scholarly journals Issue pour le renouvellement des pratiques en protection de la jeunesse : une organisation du travail en provenance de la base

2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 109-121
Author(s):  
Paul Langlois

Résumé Avec la création des Centres de services sociaux (CSS) et des Directions de la protection de la jeunesse (DPJ) au cours et à la fin des années 1970, on voit graduellement s'insinuer la prépondérance des rapports de travail dans le domaine. L'application concrète des mesures comprises dans les Rapports Harvey I et II au sein des DPJ témoigne ensuite d'un effort peu commun de formalisation des opérations de l'intervention sociale. Cet effort ravive, avec les changements nombreux qui suivront, la question de l'exclusion ou de la participation des intervenants à l'organisation du travail. Peut-on parler de renouvellement des pratiques en protection de la jeunesse et si oui, quelles sont les conditions susceptibles d'en voir l'éclosion? S'il faut en croire les premières conclusions d'une recherche menée auprès du personnel-intervenant de la Direction de la protection de la jeunesse de Québec, un tel renouvellement s'observe. Les conditions de son émergence ont alors trait à quelques facteurs indissociables comprenant un mode de fonctionnement par petit groupe autonome, une spécialisation accrue de ces groupes par problématique, une action concertée avec l'environnement et le milieu. Nous découvrons là l'expression d'une démocratie de base dans le travail dont le caractère premier est d'être à la fois plus organique et moins « délégative ».


2008 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 101-116
Author(s):  
Michel Dubois

Résumé Cette recherche quantitative et non expérimentale sur le terrain auprès des employés oeuvrant au service de protection de la jeunesse d'un centre de services sociaux a comme objectif de vérifier les liens entre les diverses variables que sont les sources de stress au travail et en dehors du travail, la personnalité et les conséquences de stress. Les résultats montrent qu'il existe un lien entre un ensemble de stresseurs et les conséquences personnelles et organisationnelles. La difficulté de concilier le travail et les obligations personnelles et familiales ont des incidences sur la santé des répondants et sur l'organisation. Deux profils de personnalité distincts, l'interne confiant et le pondéré altruiste, perçoivent des conséquences de stress différentes.



Author(s):  
Eve Pouliot ◽  
Marie-Christine Saint-Jacques

Résumé Depuis quelques années, les auteurs de plusieurs disciplines affirment que l’engagement paternel doit être facilité par l’accès à des services sociaux adaptés aux besoins des pères. Bien que le rôle du père soit de plus en plus démystifié, les chercheurs et les cliniciens sont toutefois loin d'être tous convaincus de l'utilité de sa présence dans l'intervention. Étant donné les enjeux inhérents au contexte de la protection de la jeunesse, le présent article est consacré à la question suivante : « Dans quelle mesure les intervenants impliquent les pères dans les pratiques en protection de la jeunesse? ». Afin de répondre à cette question, cet article brosse d’abord un tableau des connaissances empiriques sur la question de l’intervention auprès des pères, tout en insistant sur la spécificité du contexte de la protection de la jeunesse. Ensuite, les résultats obtenus à la suite d’une recherche menée auprès de 229 intervenants qui travaillent dans un contexte de protection de la jeunesse sont présentés et discutés.



2011 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 99-113 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le présent article vise à déterminer dans quelle mesure le processus d’adoption de la « loi 125 » (modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec) a permis de tenir compte du point de vue autochtone. Deux organismes autochtones ont présenté des mémoires à la commission parlementaire chargée d’étudier ce projet de loi. Ils ont dénoncé la méconnaissance des réalités autochtones par les acteurs du système des services sociaux et les effets néfastes du « projet de vie à long terme », pierre angulaire de la « loi 125 », sur les communautés autochtones. Ils ont aussi réclamé une plus grande autonomie des peuples autochtones dans la gestion de leurs services de protection de la jeunesse. Or, les députés, sans nier l’existence d’un problème, n’en comprenaient pas vraiment la nature, les causes et les conséquences. Ils se sont contentés d’affirmer qu’il faudrait faire preuve de « flexibilité » dans l’application de la loi aux Autochtones, tout en se montrant méfiants à l’égard des affirmations de la différence autochtone dans les méthodes d’intervention sociale et de la revendication d’une plus grande autonomie. En définitive, le projet de loi n’a pas été modifié pour tenir compte des préoccupations des Autochtones. L’obligation de l’État de consulter les peuples autochtones avant d’adopter des mesures législatives qui les affectent n’a pas été respectée.



