scholarly journals La pensée évolutionniste dans la théorie économique néoclassique

2007 ◽  
Vol 25 (2) ◽  
pp. 219-237
Author(s):  
Alan Kirman

RÉSUMÉ Cette communication traite de l'utilisation des concepts évolutionnaires en économie. Une approche a été d'utiliser Vidée de révolution comme une vague analogie. Il y a deux exemples de ce type d'approche. Certains; comme Friedman, ont utilisé la notion de sélection naturelle afin de justifier le modèle standard de la théorie économique, celui d'Arrow-Debreu. D'autres ont utilisé l'idée d'évolution comme base à une critique de la nature fermée et statique de ce modèle. Une autre approche a été de prendre l'idée de l'évolution au sérieux, comme cela a été fait en théorie des jeux évolutionnaires. Je suggère que même dans ce cas, le modèle standard est incompatible avec un point de vue évolutionniste et qu'il ne suffit pas d'utiliser l'évolution comme outil pour sélectionner parmi les équilibres statiques. Des modèles économiques compatibles avec une approche évolutionnaire doivent nécessairement être très différents des modèles standards qu 'on utilise aujourd'hui.


2009 ◽  
Vol 35 (2) ◽  
pp. 547-560
Author(s):  
Jocelyne Couture

Résumé J’arguerai ici que tout en repoussant d’une main une conception du changement social basé sur la sélection naturelle des pratiques sociales et des individus qui y participent, les théories normatives qui font appel à des modélisations des choix sociaux, qu’ils soient de nature économique, politique ou morale, en entretiennent potentiellement les conséquences. Plus précisément, j’arguerai que les modèles que l’on utilise encore le plus volontiers dans les sciences sociales, c’est-à-dire ceux de la théorie des jeux, de la théorie de la décision ou de la négociation rationnelle, contribuent à répercuter, au plan normatif, les deux aspects — social et individuel — de la sélection naturelle. L’argument s’appuie sur une analyse de la théorie standard de l’utilité et montre que la conception de la rationalité maximisante définie dans ce cadre formel incorpore les exigences de la sélection à celles de la rationalité.



2009 ◽  
Vol 75 (1-2-3) ◽  
pp. 427-446 ◽  
Author(s):  
Marc Germain ◽  
Philippe L. Toint ◽  
Henry Tulkens

RÉSUMÉ Il est bien connu que le caractère transnational de certains problèmes d’environnement requiert que les pays concernés coopèrent afin d’atteindre l’optimum social. Parmi les nombreuses contributions qui ont traité des difficultés que cette coopération est susceptible de poser, beaucoup ne traitent que de pollutions qui ne s’accumulent pas. En revanche, nombre d’articles qui prennent en compte la dimension dynamique du problème quand il y a accumulation du polluant laissent de côté le problème de la mise en oeuvre volontaire de l’optimum international. La présente contribution vise à dépasser les limites précitées. Recourant à la fois à la théorie des jeux coopératifs et à celle des jeux différentiels, on établit au moyen de transferts financiers une répartition des coûts de dépollution entre pays qui rend la coopération à la fois individuellement rationnelle et rationnelle au sens des coalitions.



Protée ◽  
2005 ◽  
Vol 32 (3) ◽  
pp. 9-24
Author(s):  
Simon Harel
Keyword(s):  

Résumé Les thèses actuelles sur la délocalisation euphorique des communautés de sens et la virtualisation électronique des réseaux de communication appartiennent à un paradigme techniciste qui s’épuise peu à peu. L’euphorie de ces dernières années (de la croissance effrénée de l’indice boursier NASDAQ à la valorisation de « l’autoroute électronique ») cache un désarroi profond qu’il convient d’analyser. La surveillance et la répression ont laissé place à la gouvernance préventive, au gouvernement « en ligne ». L’ancienne théorie des jeux, tout comme la sémiotique sont devenues des applications industrielles dont la technicité opératoire permet de résoudre conflits et problèmes. Encore là, rien qui ne soit très surprenant. Reste une question centrale : comment penser la composition de la rumeur publique à la suite du 11 septembre, l’utilisation systématique du discours médiatique tenant lieu de relais rhétorique et sémiotique de la première importance ? Pour quiconque s’émeut aujourd’hui des rumeurs publiques qui accompagnent la dissémination « contagieuse » de cette menace qu’incarne l’étranger (celui qui est coupable de « délit de faciès » : arabe ou musulman), il y a matière à méditation.



