestion des bassins versants, à travers l’application d’un service innovant sur un territoire impliqué dans le plan de lutte contre les algues vertes 2 (PLAV2). Ce service implique l’utilisation d’un système de mesure portable, développé spécialement pour le suivi longitudinal de la qualité des eaux de petits cours d’eau en tête de bassin versant, et validé via la comparaison avec des analyses en laboratoire. Une cinquantaine de points de mesure ont été réalisés en avril, juin et septembre 2018 le long d’un linéaire de 8 km sur une des têtes de bassin versant du Frémur, contributeur majeur de la baie de la Fresnaye (22) en débit et flux de nitrates. Les résultats montrent tout l’intérêt de la mesure à haute résolution spatiale pour mieux comprendre l’hydrosystème, identifier facilement des sources ponctuelles ou diffuses le long du cours d’eau et calculer la contribution relative de chaque source au débit et au flux de polluant du cours d’eau. La méthode permet également des comparaisons qualitatives avant/après travaux de restauration de cours d’eau.



Sécheresse ◽  
2009 ◽  
Vol 20 (1) ◽  
pp. 145-152 ◽  
Author(s):  
Ibrahim Bouzou Moussa ◽  
Oumarou Faran Maiga ◽  
Jean-Marie Karimou Ambouta ◽  
Benoit Sarr ◽  
Luc Descroix ◽  
...  


1999 ◽  
Vol 11 ◽  
pp. 163-182 ◽  
Author(s):  
S. Senoussi ◽  
A. Agoumi ◽  
M. Yacoubi ◽  
A. Fakhraddine ◽  
E. H. Sayouty ◽  
...  


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document