scholarly journals La crise de la pêche de l'été '68 : analyse d'une décision

2005 ◽  
Vol 11 (3) ◽  
pp. 377-391
Author(s):  
Claude Bariteau

En 1969, les chercheurs du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec (B.A.E.Q.) préconisent, dans  l’Esquisse du Plan, une rationalisation des opérations et une diversification des types de pêche. Ces deux mesures, selon eux, doivent maximiser la rentabilité et accroître le volume de l'emploi comme celui des salaires. Pour les réaliser, ils suggèrent plusieurs moyens sur lesquels les Madelinots, invités à participer à l'aménagement de leur territoire, se prononcent par l'entremise du sous-comité de la pêche du Comité de zone. Cette consultation aboutit à la rédaction du programme de développement de la pêche pour les Îles-de-la-Madeleine. Les Madelinots, par l'intermédiaire cette fois du C.D.T.I.M., en dégagent les priorités. Selon un ordre décroissant, ce sont les suivantes: complexe de pêche hauturière, compensation des prix, installation portuaire pour la pêche côtière, recherche scientifique pour la pêche, formation professionnelle des pêcheurs et mécanisation des fumoirs. Entre-temps, la situation économique des pêcheurs se détériore lamentablement. En 1968, les pêcheurs côtiers, après la pêche au homard du 10 mai au 10 juillet, n'ont qu'une alternative: faire une demande d'assistance sociale au bureau du Ministère de la famille et du bien-être social ou s'adonner à la pêche aux poissons de fond (morue, plie, flétan, etc.), tout en sachant que la faible rémunération qu'ils en tireront ne correspond même pas au montant perçu de l'assistance sociale. Les pêcheurs hauturiers, de leur côté, accusent une baisse dans leurs revenus par rapport à la saison précédente. Ils reçoivent un quart de cent de moins la livre pour le sébaste. Dans ce contexte précis, les problèmes relatifs à la pêche exigent des solutions immédiates. Les démarches entreprises par les pêcheurs madelinots deviennent, dès lors, une occasion privilégiée pour analyser le fonctionnement des nouvelles structures de participation: il s'agit de voir en quoi celles-ci changent le processus traditionnel de décision.


2005 ◽  
Vol 11 (3) ◽  
pp. 301-325
Author(s):  
Pierre-A. Bélanger

Le mouvement coopératif aux Iles-de-la-Madeleine est intéressant à plus d'un point de vue. Son premier intérêt vient sûrement du fait que son introduction provoque une coupure dans l'organisation économique des Iles. Le second vient du fait qu'en l'espace de vingt ans on le retrouve dans tous les secteurs: production, consommation, épargne et crédit, services (transport et électricité). Ce mode d'organisation économique a donc pris une grande ampleur. On trouve, aux Iles, huit associations coopératives de pêcheurs (A.C.P.) dont six sont affiliées à une centrale. Elles couvrent l'ensemble du territoire francophone. Fondées entre 1932 et 1943, elles ont 648 membres en 1964, dont 54.3% sont actifs. Mais leur situation économique, en 1964 toujours, est assez précaire: seulement 38.1% des membres ont payé le capital social souscrit. De plus, 84.9% des pêcheurs actifs sont endettés vis-à-vis leur coopérative; dans quatre coopératives, cette dette dépasse largement le capital social payé. Le profit fait sur le poisson a une importance très variable dans les sources de revenus des coopératives: il ne dépasse pas 75% et peut n'atteindre que 28%.2 On constate donc que la situation des coopératives de production n'est pas très florissante. Les magasins coopératifs se sont détachés des coopératives de production au cours des années '40. Il en existe quatre en 1968: le Magasin coopératif de Havre-aux-Maisons, L'Unité, de Lavernière, La Sociale de l'Étang-du-Nord et L’ Éveil de Fatima. En incluant les coopératives de pêcheurs à caractère mixte (production et consommation), le secteur coopératif de la consommation contrôle 75% du marché, selon un gérant. C'est le secteur le plus florissant de la coopération aux Iles-de-la-Madeleine. On trouve six Caisses populaires aux Iles; fondées entre 1937 et 1947, elles sont situées à Lavernière, Havre-aux-Maisons, Fatima, Bassin, Havre-Aubert et Grande-Entrée. Elles contrôlent une grande partie des transactions bancaires, n'ayant comme compétitrice qu'une succursale de la Banque Canadienne Nationale, située à Cap-aux-Meules. Deux coopératives de services ont été fondées aux Iles : une coopérative de transport et une coopérative d'électricité. La première, fondée en 1943, a le monopole du transport avec le Québec et entre en compétition avec la Magdalen Islands Transportation Co. (une filiale de la Clarke Steamship) pour les liaisons avec les Maritimes. La seconde a été fondée en 1950, à l'instigation de l'Office d'électrification rurale. Toutes deux sont des coopératives régionales.



1934 ◽  
Vol 31 (7) ◽  
pp. 285-298
Author(s):  
Léon Guillet ◽  
Marcel Fourment


2018 ◽  
Vol 19 (3) ◽  
pp. 127-135 ◽  
Author(s):  
Florence Parent ◽  
Grégory Aiguier ◽  
Alexandre Berkesse ◽  
Manoé Reynaerts ◽  
Franck Rolland ◽  
...  

Problématique : Plusieurs mouvements tentent de reformuler les fondements d’une clinique en tant que praxis, centrée sur un « agir-en-santé » : promotion de la santé, soins palliatifs, éducation thérapeutique du patient, médecine centrée sur le patient, courant du patient-partenaire, humanités et sciences humaines et sociales pour la santé, etc.. Ils s’efforcent d’apporter leurs contributions propres à la redéfinition de la santé et à sa traduction en tant qu’objet d’enseignement et d’apprentissage dans les curriculums de formation des professionnels de la santé. Exégèse : Les auteurs proposent la notion d’éthique des curriculums en santé pour désigner l’idée que les choix alternatifs relatifs aux conceptions de l’agir en santé, qui sous-tendent l’organisation des curriculums de formation des professionnels de la santé, devraient être rendus explicites au regard des dimensions constitutives d’un paradigme en philosophie des sciences (ontologique, épistémologique et méthodologique), dans le cadre de processus démocratiques de mise en projet. Conclusion : En lien avec une telle perspective, les auteurs argumentent qu’il est possible et nécessaire de caractériser l’agir professionnel en santé en tant que nouvel objet d’enseignement et d’apprentissage, au regard des trois dimensions, respectivement en privilégiant la centralité de l’action, en invitant à une rupture pragmatiste et à un élargissement gnoséologique et méthodologique, et en exploitant le concept de compétence à des fins didactiques et pédagogiques, dans le cadre de processus démocratiques de mise en projet, en favorisant une participation et une représentativité interdisciplinaires et interprofessionnelles. Une telle démarche est de nature éthique.





1940 ◽  
Vol 99 (2) ◽  
pp. 223-237
Author(s):  
Francis Salet
Keyword(s):  


1994 ◽  
Vol 220 (1) ◽  
pp. 136-139
Author(s):  
Jean-Pierre Butault ◽  
Bernard Desbrosses ◽  
Jean-Marc Rousselle ◽  
Pierre Wavresky


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