Plurilinguisme et tensions identitaires
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Published By Editions Des Archives Contemporaines

9782813003614

2021 ◽  
pp. 87-110
Author(s):  
Isabelle CROS

Malgré des discours prônant la diversité de la francophonie - ou plutôt des francophonies -, l’enseignement scolaire comme universitaire entretient encore très largement la représentation d’un français qui se réduirait au français standard normé, tel qu’il a été imposé par la politique linguistique française. Cette recherche-formation, mise en oeuvre dans le cadre d’un cursus en didactique du FLE, cherche à déterminer en quoi une formation à la francophonie par la sociolinguistique peut participer à l'instauration d’une politique linguistique plus écologique. Au-delà des apports pédagogiques et didactiques, il apparaît cependant que l’effet sur ces futurs enseignants plurilingues est aussi celui d’une relégitimation non seulement des variations liées au français mais aussi de leur(s) propre(s) langue(s) minorée(s).



2021 ◽  
pp. 19-34
Author(s):  
Emmanuel KAMBAJA MUSAMPA
Keyword(s):  

Notre étude part de l’hypothèse selon laquelle les stéréotypes sociaux contenus dans le discours médiatique sur le conflit au Cameroun sont des indicateurs de la nature des relations entre les deux groupes linguistiques : anglophone et francophone. Nous nous sommes servi de la Théorie de l’École de Palo Alto et de la Théorie du conflit réel pour analyser les articles de presse en ligne portant sur le conflit inter Camerounais. A l’issue de nos analyses, il s’est avéré que fondamentalement, le conflit au Cameroun n’est pas une guerre de langues. Il est plutôt une perturbation des niveaux de communication. Les hétéro-stéréotypes et les auto-stéréotypes inscrits dans les articles de presse en ligne montrent que ce conflit est dû aux relations asymétriques compétitives qu’entretiennent les deux groupes linguistiques du Cameroun. La langue apparaît comme un élément de différence entre les deux groupes d’une part et un indicateur d’identité pour les anglophones d’autre part.



2021 ◽  
pp. 35-44
Author(s):  
Liliane Hodieb

Le Cameroun compte plus de 230 langues. Avec le français et l’anglais comme langues officielles, les langues nationales ou « indigènes » n’ont aucun statut réel. La situation linguistique du Cameroun est doublement conflictuelle. En effet on assiste d’un côté, à une « guerre » entre anglophones et francophones, et de l’autre côté, entre les langues officielles et les langues nationales. La colonisation a certes une grande part de responsabilité dans ce problème, mais il serait simpliste de considérer ce facteur comme l’unique cause de la crise qui sévit actuellement au Cameroun. Plus qu’une crise politico- linguistique, il s’agit manifestement d’une crise identitaire. D’où la question, quelle politique linguistique pour le Cameroun ? Après avoir fait une revue de la littérature sur la sociolinguistique du Cameroun, nous montrerons, à partir de la « Language Management Theory » (Nekvapil et Sherman 2015), qu’une politique linguistique plus inclusive, c’est-à-dire de type «bottom-up », pourrait aider à pallier les conflits.



2021 ◽  
pp. 121-137
Author(s):  
Sarah GIMENEZ

Les proverbes contenus dans le corpus parémiologique d’I.S Révah, rédigés en judéo-espagnol de Salonique en 1936, sont un paradigme caractéristique de la tradition sapientielle judéo-espagnole : au carrefour entre plusieurs cultures, plusieurs langues, plusieurs frontières. Ils sont tout à la fois des vecteurs de langage et de sagesse et reflètent le parcours, souvent semé d’embuches, de la communauté judéo-espagnole, expulsée de la Péninsule Ibérique en 1492, installée dans l’Empire Ottoman et à présent dispersée de par le monde. Emprunts au turc, à l’hébreu ou encore au français : ces unités sapientielles sont souvent représentatives du contact de langues ayant cours avant la seconde guerre mondiale à Salonique.



2021 ◽  
pp. 77-86
Author(s):  
Szilvia SZITA
Keyword(s):  

L'Europe Centrale a été pendant toute son histoire une région multiculturelle et multilingue. Une population mixte consistant de plus de vingt nationalités, habitait la Monarchie austro-hongroise. Au cours du 20e siècle, la région de l'ancienne Monarchie a été le lieu de profonds bouleversements. D’importantes minorités d’origine hongroise se sont ainsi vues rattachées à de nouveaux états. Cette présentation examine la situation en Ukraine où, depuis l'ouverture des frontières en 1989, de nombreuses réformes ont été implémentées afin de régler la situation de la minorité hongroise. Ce processus dure encore aujourd'hui et est à l'origine de nombreuses difficultés pour les habitants de la région. Nous évaluerons l'influence de ces décisions politiques sur la vie quotidienne des minorités hongroises en Ukraine subcarpathique, en particulier quant à l’usage de la langue et à son enseignement.



