scholarly journals Kingdon à Bamako : conceptualiser l’implantation d’une politique publique de santé en Afrique

2005 ◽  
Vol 23 (2-3) ◽  
pp. 183-202 ◽  
Author(s):  
Valéry Ridde

Résumé Cet article est principalement d’ordre théorique. Il vise à voir comment une théorie issue de l’étude des politiques publiques associée à des concepts de l’anthropologie du développement permet de comprendre pourquoi l’implantation d’une politique de santé en Afrique de l’Ouest, l’initiative de Bamako, n’a pas produit les résultats escomptés (efficacité versus équité). L’application du prolongement de la théorie des courants de Kingdon proposée par Lemieux ainsi que l’étude du rôle des acteurs nous permettent de formuler cinq hypothèses de recherche qui rendent intelligible cette dérive. Nous tentons de montrer l’intérêt heuristique des propositions de Kingdon et de Lemieux, puis nous proposons un cadre d’analyse.


2008 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 39-59 ◽  
Author(s):  
Marie-Nathalie Leblanc ◽  
Muriel Gomez-Perez

Résumé La question des jeunes est un élément essentiel pour comprendre les dynamiques de l’espace public38 et les pratiques citoyennes qui émergent dans l’Afrique d’aujourd’hui. Leur importance tient non seulement à leur poids démographique imposant, mais aussi à leur transformation, souvent dramatique, en tant qu’acteurs sociaux dans l’espace public africain au cours des années 1990. Cette transformation encourage la création de nouvelles formes de légitimité et de nouveaux espaces d’expression individuelle ou collective, et correspond à une mutation radicale de l’idée de citoyenneté, qui fait appel à de nouvelles ressources et qui remodèle les dynamiques nationales d’inclusion et d’exclusion. Ainsi, la constitution de nouveaux espaces d’expression encourage une conception moins restrictive de la participation citoyenne dans la mesure où les jeunes veulent faire entendre leur opinion et participer ouvertement aux divers débats de société. En lien avec les concepts de « citoyenneté culturelle » et de « contre-nation », nous nous proposons dans cet article d’examiner le rôle des jeunes dans le contexte de réaffirmation de l’identité islamique qui a marqué l’Afrique de l’Ouest francophone à partir des années 1980 et plus encore dans les années 1990, particulièrement dans les grands centres urbains du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Nous nous penchons plus spécifiquement sur la question du rapport entre jeunes (comme catégorie sociale), religion et espace public.



2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 73-73
Author(s):  
W. Alarcon

L’association Santé Mentale en Afrique de l’Ouest a été créée par des soignants de l’hôpital psychiatrique du centre hospitalier Mas Careiron à Uzès dans le Gard. Son objectif est de nouer des partenariats avec des structures de soins psychiatriques en Afrique (ONG, Hôpitaux publics, Associations,…) et de sensibiliser la communauté psychiatrique à la nécessité de développer de véritables politiques de santé mentale à l’échelle du continent. La faiblesse des politiques publiques, le faible niveau d’équipement et de formation psychiatrique dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne obligent à penser des modèles d’organisation sanitaire adaptés à la réalité du terrain [3]. Nous prendrons pour exemple le partenariat passé entre SMAO et l’ONG Ivoiro-béninoise Saint-Camille de Lellis qui depuis trente ans, œuvre à la mise en place de soins et d’outils de réinsertion pour les malades psychiatriques dans ces deux pays. À ce jour, ce sont huit centres d’hospitalisation, autant de centres de consultation et sept centres de réhabilitation par le travail qui y ont vu le jour. Le modèle de soins proposé par l’ONG St-Camille repose essentiellement sur la compétence infirmière du fait d’une carence réelle sur le plan médical. L’idée des soins proposés par cette association est intéressante car elle rappelle par bien des points la naissance de la sectorisation psychiatrique en France : modicité et accessibilité des soins, maillage territorial, volonté de déstigmatisation de la pathologie psychiatrique dans un environnement culturel chargé de représentations négatives [2]. Il apparaît cependant nécessaire d’imaginer à court et moyen termes des aides plus importantes sur la question de l’aide à l’achat des traitements psychotropes, et ce d’autant que le coût moyen d’un traitement annuel par patient reste très modique au regard d’autres traitements (ex VIH) pour lesquels la communauté internationale a su se mobiliser [1].