2017 ◽  
Vol 92 (3) ◽  
pp. 581-594
Author(s):  
Till DÜPPE

Le concept d’équilibre permet d’identifier le domaine de théorie économique dans la recherche actuelle en économie. Cette place prépondérante a plusieurs origines historiques. Avant même que la notion d’équilibre fasse son apparition, les arguments d’équilibre se retrouvaient dans les écrits du XVIIe siècle sur le commerce. C’est à la fin du XVIIIe siècle qu’il entre dans le vocabulaire des économistes politiques. C’était un concept analogique et surtout normatif se rapportant à l’ordre naturel de l’économie. À la fin du XIXe siècle, il s’enrichit d’une signification analytique, principalement grâce à la différenciation entre équilibre statique et dynamique. Entre les années 1940 et 1960, le concept évolue en notion métathéorique, devenant la pierre angulaire de l’analyse axiomatique de l’équilibre général; cette dernière deviendra le fondement de la modélisation mathématique actuelle. On retrouve également le concept dans la théorie des jeux, où il est le principal outil d’analyse sans être restreint à l’étude des marchés concurrentiels; il permet la formalisation d’environnements institutionnels et d’interactions stratégiques au niveau d’un individu ou d’un groupe. Dans presque tout modèle macroéconomique, la théorie de l’équilibre général reste le point de référence principal.



Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
Thomas Lambert ◽  
Philippe Ledent ◽  
Vincent Scourneau

En 2001, le gouvernement Verhoofstad II a décidé une importante réforme de l’impôt des personnes physique (IPP) dans le but de réduire de façon permanente la charge de l’impôt qui pèse sur les ménages en Belgique. Cette réforme vient en complément de plusieurs mesures de réduction de l’IPP prises au cours des années antérieures. La mise en place de la réforme s’est étalée entre 2002 et 2007, avec un effet important sur la charge de l’impôt supportée par les ménages en 2006. Dans ce numéro de Regards économiques, nous avons tenté de déterminer l’impact que la réforme fiscale de 2002, combinée aux mesures de réduction de l’IPP prises au cours des années antérieures, a pu avoir sur le total des dépenses de consommation des ménages belges (que l’on dénomme plus simplement la «consommation privée»). Pour ce faire, l’approche que nous avons suivie a consisté à construire un modèle de la consommation privée, à estimer ce modèle à l’aide de méthodes économétriques classiques et à utiliser ensuite les estimations obtenues pour déterminer quelle aurait été l’évolution des dépenses de consommation des ménages belges après 2002 dans le cadre d’un scénario contrefactuel où l’on suppose que le taux de pression fiscale est inchangé après 2002. Dans la mesure où la baisse du taux d’imposition des ménages n’apparaît véritablement qu’à partir de 2006, nous avons concentré notre estimation de l’impact de la réforme fiscale sur la période 2006-2007. Selon notre analyse, il y a de fortes chances que l’effet combiné des différentes mesures de réduction de la pression fiscale des ménages sur la consommation des ménages fut positif. Nos estimations suggèrent en effet que ces mesures ont eu pour conséquence de relever de 2,8 points de pourcentage le taux de croissance de la consommation privée sur la totalité de la période 2006-2007. En montants absolus, ces résultats correspondent à une hausse de la consommation privée de 5,5 milliards d’€ sur la période 2006-2007. Nos estimations montrent également que l’essentiel de l’impact a lieu en 2006, soit l’année au cours de laquelle la pression fiscale a sensiblement baissé en Belgique ; le taux de croissance de la consommation est en revanche très peu modifié en 2007. La réforme fiscale a donc eu un impact de très courte durée sur le niveau de la croissance économique. L’ampleur de l’impact mentionné ci-dessus doit être considérée avec une certaine réserve. Ayant été déterminé en simulant un modèle économétrique, il est inévitablement entouré d’une marge d’erreur. En considérant par exemple une marge d’erreur de 10 %, nous montrons que l’effet estimé de la réforme fiscale est compris dans un intervalle de confiance dont la limite supérieure correspond à un relèvement induit de la consommation privée de 13,5 milliards d’€ sur la période 2006-2007 et dont la limite inférieure correspond à un abaissement induit de la consommation privée de 2,2 milliards d’€ sur la même période. Nous devons donc admettre que, d’un point de vue statistique, notre estimation de l’effet de la réforme fiscale est assez peu précis. Il se peut ainsi que, d’un côté, l’impact de la réforme fiscale ait été plus grand que le chiffre de 5,5 milliards d’€. D’un autre côté, on ne peut pas exclure la possibilité que la réforme fiscale a entraîné une diminution, plutôt qu’une hausse, de la consommation des ménages, même si cette éventualité est très peu probable d’après nos estimations statistiques. Comme implication de politique économique, nous en concluons qu’il est erroné de croire qu’une réforme fiscale en Belgique a nécessairement un impact favorable sur l’activité économique, ce qui est d’ailleurs conforme aux enseignements de la théorie économique sur le sujet. En marge des résultats concernant l’impact de la réforme fiscale, notre étude a montré que, à l’instar de ce qui a déjà été mis en évidence pour d’autres pays européens, les variations de l’emploi ont un impact plus important sur la consommation privée que les variations du salaire. Ce résultat suggère que, par rapport à un objectif de stimulation de la croissance économique, les politiques économiques visant à soutenir la création d’emplois sont probablement plus indiquées que celles visant à soutenir le pouvoir d’achat.



Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
Thomas Lambert ◽  
Philippe Ledent ◽  
Vincent Scourneau

En 2001, le gouvernement Verhoofstad II a décidé une importante réforme de l’impôt des personnes physique (IPP) dans le but de réduire de façon permanente la charge de l’impôt qui pèse sur les ménages en Belgique. Cette réforme vient en complément de plusieurs mesures de réduction de l’IPP prises au cours des années antérieures. La mise en place de la réforme s’est étalée entre 2002 et 2007, avec un effet important sur la charge de l’impôt supportée par les ménages en 2006. Dans ce numéro de Regards économiques, nous avons tenté de déterminer l’impact que la réforme fiscale de 2002, combinée aux mesures de réduction de l’IPP prises au cours des années antérieures, a pu avoir sur le total des dépenses de consommation des ménages belges (que l’on dénomme plus simplement la «consommation privée»). Pour ce faire, l’approche que nous avons suivie a consisté à construire un modèle de la consommation privée, à estimer ce modèle à l’aide de méthodes économétriques classiques et à utiliser ensuite les estimations obtenues pour déterminer quelle aurait été l’évolution des dépenses de consommation des ménages belges après 2002 dans le cadre d’un scénario contrefactuel où l’on suppose que le taux de pression fiscale est inchangé après 2002. Dans la mesure où la baisse du taux d’imposition des ménages n’apparaît véritablement qu’à partir de 2006, nous avons concentré notre estimation de l’impact de la réforme fiscale sur la période 2006-2007. Selon notre analyse, il y a de fortes chances que l’effet combiné des différentes mesures de réduction de la pression fiscale des ménages sur la consommation des ménages fut positif. Nos estimations suggèrent en effet que ces mesures ont eu pour conséquence de relever de 2,8 points de pourcentage le taux de croissance de la consommation privée sur la totalité de la période 2006-2007. En montants absolus, ces résultats correspondent à une hausse de la consommation privée de 5,5 milliards d’€ sur la période 2006-2007. Nos estimations montrent également que l’essentiel de l’impact a lieu en 2006, soit l’année au cours de laquelle la pression fiscale a sensiblement baissé en Belgique ; le taux de croissance de la consommation est en revanche très peu modifié en 2007. La réforme fiscale a donc eu un impact de très courte durée sur le niveau de la croissance économique. L’ampleur de l’impact mentionné ci-dessus doit être considérée avec une certaine réserve. Ayant été déterminé en simulant un modèle économétrique, il est inévitablement entouré d’une marge d’erreur. En considérant par exemple une marge d’erreur de 10 %, nous montrons que l’effet estimé de la réforme fiscale est compris dans un intervalle de confiance dont la limite supérieure correspond à un relèvement induit de la consommation privée de 13,5 milliards d’€ sur la période 2006-2007 et dont la limite inférieure correspond à un abaissement induit de la consommation privée de 2,2 milliards d’€ sur la même période. Nous devons donc admettre que, d’un point de vue statistique, notre estimation de l’effet de la réforme fiscale est assez peu précis. Il se peut ainsi que, d’un côté, l’impact de la réforme fiscale ait été plus grand que le chiffre de 5,5 milliards d’€. D’un autre côté, on ne peut pas exclure la possibilité que la réforme fiscale a entraîné une diminution, plutôt qu’une hausse, de la consommation des ménages, même si cette éventualité est très peu probable d’après nos estimations statistiques. Comme implication de politique économique, nous en concluons qu’il est erroné de croire qu’une réforme fiscale en Belgique a nécessairement un impact favorable sur l’activité économique, ce qui est d’ailleurs conforme aux enseignements de la théorie économique sur le sujet. En marge des résultats concernant l’impact de la réforme fiscale, notre étude a montré que, à l’instar de ce qui a déjà été mis en évidence pour d’autres pays européens, les variations de l’emploi ont un impact plus important sur la consommation privée que les variations du salaire. Ce résultat suggère que, par rapport à un objectif de stimulation de la croissance économique, les politiques économiques visant à soutenir la création d’emplois sont probablement plus indiquées que celles visant à soutenir le pouvoir d’achat.