2021 ◽  
pp. 111-120
Author(s):  
Naoko HOSOKAWA

La communication proposée vise à examiner la part de mythe et de réalité dans le rôle des mots empruntés aux langues étrangères, en explorant une analogie avec l’étude biologique sur de prétendues « espèces invasives» dans un environnement naturel. L’usage des mots empruntés aux langues étrangères, à l’anglais en particulier, est aujourd’hui au centre d’une controverse car certains disent qu’il est le signe d’une invasion culturelle. Dans le domaine environnemental, les espèces étrangères nouvellement arrivées sont généralement qualifiées d’«invasives» et de «destructrices» pour l’écosystème «natif». En prenant un cas d’étude dans le Japon contemporain, notre communication examine les arguments sur le rôle des espèces étrangères afin d’évaluer à quels degrés ils sont applicables dans le discours linguistique sur l’emprunt lexical et suggère que la critique contre «les mots étrangers invasifs» est en grande partie le produit d’une construction discursive enracinée dans la peur de l’«inconnu».



Author(s):  
Nathaniel GERNEZ

La Tanzanie est un pays d’une grande diversité linguistique qui a forgé son unité nationale sur la promotion et l’idéologisation d’une seule langue, le kiswahili. La large diffusion de cette langue dans le pays, mais également son statut de langue africaine, en fit un outil idéologique pour se détourner de l’anglais, langue de la colonisation, et pour former une unité nationale. Les autres langues (il en existe plus de 120) furent perçues comme des facteurs de divisions qu’il fallait maîtriser en restreignant leur sphère d’influence (elles sont interdites dans l’éducation, les campagnes politiques, la presse, la radio et la télévision).



2021 ◽  
pp. 9-18
Author(s):  
Louise Ouvrard Andriantsoa

Madagascar connaît une situation de double diglossie. Une diglossie langue coloniale (français) - langue nationale s’est en effet superposée à la diglossie langue nationale - langues régionales qui préexistait. Bien que le pays ait acquis son indépendance, le français est resté très présent, occupant différentes positions en fonction de la conjoncture sociopolitique malgache : langue de domination, langue de prestige, simple langue étrangère. Aux côtés du malgache et du français, les deux langues officielles du pays, est apparu l’anglais. Brièvement hissée au rang de langue officielle de 2007 à 2010, cette langue s’intègre petit à petit dans le paysage langagier malgache.



2021 ◽  
pp. 59-76
Author(s):  
Marcel COURTHIADE
Keyword(s):  

La spécificité de la langue rromani a inspiré très tôt une série de conjectures, passées en revue ici. La (re)découverte de l'origine indienne du rromani s'est accompagnée du mythe de l'intercompréhension entre Indiens et Rroms (ab Hortis). D'autres fictions prennent le relai : d'un côté une unité qui permettrait l'intercompréhension généralisée des Rroms, de l'autre un grand nombre de langues différentes. Aucune ne correspond à la réalité et nous tenterons de dégager la logique – cohérente mais erronée, de chacune de ces approches, chez les locuteurs de base et chez les chercheurs. Le statut (réel ou présumé) de la langue nourrit diverses représentations, de même que son usage effectif et ses capacités d'expression (ćordikani ćhib, invention du diable, jargon de voleurs). L'image du rromani écrit dépend pour sa part de l'ignorance (cf. C. P. Snow) de l'histoire des autres langues écrites par les détracteurs, mais le sujet est en lui-même un instrument de manipulations politiques.



2021 ◽  
pp. 45-58
Author(s):  
Marijana PETROVIC
Keyword(s):  

La Serbie est l’un des pays les plus multiculturels des Balkans, puisqu’au final, seuls les deux tiers de la population sont « Serbes », les autres étant issus de minorités ethniques - et donc souvent linguistiques - diverses. Issue de l’ex-Yugoslavie, la Serbie est composée de la Serbie restreinte, et d’une province autonome, la Voïvodine : les législations ne sont pas les mêmes selon les régions. Ainsi, la Voïvodine est-elle une province où la législation concernant les langues et l’une des plus ouvertes au monde, tandis qu’en Serbie restreinte, la non législation, jusqu’à une période récente, a permis au final et de façon paradoxale, de sauvegarder aussi les langues. C’est ce paradoxe qui m’intéressera dans ce papier concernant la diversité des langues d’une part, et la variation linguistique d’autre part : on reconnait le droit à l’autre de parler une langue autre, tandis que le serbe doit lui, obéir au standard.



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