scholarly journals Consommation de substances psychoactives et sexualité chez les jeunes : une vision globale de la sphère sexuelle

2016 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 171-195 ◽  
Author(s):  
Mathieu Goyette ◽  
Jorge Flores-Aranda

Si l’importance de considérer l’ensemble des sphères de vie des jeunes aux prises avec un problème de consommation fait consensus, la sexualité demeure encore aujourd’hui en retrait. Cet article dresse un portrait d’ensemble des connaissances entourant la sexualité chez les jeunes adultes aux prises avec un problème de consommation de substances psychoactives en vue d’effectuer des recommandations entourant l’offre de service, la prise en charge et la recherche. Une revue narrative de la documentation est réalisée entourant la consommation relativement aux thèmes des comportements sexuels à risque et des infections transmissibles sexuellement et par le sang, des troubles sexuels, de l’orientation sexuelle ainsi que des activités et de la satisfaction sexuelles. Les constats issus de la démarche proposée soulèvent la nécessité de considérer un ensemble de facteurs qui dépasse les activités sexuelles en soi afin de circonscrire la présence de comportements sexuels à risque associés à la consommation. Alors qu’il est probable que la consommation amène ces jeunes à éprouver des problèmes quant à leur fonctionnement sexuel, cette dimension fait rarement l’objet d’une évaluation ou d’interventions. Pour plusieurs, la consommation semble également être utilisée afin d’améliorer la satisfaction sexuelle et peut être fortement associée à la sexualité au point de représenter en soi un facteur de risque de rechute. Parmi les pratiques recommandées auprès des jeunes adultes issus de minorités sexuelles ayant un problème de consommation, il est suggéré d’adopter une vision multidimensionnelle de l’orientation sexuelle ainsi qu’un ensemble précis d’attitudes en lien à la sexualité. Différentes suggestions sont émises quant au déploiement d’une offre de service intégrant la sexualité à la réadaptation en dépendance, l’utilisation de balises à l’évaluation et à l’orientation ainsi que l’adoption d’une vision globale et positive de la sexualité. Les recherches se doivent dès lors d’intégrer les multiples dimensions de la sexualité et de considérer la relation complexe qu’elle peut avoir avec la consommation.


2021 ◽  
Vol 26 (7) ◽  
pp. 441-441
Author(s):  
Ari Bitnun

Abstract L’infection par le virus de l’hépatite C touche de 0,5 % à 1,0 % de la population canadienne. La plupart des infections pédiatriques découlent d’une transmission verticale ou, chez les adolescents et les jeunes adultes, de comportements à haut risque comme l’utilisation de drogues injectables et les activités sexuelles non protégées. Il est désormais recommandé que tous les nourrissons, les enfants et les adolescents qui présentent au moins un facteur de risque soient soumis au dépistage de l’infection par le virus de l’hépatite C. Il est démontré que le traitement de la forme chronique de cette infection au moyen d’antiviraux à action directe provoque une suppression virologique soutenue chez 97 % à 100 % des enfants dès l’âge de trois ans. Les pédiatres et les médecins de famille ont un rôle important à jouer pour informer les adolescents des risques et des modes de prévention de l’infection par le virus de l’hépatite C, ainsi que pour revendiquer, auprès du gouvernement et des autorités sanitaires, l’adoption de stratégies d’intervention globales de réduction des méfaits ciblant les jeunes à risque, des traitements accessibles et le dépistage prénatal systématique de ce virus.



2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 554-555
Author(s):  
P. Courtet

La dépression, deuxième source de handicap, constitue le principal facteur de risque de suicide. Il a été proposé à juste titre que le traitement de la dépression soit une stratégie efficace de prévention du suicide. Pourtant la dernière décennie a été marquée par les controverses sur le risque suicidaire potentiel des antidépresseurs, qui ont eu des effets néfastes sur la prise en charge des patients. Puisque les alertes sur ce risque ont été proposées à partir des résultats d’études qui n’avaient pas comme objectif de s’intéresser au processus suicidaire, nous avons réalisé une étude destinée à évaluer la survenue d’idées et de tentatives de suicide chez 4357 patients déprimés ambulatoires traités par antidépresseur et suivis 6 semaines en condition naturelles. Une idéation suicidaire est apparue de novo chez 9 % des patients qui n’en avaient pas à l’inclusion. Les critères prédictifs étaient l’aggravation de la symptomatologie anxieuse ou dépressive et l’instauration d’un nouveau traitement après échec antérieur. Deux pour cent des patients ont réalisé une TS au cours des 6 semaines de suivi. Les critères prédictifs étaient l’aggravation de la symptomatologie dépressive ou du désespoir, l’instauration d’un nouveau traitement après échec antérieur, et l’existence de mésusage d’alcool et d’antécédents de TS. Ces résultats suggèrent que le risque suicidaire en début de traitement soit lié aux facteurs de risque suicidaires, dont l’inefficacité du traitement antidépresseur. Par ailleurs, nous avons montré que l’initiation d’un traitement par non ISRS ou d’un traitement ISRS à forte dose augmente le risque d’aggravation des idées de suicide. L’ensemble de ces données, confortées par la littérature, nous indique que les médecins possèdent les outils de prévention en évaluant précisément et régulièrement la dépression et le risque suicidaire au cours du traitement antidépresseur.



