scholarly journals Les départements de santé communautaire

2005 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 171-201 ◽  
Author(s):  
Michel O'Neill

Après avoir brièvement rappelé les principales caractéristiques de l'évolution récente du champ de la santé au Québec, l'article situe historiquement la création des D.S.C., qui se fit à la fois en continuité et en rupture avec les anciennes structures de santé publique (unités sanitaires et services municipaux de santé). Quelques données descriptives permettent ensuite de voir où sont situés géographiquement les D.S.C., de quels budgets ils disposent, quel genre de personnel ils emploient et quels services concrets ils offrent à la population. Certaines questions de nature plus analytique sont ensuite posées : les D.S.C. peuvent-ils réellement participer à améliorer l'état de santé de la population ou ne sont-ils qu'un nouveau terrain où des professionnels acquièrent ressources et prestige? Quelle est la conséquence pour les D.S.C. de la création d'une spécialité médicale en santé communautaire? Quelle est la nature des relations entretenues par les D.S.C. avec les organismes communautaires? En tant que protagonistes majeurs des réformes affectant la santé et la sécurité en milieu de travail, dans quel sens risquent-ils d'influencer les services offerts aux travailleurs? L'avenir de ces organismes fort originaux issus de la réforme du réseau des affaires sociales est ensuite discuté. Une bibliographie détaillée sur les D.S.C. complète l'étude.




Author(s):  
André-Anne Parent

Les organisateurs communautaires (OC) des Centres de santé et services sociaux du Québec1 sont appelés à mettre en oeuvre la stratégie de soutien au développement des communautés afin d’améliorer la santé de la population. Quoiqu’elle soit inscrite dans les documents de santé publique depuis 2003, on sait peu de choses sur la stratégie. Afin de comprendre son effet sur la pratique des OC, les chercheurs ont mis en place un groupe de pratique réflexive. Quatre rencontres ont permis d’analyser les perceptions des participants quant à leur pratique et d’en dégager les principales composantes de la réflexivité selon Issitt (2003). Il fut démontré que la mise en place du groupe a favorisé l’émergence d’une réflexivité formative et critique qui s’est traduite par divers mécanismes de soutien à la pratique.



2020 ◽  
pp. 175797592097783
Author(s):  
Delphine Amstutz ◽  
Oriana Villa

La crise de la COVID-19 a mis en évidence les vulnérabilités et inégalités sociales de santé préexistantes. Elle a également montré le rôle des collectivités territoriales dans l’implémentation des recommandations de santé publique, qu’il s’agisse de prévenir la propagation du virus ou de promouvoir la santé de chacune et chacun. En Suisse, dans le canton de Vaud, les communes ont réagi promptement mais différemment selon les ressources et l’expertise à disposition. Bien que toutes ces actions soient louables, avec une réponse asymétrique, le risque de créer, voire de renforcer des inégalités territoriales de santé est néanmoins bien présent. Pour promouvoir la santé de manière équitable, efficiente et durable, nous devons renforcer les stratégies de promotion de la santé, assurer une meilleure coordination au niveau local, et développer une approche multisectorielle de la santé. Créer un groupe de coordination et d’accompagnement des communes en matière de promotion de la santé est une approche prometteuse.



2007 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 117-138 ◽  
Author(s):  
Michel Vézina

RÉSUMÉ Dans les pays occidentaux, les problèmes de santé mentale sont en croissance et représentent l'une des principales causes de morbidité de la population, avec une prévalence annuelle qui varie de 15 à 25 %. Les conséquences de cette morbidité se font sentir de façon importante au chapitre de la capacité de travail des individus. Plusieurs éléments liés notamment à l'évolution de l'organisation et des conditions de travail au cours des dernières années incriminent le milieu de travail dans l'explication de l'origine de cette nouvelle « épidémie ». S'il y a une relative unanimité sur l'importance des problèmes de santé mentale au travail, il n'en va pas de même de la compréhension de l'origine de ces problèmes, et par voie de conséquence, des stratégies à mettre en oeuvre pour les contrer. De l'ensemble des recherches qui ont tenté d'expliquer ce phénomène, trois approches sont considérées de façon particulière : l'approche causaliste, l'approche cognitiviste et enfin, l'approche de la psychodynamique du travail. Même si l'approche cognitive permet de comprendre pourquoi certains facteurs de stress identifiés par l'approche eausaliste peuvent être pathogènes, elle apparaît un peu réductionniste en ramenant les problêmes de santé mentale au travail à l'échec des efforts d'adaptation des individus. Contrairement à l'interprétation cognitive et aux actions individuelles auxquelles nous conduit l'approche du stress, la psychodynamique du travail débouche sur un questionnement de l'intelligibilité de l'origine organisationnelle des problèmes de santé mentale au travail, en analysant l'interface dynamique et évolutive entre les objectifs que poursuivent l'individu, l'organisation et le groupe de travail.



