Balisages - Les objets nativement numériques : transformations et nouveaux enjeux documentaires ?
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Published By Universite Jean Moulin Lyon 3

2724-7430

Author(s):  
Kaouther Azouz
Keyword(s):  

Cet article explore la notion du territoire numérique à travers l’analyse de l’appropriation des lieux de savoir (désignant ici les bibliothèques, les musées et les archives numériques), le web et son cyberespace, dans le cadre du web de données. Nous examinons ainsi l’impact de l’approche qui perçoit le web comme le continuum des lieux, des territoires et des pratiques physiques des acteurs du savoir. Cet impact est perceptible à travers les configurations spatiales adoptées et les stratégies de médiation de ces institutions, dans la valorisation et la visibilité de leurs collections, leurs institutions, leurs contenus, leurs pratiques, leurs dispositifs et offres de service numériques. La transposition du lieu physique et ses pratiques sur un espace ouvert, en mutation permanente et dont l’architecture est fondée sur la donnée et les machines, n’est pas sans conséquences. En effet, les bibliothèques, les musées et archives omettent souvent d’admettre que le web est un espace distinct ayant sa propre géographie, ses pratiques, ses publics, ses règles, ses usages, mais aussi ses territoires parmi lesquels figurent les silos des lieux de savoir numériques (portails, bases de données, catalogues en ligne, sites web). L’émergence du web de données bouleverse cette approche. Il incite les lieux de savoir à repenser leur configuration spatiale, leur perception du savoir et sa médiation pour les utilisateurs du web à travers le décloisonnement de leurs silos, les ontologies, la mise en relation et l’enrichissement de leurs contenus pour les publics du web.



Author(s):  
Dominique Boullier
Keyword(s):  

Pour Dominique Boullier, mieux que d’autres notion telles que « milieu », « monde » ou « espace », la notion de « territoire » est pertinente parce qu’elle permet d’intégrer « les deux faces de l’expérience spatiale qui comporte un mouvement d’appropriation ». Elle permet alors de déployer une anthropologie de l’appropriation qui regarde Internet non comme un habit, un habité, un habitat ou un habitacle, mais comme tout cela à la fois, condensé dans la notion d’« habitèle ». Cette approche théorique est déterminante dans le regard critique que Dominique Boullier porte ici sur les transformations qu’a connu Internet ces 10 dernières années : en poussant à l’extrême l’analyse proposée par celui-ci on peut dire que les enjeux de ce territoire numérique, de cet habitèle, en ont oublié l’habitant lui-même. Il est question de montée en puissance des plateformes, de « disparition de l’internet en tant qu’espace mondial », d’enjeux économiques des métriques d’audience devenues métriques d’activités, d’impact de la monétisation des engagements sur la création de monopoles, de polarisation… Les luttes dont Internet est l’objet portent en effet moins vers la conquête d’un « bien commun » comme d’exigences de transparence qui permettent à tous d’apprendre, que vers un rééquilibrage des seules mannes financières dont il est porteur : « Toute la décennie 2010 a été celle du Far-West, de la prédation de traces, de la fraude fiscale, des achats des concurrents sans limites, des abus de positions dominantes, et de l’augmentation de l’opacité des algorithmes et de leur puissance prédictive supposée grâce au Machine Learning ».



Author(s):  
Valérie Larroche ◽  
Geoffroy Gawin ◽  
Emmanuel Brandl


Author(s):  
Pierre Musso

Pour Pierre Musso, la notion de territoire numérique est nécessairement pensée en lien avec le cyberespace lorsque l’on souhaite dépasser une simple vision augmentée du territoire. Selon lui, le cyberespace « désigne la totalité du système technique télé-informatique, à la fois “matériel”, constitué pour l’essentiel de l’Internet et des systèmes d’information, et “immatériel” fait d’algorithmes de production et de stockage de données ». Pierre Musso nous invite à inventer de nouveaux outils méthodologiques et conceptuels pour étudier l’hybridation de ces deux espaces. Il propose, entre autres, de saisir la topologie de ce cyberterritoire réticulaire (le couple cyberespace/territoire numérique) par une approche sociocognitive qui permet d’analyser les distances, qui ont cette particularité de ne plus être seulement physiques mais sociales, symboliques et mentales.