2005 ◽  
Vol 38 (2-3) ◽  
pp. 297-315
Author(s):  
Jacques Ajenstat ◽  
Marcel Frenette ◽  
Alain Saint-Pierre

L'article présente la problématique d'intervention dans le domaine des services sociaux comme un champ d'application privilégié pour les systèmes experts. L'article décrit l'expérience de développement réalisée dans deux centres de services sociaux ayant résulté en un prototype de système expert qui assiste l'intervenant dans les tâches intellectuelles d'interprétation et de prise de décisions. Le système développé à ce jour, limité aux étapes d'évaluation et d'orientation, possède plus de 2 000 règles dans la base de connaissances. Ce contenu révèle que pour chaque phrase explicite du texte de loi très court et dense, il y a lieu de préciser plus de cent règles, ce qui soulève le problème intriguant de la marge laissée à l'interprétation dans la pratique actuelle. La sensibilité du domaine abordé à l'égard des problèmes de protection de la jeunesse, et la culture dissonante par rapport aux buts visés par le système, sont à la base d'un débat de fond impliquant des considérations techniques aussi bien qu'éthiques dans un milieu où la tradition clinique se fait par une approche « face à face » plutôt qu'informatique. Au niveau de la recherche, ce projet s'inscrit dans un programme visant à identifier les facteurs de succès et d'échec de l'implantation de systèmes experts en tenant compte des aspects technologiques et culturels.



2017 ◽  
Vol 46 (1) ◽  
pp. 145-174 ◽  
Author(s):  
Steve Geoffrion ◽  
Charles-Édouard Giguère ◽  
Mélissa Fortin ◽  
Christophe Fortin ◽  
Stéphane Guay

Objectif. L’objectif de cette étude est d’évaluer la validité de construit de la version française de l’échellePerception Of Prevalence of Aggression Scale (POPAS), un questionnaire auto-rapporté mesurant l’exposition à la violence au travail commise par la clientèle du milieu de la santé et des services sociaux.Méthode. Un échantillon de 310 intervenants en protection de la jeunesse est utilisé afin de confirmer la structure interne à quatre facteurs de l’instrument. À défaut de confirmer cette structure, un modèle d’équation structurelle exploratoire est utilisé. Les facteurs retenus sont soumis aux tests d’alpha de Cronbach qui permettent d’évaluer leur cohérence interne. Ils sont corrélés avec la version française duPosttraumatic Stress Disorder Checklist Scale(PCLS) et du nombre de jours d’absence du travail causé par la violence afin d’évaluer la validité convergente. Il sont également corrélées avec leFelt Accountability(FA) afin d’évaluer la validité divergente. Des analyses de comparaison en fonction du lieu de travail permettent d’explorer la validité de critère.Résultats. L’analyse factorielle confirmatoire ne confirme pas la structure à quatre facteurs du POPAS. L’équation structurelle exploratoire valide une structure à trois facteurs : « violence verbale », « violence physique » et « violence envers soi-même ». Les deux premiers possèdent une bonne cohérence interne. Les corrélations positives entre ces deux facteurs et le PCLS, ainsi qu’entre ces deux facteurs et le nombre de jours d’absence appuient la validité convergente du POPAS. Toutefois, l’absence de corrélation significative entre le dernier facteur et le PCLS, et entre ce facteur et le nombre de jour d’absence n’appuient pas cette convergence. L’absence de corrélation des facteurs avec le FA appuie la validité divergente du POPAS. Les différences observées selon les environnements de travail attestent aussi de la validité de critère.Discussion. La validité de construit de la version française canadienne du POPAS suggère que l’outil permet d’évaluer la fréquence subjective de différentes formes de violence au travail vécues par les intervenants en protection de la jeunesse. Il offre ainsi une alternative aux données officielles (c.-à-d. déclaration d’incidents à l’employeur) qui reflètent peu la réalité de ces travailleurs compte tenu de la sous-déclaration des incidents de violence dans ce milieu.



2005 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 26-42
Author(s):  
Pierre Pinard

La Loi sur la protection de la jeunesse a considérablement heurté les valeurs et les attitudes des travailleurs sociaux, elle a modifié l'objet de leur pratique et elle a entraîné une gestion des services sociaux en protection de la jeunesse qui se traduit par une forte segmentation de la pratique sociale. Face à ces changements profonds, les travailleurs sociaux en sont arrivés au fil des années à un degré d'adaptation et d'acceptation qui surprend. Ces modifications entraînent cependant des ajustements à leur formation. Ils devront en effet posséder un solide cadre de référence, une bonne identité professionnelle et une bonne maîtrise du processus clinique. Il leur faudra être adaptables, polyvalents et surtout capables de partager avec d'autres un processus clinique dans lequel ils interviendront partiellement.