2009 ◽  
Vol 76 (2) ◽  
pp. 173-198
Author(s):  
Jean-François Richard

RÉSUMÉ Cet article présente une synthèse de travaux relatifs aux modèles empiriques de la théorie des jeux. Les principaux sujets abordés sont : modèles structurels, identification, solutions d’équilibre, résolution par simulation de Monte-Carlo, estimation et applications.



2000 ◽  
pp. 920-945 ◽  
Author(s):  
Pierre Dockès
Keyword(s):  

Le pouvoir est-il un concept mal dé? ni, polymorphe (voire amorphe [Weber 1978:53]) et, ? nalement, "un concept décevant" (March 1966: 70; 1988:6; Williamson 1985:237; 1996:39, 238-9)? Il n'est, en effet, que rarement pris en compte centralement par la théorie économique n'étant pas considéré comme un concept général susceptible de présenter des formes diverses. Il y a, certes, l'exception du pouvoir de marché ou du pouvoir de négociation. Mais peut-on, en économie, se contenter de cette forme de pouvoir, négliger d'autres aspects du pouvoir économique et renvoyer toute forme de coercition aux spécialistes des sciences politiques dans la mesure où l'État aurait obtenu le monopole de la violence légitime?



1988 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 35-51 ◽  
Author(s):  
Peter R. Dickson ◽  
James L. Ginter
Keyword(s):  

Malgré l'usage répandu des termes «segmentation de marché» et «différenciation de produit», il y a eu et il continue d'y avoir un malentendu considérable sur leur signification et leur emploi. Les auteurs tentent de dissiper la confusion en s'appuyant sur la théorie économique contemporaine et classique, et sur les cartes de préférence des produits.



Author(s):  
Rolando Santamaría Chaves
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Le présent article a comme base le mémoire du même auteur. À partir de l’absence constatée de l’information par rapport à l’influence de la langue française dans l’espagnol au niveau universitaire au Costa Rica, cette étude détermine ce même manque au niveau de l’ensei- gnement secondaire. Dans ce cadre, l’enseignant pourrait susciter et stimuler chez eux les comparaisons entre les langues maternelle et étrangère avec le but de favoriser les intercom- préhensions et utiliser la proximité comme une aide initiale à l’apprentissage. L’étude a été orientée sous une approche de type mixte. La recherche a développé un dispositif pédagogique basé sur les méthodologies communicative et actionnelle et qui est composé de sept fiches pé- dagogiques qui travaillent les champs où il y a plus de gallicismes. Il a été exécuté et évalué.



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