scholarly journals Numéro 127 - septembre 2016

Author(s):  
Louis Larue

De nombreuses monnaies parallèles circulent depuis toujours à côté de la monnaie officielle. Aujourd’hui, une nouvelle génération de monnaie est en train de naître des nouvelles technologies : les crypto-monnaies, dont l’exemple le plus connu est le bitcoin. Ces monnaies n’existent que sous forme de code informatique, sans équivalent papier ou métallique. Leur particularité est d’être créées et gérées de manière décentralisée. Bien qu’elles constituent une avancée technologique remarquable, elles soulèvent de nombreux défis tant éthiques qu’économiques, que ce numéro de Regards économiques essaie d’éclairer. Le bitcoin est aujourd’hui la crypto-monnaie la plus populaire. Son fonctionnement est totalement indépendant des banques et des États, et garantit l’anonymat des utilisateurs. Sa sécurité repose sur une innovation cruciale : un système de paiement entièrement décentralisé. Plus besoin de banques commerciales ou de banques centrales pour gérer le système de paiement et s’assurer de la sécurité des transactions. L’ensemble des paiements en bitcoin est archivé dans un registre public (le «distributed ledger»), conçu pour être infalsifiable (ou presque). Ce registre permet d’éviter un problème inhérent à toute monnaie électronique sans forme matérielle : la possibilité de dépenser plusieurs fois un même bitcoin pour plusieurs transactions. Puisqu’aucune autorité ne possède un pouvoir de contrôle sur le bitcoin et ne peut surveiller les transactions, ce registre virtuel garantit un traçage de chaque bitcoin et évite qu’il ne soit dépensé plusieurs fois par un même utilisateur. Cette innovation a été essentielle pour le succès et la sécurité du bitcoin. Elle intéresse d’ailleurs de nombreux acteurs, comme les banques commerciales. Géréer de manière automatique et décentralisée le système de paiement permet en effet d’épargner d’importantes sommes d’argent. Cependant, le bitcoin n’est pas sans connaître quelques difficultés. Au regard de l’efficacité économique, le bitcoin est encore loin de constituer une monnaie de confiance. De nombreuses fraudes et quelques faillites retentissantes ont émoussé l’enthousiasme initial qu’il suscitait. Par ailleurs, la conception même du bitcoin interdit qu’un État ou qu’une banque centrale puisse intervenir, une impossibilité qui, en cas de crise, peut se révéler problématique. Le bitcoin soulève également problème au regard de la justice sociale. Tous les utilisateurs ne sont pas égaux, notamment en termes technologiques. Par ailleurs, bien que la protection de la vie privée et des données personnelles de chaque utilisateur soit légitime, l’anonymat des utilisateurs de bitcoins constitue un nouvel instrument pour le blanchiment d’argent qui complique le travail des autorités fiscales. Ce numéro de Regards économiques entend éclairer le fonctionnement des crypto-monnaies, en prenant l’exemple du bitcoin. Il apporte également quelques réflexions sur les enjeux économiques et éthiques de cette nouvelle forme de monnaie. En conclusion, il insiste sur les enseignements principaux et les pistes éventuelles que tracent ces nouvelles monnaies.


Author(s):  
Louis Larue

De nombreuses monnaies parallèles circulent depuis toujours à côté de la monnaie officielle. Aujourd’hui, une nouvelle génération de monnaie est en train de naître des nouvelles technologies : les crypto-monnaies, dont l’exemple le plus connu est le bitcoin. Ces monnaies n’existent que sous forme de code informatique, sans équivalent papier ou métallique. Leur particularité est d’être créées et gérées de manière décentralisée. Bien qu’elles constituent une avancée technologique remarquable, elles soulèvent de nombreux défis tant éthiques qu’économiques, que ce numéro de Regards économiques essaie d’éclairer. Le bitcoin est aujourd’hui la crypto-monnaie la plus populaire. Son fonctionnement est totalement indépendant des banques et des États, et garantit l’anonymat des utilisateurs. Sa sécurité repose sur une innovation cruciale : un système de paiement entièrement décentralisé. Plus besoin de banques commerciales ou de banques centrales pour gérer le système de paiement et s’assurer de la sécurité des transactions. L’ensemble des paiements en bitcoin est archivé dans un registre public (le «distributed ledger»), conçu pour être infalsifiable (ou presque). Ce registre permet d’éviter un problème inhérent à toute monnaie électronique sans forme matérielle : la possibilité de dépenser plusieurs fois un même bitcoin pour plusieurs transactions. Puisqu’aucune autorité ne possède un pouvoir de contrôle sur le bitcoin et ne peut surveiller les transactions, ce registre virtuel garantit un traçage de chaque bitcoin et évite qu’il ne soit dépensé plusieurs fois par un même utilisateur. Cette innovation a été essentielle pour le succès et la sécurité du bitcoin. Elle intéresse d’ailleurs de nombreux acteurs, comme les banques commerciales. Géréer de manière automatique et décentralisée le système de paiement permet en effet d’épargner d’importantes sommes d’argent. Cependant, le bitcoin n’est pas sans connaître quelques difficultés. Au regard de l’efficacité économique, le bitcoin est encore loin de constituer une monnaie de confiance. De nombreuses fraudes et quelques faillites retentissantes ont émoussé l’enthousiasme initial qu’il suscitait. Par ailleurs, la conception même du bitcoin interdit qu’un État ou qu’une banque centrale puisse intervenir, une impossibilité qui, en cas de crise, peut se révéler problématique. Le bitcoin soulève également problème au regard de la justice sociale. Tous les utilisateurs ne sont pas égaux, notamment en termes technologiques. Par ailleurs, bien que la protection de la vie privée et des données personnelles de chaque utilisateur soit légitime, l’anonymat des utilisateurs de bitcoins constitue un nouvel instrument pour le blanchiment d’argent qui complique le travail des autorités fiscales. Ce numéro de Regards économiques entend éclairer le fonctionnement des crypto-monnaies, en prenant l’exemple du bitcoin. Il apporte également quelques réflexions sur les enjeux économiques et éthiques de cette nouvelle forme de monnaie. En conclusion, il insiste sur les enseignements principaux et les pistes éventuelles que tracent ces nouvelles monnaies.