2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 654-654
Author(s):  
C. Alexandre ◽  
G. Gozlan ◽  
M.-O. Krebs ◽  
I. Amado

Les jeunes adultes consultant dans les services de psychiatrie générale présentent parfois des symptômes psychotiques associés à un développement atypique (troubles comportementaux dans l’enfance, troubles des apprentissages, etc.). Ces patients constituent un enjeu pour les équipes de psychiatrie adulte : la prise en charge apparaît souvent peu efficiente (intolérance aux traitements, difficulté à établir un projet de réinsertion, etc.). Pour ces cas complexes de « psychoses de l’adolescent », nous proposons dans notre unité de remédiation cognitive (C3RP) une investigation approfondie et multidisciplinaire de la période développementale, de la petite enfance jusqu’à l’émergence des premiers symptômes psychotiques. Cette relecture sémiologique nous permet d’affiner le diagnostic et de proposer un parcours de soin individualisé, combinant des traitements pharmacologiques et des prises en charge rééducatives. Nous présentons ici le cas de Mademoiselle C., jeune femme pour laquelle le diagnostic de schizophrénie a été porté initialement. L’examen neuropsychologique et l’entretien psychiatrique centré sur la petite enfance, associés aux examens biologiques, anatomiques et génétiques nous ont permis de repenser le diagnostic comme un trouble du développement avec symptômes psychotiques dans un contexte d’anomalie génétique de novo (microduplication 17p13.3). Un traitement pharmacologique adapté (aripiprazole, méthylphénidate et S-citalopram) ainsi qu’une rééducation logico-mathématique ont été associés à des programmes de remédiation cognitive (cognition froide et cognition sociale). Pour les aspects attentionnels, exécutifs et mnésiques le programme CRT avec une adaptation spécifique au cursus universitaire a été suivi. En parallèle, le SAMSAH Prepsy a pu ajuster au quotidien les conditions de son apprentissage et l’aider à la réalisation d’une formation d’assistante de librairie. Pour ces jeunes patients complexes avec nécessité cruciale d’un parcours de réhabilitation, la conjonction d’une remédiation et d’un service d’accompagnement au quotidien est décisive pour l’accomplissement des projets professionnels et personnels.



2014 ◽  
pp. 227-240 ◽  
Author(s):  
Hugo Dupont

Certains enfants, adolescents et jeunes adultes socialement vulnérables présentent une déviance comportementale à l’école et une difficulté à entrer dans les apprentissages. Leurs difficultés familiales et scolaires étant interprétées sur le plan de la santé mentale, ils sont orientés vers des Instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP) dont le fonctionnement peut être comparé à celui d’une « institution totale ». Nous faisons alors l’hypothèse que les critères qui légitiment l’orientation en ITEP d’un jeune sont construits de telle manière qu’ils permettent de répondre à une nécessité politique de contrôle social d’une population considérée comme socialement et juridiquement à risque.



2014 ◽  
Vol 40 ◽  
pp. A40
Author(s):  
A. Bensen ◽  
C. Ciangura ◽  
D. Vauthier-Brouzes ◽  
J. Nizard ◽  
S. Jacqueminet


Criminologie ◽  
2014 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 263-293 ◽  
Author(s):  
Claudia Savard1 ◽  
Yvan Lussier ◽  
Stéphane Sabourin

L’échelle auto-rapportée de psychopathie de Levenson (LSRP ; Levenson, Kiehl & Fitzpatrick, 1995) est un instrument visant à évaluer les traits de personnalité psychopathiques au sein de la population générale. Il conceptualise la psychopathie en deux facteurs distincts, mais interreliés, appelés psychopathie primaire et secondaire. La validité de l’instrument dans son format original est bien démontrée, mais aucune donnée n’est disponible en ce qui a trait à l’adaptation francophone de l’instrument. L’étude vise donc à évaluer la structure factorielle et la validité convergente de la version française auprès d’une population de jeunes adultes. Un échantillon de 2529 participants âgés de 15 à 26 ans remplissent l’échelle auto-rapportée de psychopathie, le NEO-FFI et répondent aussi à des questions sur leurs habitudes à l’égard de la consommation de substances psychoactives. Les résultats des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires montrent que l’adaptation francophone respecte la structure en deux facteurs, avec des coefficients de saturation et de consistance interne pour les deux échelles se comparant à ceux de la version originale anglaise. Les modèles de mesure pour les hommes et les femmes se sont avérés partiellement invariants ; les hommes obtiennent des résultats supérieurs à ceux des femmes aux échelles de psychopathie primaire et totale. Enfin, le LSRP démontre de bons indices de validité convergente.



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