Author(s):  
Luc Bellier ◽  
Henri Bretel ◽  
Laurence Gandois
Keyword(s):  

Nous proposons de traiter la façon dont les questions de périmètre et de territoire institutionnel de la recherche à l’université Paris-Saclay (UPSaclay) ont été appréhendées dans le but de mettre en place des outils de pilotage de la recherche. Au gré de la structuration de l’établissement, des reconfigurations institutionnelles, différents acteurs ont collaboré à la mise en données du paysage et de ses acteurs. Ils ont dû lever des obstacles bien souvent liés aux frontières institutionnelles et techniques héritées des établissements composant l’université et trouver des solutions afin de répondre à des besoins d’appréhension des périmètres de recherche de plus en plus précis et à des services de plus en plus diversifiés. Partant de questions bibliométriques, BiblioLabs devient aussi un outil au service de la science ouverte, s’appuyant sur des outils tels que les identifiants pérennes.



Author(s):  
Céline Leclaire

En novembre 2020, la Bibliothèque nationale de France (BnF) a mis en ligne la troisième édition de son Schéma numérique : composé d’une cartographie métaphorique et d’un jeu de quarante cartes documentaires, il propose une vision panoramique et complète de la vie numérique de la BnF. Cette forme est originale : en effet, la première édition de ce schéma, en 2008, consistait en une grande carte heuristique, laquelle s’est agrandie et complexifiée au fur et à mesure du développement des projets. Le Schéma numérique 2016 était, quant à lui, un document entièrement rédigé. Cet article interroge la manière dont l’exploration collective et transversale de la notion de carte a permis, en 2020, à la BnF, d’articuler deux représentations : celle d’une stratégie – puisque le schéma numérique indique des directions – et celle du numérique, objet aux contours souples, qu’il n’est pas évident de cerner. Une fois posés les origines, le contexte général et les enjeux du projet, l’article décrit la façon dont, en combinant la puissance du schéma et la puissance de la cartographie, il est possible de rendre compte et d’éclairer une pensée du numérique entre grande maturité et balbutiements, consécrations et expérimentations, continuité et mutations permanentes.



Author(s):  
Stéphanie Parmentier

Les plateformes d’écriture et de publication, loin d’être uniquement des entreprises de l’e-commerce, s’avèrent être de riches territoires numériques accueillant, sous couvert d'une démarche participative, tous types d’auteurs et de lecteurs où chacun a la possibilité de s’exprimer, d’écrire et d’éditer son manuscrit en toute autonomie. Alimentées par des textes qui arrivent en flux constant, les plateformes sont des territoires qui ne cessent de se dilater et d’accroître leur reconnaissance auprès d’un large public. Pourtant, bien que ces terres d’accueil aient un aménagement où rien n’est laissé au hasard, elles ne sont pas exemptes de défauts du fait d’un apparent manque de surveillance interne qui les rend vulnérables. En nous fondant sur une étude universitaire menée sur la plateforme d’auto-édition Kindle Direct Publishing, nous montrerons dans cet article qu’Amazon, loin de se cantonner à la fonction de site marchand, a notamment intégré dans son espace numérique un territoire numérique où circulent quantité de textes inédits appréciés par les lecteurs attirés par une littérature de divertissement.



Author(s):  
Camille Alloing ◽  
Mariannig Le Béchec
Keyword(s):  

Les plateformes créent-elles des « frontières » ? Pour répondre à cette problématique, nous discutons dans cet article des mécanismes de construction des territoires numériques. À partir de deux terrains portant sur des actions de communication en ligne par des acteurs organisationnels, nous montrons comment leurs territoires numériques se construisent et s’observent par la circulation d’éléments tant sémiotiques qu’informationnels. Cette circulation, que les plateformes contraignent et rendent parfois invisible, repose sur plusieurs agencements et pratiques info-communicationnelles que nous décrivons. Ainsi, nous proposons d’envisager les territoires numériques à la fois comme un outil heuristique pour observer ces agencements, et comme le résultat d’actions de communication soumises aux standards des plateformes.



Author(s):  
Joachim Schöpfel ◽  
Eric Kergosien
Keyword(s):  

Dans le cadre de la politique de la science ouverte, les revues scientifiques jouent un rôle central pour l’ouverture et le partage des données de recherche. Notre étude porte sur 95 revues en sciences de l’information et de la communication (liste de la section Conseil national des universités [CNU] 71). Nous avons analysé leur politique éditoriale en matière d’intégrité et de transparence en appliquant les 10 critères du TOP Factor du Center for Open Science aux recommandations et instructions aux auteurs. Plus de la moitié des revues n’affichent aucune politique dans ce domaine. Les autres encouragent les auteurs à partager leurs données et/ou d’autres matériels, avec parfois des consignes pour la citation des données. Très peu de revues vont plus loin et exigent une telle transparence. Les résultats sont discutés par rapport aux divergences d’interprétation et d’évaluation, par rapport à la représentativité de l’échantillon et par rapport aux choix des rédactions et éditeurs. Plusieurs pistes pour aller plus loin sont indiquées.



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