Author(s):  
Fabien COUTAREL ◽  
Valérie PUEYO ◽  
Marianne LACOMBLEZ ◽  
Catherine DELGOULET ◽  
Béatrice BARTHE

La pandémie n’est pas seulement une crise sanitaire : elle est une crise du travail à plusieurs titres. Tout d’abord, cette crise révèle les difficultés que nous avons à articuler la santé publique et la santé au travail. Cette situation pourrait bien conduire au retour d’un certain hygiénisme en santé au travail, renforçant la difficulté à intégrer l’expérience du travail dans la gouvernance des organisations du travail. Cette crise révèle que cette difficulté est le produit de principes contemporains de gouvernance des organisations qui ont aussi contribué au déploiement planétaire d’une épidémie régionale. Si les effets en matière de santé au travail de ces principes étaient bien connus, la crise révèle donc l’erreur économique et anthropologique que portent ces critères de gouvernance des organisations. Cette crise révèle enfin les ressources d’un renouveau organisationnel : face à l’urgence, des réorganisations majeures se sont faites par le bas, via les travailleurs.ses et les collectifs de travail. La gouvernance locale du travail a su faire preuve de son agilité et de sa performance. Les enseignements que nous soulevons concernent la manière de penser ensemble la santé publique et la santé au travail, santé des expositions et santé constructive, jusque dans la conception et la formation à l’intervention en milieu de travail, notamment l’intervention ergonomique.



2021 ◽  
Vol 10 (02) ◽  
pp. 34-39
Author(s):  
Toungara K

Introduction : Le paludisme constitue un véritable problème de santé publique dans le monde et majeur dans les pays subsahariens. Sa prise en charge selon les recommandations de l'OMS n'est pas correctement effectuée partout. Le but de notre travail était de contribuer à l'amélioration de la qualité de la prise en charge du paludisme dans le centre de santé communautaire de Sanankoroba. Matériel et méthodes : Il s'agissait d'une étude transversale à passage répété de recherche action de Susman. Elle s'est déroulée en quatre mois allant du 1ier juillet au 31 octobre 2019 dans le centre de santé de Sanankoroba. Ont été inclus dans cette étude les cas présumés ou confirmés du paludisme par les prestataires de santé du CSCom de Sanankoroba. Résultats : Après la mise en place du plan d'action entre l'évaluation initiale et finale, nous avons constaté une évolution de la concordance entre signes et classification du paludisme de 51% à 93,3% (Chi2 = 40,848 ; p<10-3). Le suivi et l'évolution appliqués par les prestataires étaient passés de 0% à 82,7% (Chi2 = 105,7 ; p = 0,765) au cours de l'évaluation finale. Les conseils sur les mesures de prévention de 0% à 81.3 % après le plan d'action. Conclusion : Les insuffisances constatées au cours de cette étude ont été corrigées grâce à des planifications faites et leur mise en œuvre.Mots clés : paludisme, centre de santé communautaire, Sanankoroba, Mali



2018 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 103-116
Author(s):  
Sébastien Tessier ◽  
Lina Noël

Contexte : En 2013, environ 3 millions de Canadiens de 15 ans et plus ont rapporté avoir déjà consommé du cannabis. Les adolescents et les jeunes adultes représentent les groupes où l’on retrouve les plus grandes proportions de consommateurs de cannabis au Québec et au Canada. Objectif : Établir un portrait de la consommation de cannabis au Québec et au Canada selon l’âge, le sexe et le lieu de résidence. Méthodes : Les données utilisées pour établir le portrait de l’usage de cannabis au cours de la vie et au cours des 12 derniers mois proviennent d’enquêtes canadiennes et québécoises sur la santé de la population réalisées entre 2004 et 2013. Les analyses statistiques ont été réalisées par l’entremise de l'Infocentre de santé publique à l'Institut national de santé publique du Québec. Résultats : En 2013, la prévalence de la consommation de cannabis au cours de la vie chez les Canadiens âgés de 15 ans et plus s'élevait à 33,7 %. Au cours de l’année précédant l’enquête, 10,6 % de la population générale canadienne rapportait avoir fait usage de cannabis. L’enquête de 2008 menée auprès de la population québécoise indiquait que 12 % des Québécois de 15 ans et plus avaient consommé du cannabis au cours de l’année précédente. Les adolescents (15 à 17 ans) et les jeunes adultes (18 à 24 ans) représentaient les groupes où l’on retrouvait la plus grande proportion de consommateurs de cannabis, soit respectivement 30,2 % et 35,3 % d’entre eux. La consommation de cannabis dans la dernière année chez les Canadiens de 15 ans et plus a diminué au cours de la dernière décennie, passant de 14,1 % en 2004 à 10,6 % en 2013. La diminution de la consommation de cannabis est aussi observable chez les jeunes du secondaire au Québec entre 2000 et 2013 avec une baisse de 17,7 %. Conclusion : Le cannabis est une substance consommée par un grand nombre d’individus dans la population. Cependant, il importe de mentionner qu’une baisse de la consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois a été observée depuis le début des années 2000, surtout chez les plus jeunes. Comme le gouvernement fédéral s’apprête à légaliser cette substance, il serait tout indiqué de suivre l’évolution de la consommation de cannabis et des problèmes connexes dans la population.



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