2012 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 45-54 ◽  
Author(s):  
Valeria Pandolfini

This article discusses the practical basis of judgements about social justice, focusing on the quality of work-life balance in contemporary labour markets. After describing the main European and Italian work-life reconciliation policies, the article presents the results of qualitative research on young adult ‘flexible’ couples in Italy. Taking Amartya Sen’s ‘capability approach’ as the starting point, it analyses the ways in which external flexibility affects capabilities concerning the freedom to choose the balance between family, job and overall working life. The article concludes with some reflections on social justice in a resources-capabilities perspective, evaluating the effect of Italian work-life balance policies on the lives of flexible employees and providing some proposals for the effective enhancement of individual capabilities in this regard. L’article examine les fondements pratiques des jugements portés sur la justice sociale, en se focalisant sur la qualité de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée sur les marchés du travail contemporains. Après avoir décrit les principales politiques menées en Europe et en Italie pour concilier travail et vie privée, l’article présente les résultats d’une recherche qualitative concernant des couples de jeunes adultes « flexibles » en Italie. En prenant comme point de départ l’approche par les capacités proposée par Amartya Sen, il analyse la manière dont la flexibilité externe affecte ces capacités pour ce qui concerne la liberté de choisir un équilibre entre famille, travail et parcours professionnel. L’article conclut par certaines réflexions sur la justice sociale dans une perspective axée sur les ressources et les capacités, en évaluant l’impact des politiques italiennes d’équilibre travail-vie privée sur la vie des travailleurs flexibles, et en présentant des propositions d’amélioration effective des capacités individuelles à cet égard. Dieser Beitrag befasst sich mit der praktischen Grundlage zur Beurteilung sozialer Gerechtigkeit und insbesondere mit der Qualität des Verhältnisses zwischen Berufs- und Privatleben auf den Arbeitsmärkten von heute. Nach einer Beschreibung der wichtigsten europäischen und italienischen Maßnahmen zur Förderung der Vereinbarkeit von Arbeits- und Privatleben werden die Ergebnisse einer qualitativen Forschungsarbeit über junge “flexible” Erwachsenenpaare in Italien vorgestellt. Ausgehend vom Ansatz der Verwirklichungschancen im Sinne von Amartya Sen wird untersucht, wie sich externe Flexibilität auf die Verwirklichungsmöglichkeiten in Bezug auf Wahlfreiheit bei der Vereinbarung von Familienleben, Beruf und dem Arbeitsleben insgesamt auswirkt. Der Beitrag schließt mit Überlegungen zur sozialen Gerechtigkeit aus der Perspektive der Verknüpfung von Ressourcen und Verwirklichungschancen. Die Auswirkungen italienischer Maßnahmen für eine bessere Vereinbarkeit von Berufs- und Privatleben auf flexible Arbeitnehmer werden bewertet, und es werden Möglichkeiten vorgeschlagen, um die individuellen Verwirklichungschancen in diesem Bereich zu stärken.