Author(s):  
Marwa El Chab

A contrario de l’analyse communautariste concernant la présence libanaise en Afrique de l’Ouest, nous proposons une grille de lecture qui prend en compte la mobilité régionale des Libanais en fonction des conditions sociopolitiques et des opportunités économiques. Sur la base d’une recherche doctorale en anthropologie sociale menée à Dakar, Abidjan et Ouagadougou, nous postulons l’existence de deux types de migrations régionales - l’une axée sur l’initiative personnelle, et l’autre sur l’initiative d’entreprises qui recrutent leurs cadres en fonction de leur appartenance nationale. Cette perception amène à réinterroger les concepts de « diaspora » et de middleman minorities classiquement mobilisés à propos de la présence libanaise en Afrique de l’Ouest mais entretenant des zones d’ombres, notamment autour de l’extraterritorialité des « communautés » et de leur mobilisation stratégique des nationalités africaines.



2006 ◽  
Vol 29 (3) ◽  
pp. 123-138
Author(s):  
Abdou Salam Fall

Résumé Cet essai vise à démontrer que, d’une part, l’échec des approches prescriptives des institutions de régulation internationale et, d’autre part, l’affirmation de mouvements citoyens sous la bannière altermondialiste ont pour conséquence d’accélérer l’exigence d’une gouvernance ouverte en Afrique. C’est ainsi que plusieurs acteurs de la société civile font l’apprentissage de la coproduction des politiques publiques avec les États. Ce type de gouvernance multidimensionnelle favorise des interactions horizontales et verticales entre plusieurs catégories d’acteurs et participe à reconfigurer les relations de défiance et d’évitement classique entre les États, les mouvements sociaux et le secteur privé. L’auteur attire cependant l’attention sur le fait que si les mouvements citoyens prônent des approches ascendantes, leurs interlocuteurs ne sont pas prêts à leur concéder une remise en cause intégrale du paradigme néolibéral, qui fonde les initiatives de développement destinées à l’Afrique et dont les limites sont analysées dans cette contribution.



2017 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
Author(s):  
Frédéric Boily ◽  
Learry Gagné

La difficulté pour les communautés francophones en situation minoritaire au Canada d’obtenir des services de santé dans leur langue est bien connue. Le problème est encore plus criant dans l’Ouest canadien, défavorisé par une faiblesse démographique et une grande dispersion de la population par rapport à l’Est (surtout l’Ontario et le Nouveau-Brunswick). Dans ce contexte, la mobilisation des francophones pour la défense de leurs intérêts est essentielle. Ce projet porte sur les relations entre les gouvernements provinciaux de l’Ouest, le gouvernement fédéral et les groupes francophones minoritaires en matière de politique de santé. Nous proposons de nous concentrer sur les provinces de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Saskatchewan pour la période récente allant de 2000 à 2010. L’analyse porte principalement sur les facteurs en politique publique qui ont permis à ces groupes de revendiquer un certain nombre de services de santé. Nous établissons une relation entre la participation active du fédéral durant cette période, la participation plutôt passive des provinces, et la préférence pour les projets de santé publique où le fédéral a pu jouer un rôle sans empiéter sur les pouvoirs provinciaux.



OPERA ◽  
2019 ◽  
pp. 55-76
Author(s):  
Pascal Rey ◽  
Marie Mazalto

Le boom de l’exploitation minière en Afrique a soulevé de nombreuses questions à propos du développement régional dans les zones minières et les synergies entre les secteurs privé et public. La position adoptée par la société minière et les États et les inégalités entre les différents acteurs participent à créer le flou dans la rela­tion public-privé et sa perception. À travers des travaux de recherche et d’ex­pertise réalisés entre 2008 et 2016 en Afrique de l’Ouest, nous proposons de réexaminer les rôles et les responsabilités des parties prenantes dans la création de synergies entre les secteurs privé et public. Nous explorerons les stratégies déployées des deux côtés pour comprendre les intérêts qui influencent la mise en oeuvre des politiques.



2012 ◽  
Vol 243 (3) ◽  
pp. 98 ◽  
Author(s):  
Valéry Ridde ◽  
Jean-Pierre Olivier de Sardan


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document