2017 ◽  
Vol 44 (1-2) ◽  
pp. 103-121 ◽  
Author(s):  
Arnaud Scaillerez ◽  
Diane-Gabrielle Tremblay

La situation économique mondiale crée des inégalités territoriales et sociales. En parallèle, le numérique ne cesse de prendre de l’ampleur et peut contribuer à créer de l’emploi, à réduire les écarts sociaux et même territoriaux. Au Québec, de nombreux dispositifs destinés à développer le numérique dans tout le territoire ont été mis en place. Le but est de stimuler l’activité économique et de réduire le chômage. Certains secteurs territoriaux, majoritairement urbains, voire périurbains, tirent leur épingle du jeu. En revanche, les secteurs ruraux les plus éloignés ou les plus proches de grands pôles économiques qui aspirent toute l’activité se retrouvent exclus de cette dynamique. C’est afin de réduire ces écarts territoriaux que le gouvernement québécois a développé différents dispositifs favorisant le déploiement du numérique, y compris dans les zones rurales dévitalisées. Grâce à ce développement technologique, les façons de travailler se diversifient en réponse à la fois au contexte économique (qui incite à une plus grande productivité) et aux attentes des employés désireux de voir s’améliorer la conciliation entre leur travail et leur vie privée. Le travail à distance prend de plus en plus d’importance au Québec et il obtient déjà des résultats significatifs dans certaines régions rurales caractérisées par une perte démographique et une baisse d’attractivité économique. La recherche porte sur neuf municipalités régionales de comté (MRC) québécoises (Les Appalaches, Argenteuil, Arthabaska, Brome-Missisquoi, Charlevoix, Papineau, Les Sources, Témiscamingue et Vaudreuil-Soulanges). Nous avons interrogé des professionnels chargés de l’introduction du numérique ainsi que des professionnels des ressources humaines responsables de l’intégration du télétravail et des nouvelles technologies au sein de ces territoires. L’objet de notre étude est de présenter le dispositif mis en place par le Québec en matière de numérique et de télétravail afin d’en exposer les résultats obtenus au sein de la ruralité.



2011 ◽  
pp. 53-77 ◽  
Author(s):  
René Laperrière

Les nouvelles technologies de l’information et des communications posent des problèmes sociaux inédits, particulièrement en ce qui concerne la protection de la vie privée des personnes. Elles donnent naissance à une société de surveillance généralisée et ajoutent aux moyens de contrôle social. En transformant le droit et sa pratique, elles peuvent contribuer à aggraver les inégalités devant la loi. La réglementation ne suffit pas à enrayer l’accumulation et la diffusion incontrôlées des renseignements : elle doit être complétée par des arrangements contractuels et des initiatives non juridiques faisant appel à la participation des décideurs et des citoyens, et conduisant à une redéfinition des rapports sociaux entre individus, corporations et État.



2005 ◽  
Vol 41 (1) ◽  
pp. 171-184 ◽  
Author(s):  
Roderick A. Macdonald

Aujourd'hui, il est courant de qualifier les rapports humains les plus importants comme étant les rapports économiques. Les économies nationales subissent toutes sortes de perturbations économiques (des perturbations naturelles, résultant de décisions politiques ou encore de nouvelles technologies. Nos gouvernements sont appelés à y répondre. Doivent-ils laisser ces changements s'effectuer d'eux-mêmes ou résister à ceux-ci ? Doivent-ils tenter de les freiner ou au contraire les faciliter ? Il est clair qu'il n'existe pas de réponse unique applicable dans toutes les circonstances. Chacune des situations particulières exigera la recherche d'un équilibre entre l'efficience économique et la justice sociale. Il ne faut pas présumer que la notion de justice dans le domaine juridique peut se réduire à la simple notion d'efficacité économique. Et il ne convient pas non plus de supposer que la notion de justice dans le domaine économique peut se limiter à la simple recherche de la richesse maximale.



2019 ◽  
Vol 18 (4) ◽  
pp. 819-842
Author(s):  
Bartha Maria Knoppers

La protection des renseignements personnels ainsi que le droit de l’individu d’être informé de l’existence des données nominatives dans les dossiers le concernant mettent en relief deux grands principes : le droit à la vérité et le droit à la vie privée. La recherche des origines biologiques dans le cas de l’adoption et aujourd’hui dans le cadre des nouvelles technologies de la reproduction s’avère particulièrement problématique. La relation médecin-patient témoigne aussi des changements quant à l’étendue des renseignements à communiquer avant une intervention médicale et quant à la confidentialité des données hautement personnelles comme dans le cas du SIDA. L’auteur souligne l’importance d’effectuer des études sur l’impact de telles révélations sur la personne concernée ou sur sa famille ou son entourage dans le cadre des nouvelles techniques de reproduction ou des maladies transmissibles avant d’utiliser ces informations hautement personnelles et intimes comme les vecteurs et le moteur d’une révolution sociale en quête d’une société plus ouverte.





2003 ◽  
Vol 18 (2002) ◽  
pp. 433-466
Author(s):  
Xavier Philippe


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document