Author(s):  
Anne Fournier

Cet article porte sur l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse en milieux autochtones au Québec et plus particulièrement sur l’initiative de la nation atikamekw en cette matière. Il situe d’abord le régime général de protection de la jeunesse dans le contexte de son adoption à la fin des années 1970 et fait état des difficultés de son application en milieux autochtones au Québec. Il précise le contexte dans lequel est intervenue la prise en charge des services sociaux par les Atikamekw et leurs efforts pour créer, puis pour expérimenter, un régime particulier de protection de la jeunesse applicable à leurs membres. Ce régime particulier est à l’origine de l’inclusion de l’article 37.5, de droit nouveau, dans la loi, lequel permet désormais au gouvernement du Québec de conclure une entente avec une nation, une communauté ou d’autres groupes autochtones afin d’appliquer un régime particulier de protection de la jeunesse sur un territoire déterminé. Le Système d’intervention d’autorité atikamekw (SIAA) constitue le régime particulier qui s’applique aux Atikamekw issus des communautés de Manawan et de Wemotaci depuis un peu plus de 15 ans. Le SIAA évolue aux côtés du régime étatique. Il comporte ses propres acteurs et son propre fonctionnement, lesquels seront décrits. Les points de convergence et de divergence entre le régime général et le régime particulier de protection de la jeunesse seront exposés et l’article sera complété par le partage de quelques résultats découlant de l’application du SIAA.



2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 59-69
Author(s):  
Jacques Hébert ◽  
Claire Chamberland

Résumé À partir d'un projet pilote réalisé dans un quartier défavorisé et visant à prévenir des comportements agressifs chez des élèves du primaire, quelques données s'adressent plus particulièrement aux services sociaux à l'enfance-famille. Il ressort que les intervenants sociaux doivent pouvoir réorienter rapidement leurs actions. Des interventions informelles axées sur des formes de soutien social se présentent comme une piste à explorer auprès de clientèles que l'on peut difficilement atteindre par les approches traditionnelles. De plus, un certain malaise semble exister chez des clientèles concernées par des services liés à l'application de la Loi sur la protection de la jeunesse. Les familles rencontrées associeraient ces derniers à des mesures de représailles et de contrôle plutôt qu'à des services d'aide. Sommes-nous en présence d'un effet pervers? En conclusion, quelques hypothèses et questions sont soulevées pour le renouvellement des pratiques sociales dans ce secteur.



2019 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-21
Author(s):  
Doris Chateauneuf ◽  
Catherine Arseneault ◽  
Marie-Ève Bedard Nadeau

Malgré la promotion et la valorisation des données probantes dans les domaines de la santé et des services sociaux, l’utilisation d’outils d’évaluation systématique en intervention sociale demeure un sujet de recherche peu exploré au Québec. Le présent article s’intéresse aux enjeux entourant l’implantation et l’utilisation d’un outil d’évaluation systématique en contexte d’intervention en protection de la jeunesse, le Protocole d’évaluation familiale (PEF). À partir des points de vue de 37 acteurs directement concernés par l’utilisation de ce protocole (intervenants, gestionnaires et familles), cette étude se penche plus spécifiquement sur les enjeux qui interviennent dans le processus d’implantation de l’outil et qui influencent son utilisation. Les résultats indiquent que le contexte organisationnel, les propriétés des questionnaires, les caractéristiques des acteurs, ainsi que les perceptions de ces derniers à l’égard de la pertinence clinique de l’outil sont les principaux facteurs soulevés par les participants pour expliquer les conditions d’implantation et le niveau d’utilisation du PEF.



2017 ◽  
Vol 44 (2) ◽  
pp. 245-267 ◽  
Author(s):  
Chantal Lavergne ◽  
Sonia Hélie ◽  
Claire Malo

La présente étude porte sur le profil des enfants exposés à la violence conjugale signalés aux services de protection de la jeunesse du Québec ainsi que sur la réponse aux besoins d’aide des familles. Elle vise à apporter un éclairage nouveau en distinguant l’exposition à la violence conjugale physique et psychologique de même qu’en incluant des formes directes et indirectes de l’exposition à la violence conjugale physique. L’étude repose sur l’utilisation d’un échantillon représentatif des enfants de moins de 18 ans dont le signalement pour maltraitance ou troubles de comportement a été évalué par les intervenants de la DPJ dans les seize centres jeunesse du Québec. Les résultats font ressortir la lourdeur des situations; l’exposition à la violence conjugale se présente le plus souvent en cooccurrence avec d’autres formes de maltraitance de même qu’avec d’autres difficultés de fonctionnement chez les parents. Les enfants exposés sont également plus jeunes. La situation semble particulièrement complexe dans les cas d’exposition à la violence conjugale psychologique. Le fait que la majorité des familles où il y a violence conjugale ne soit pas référée à des services sociaux adaptés à cette problématique est préoccupant. L’intervention auprès de ces familles nécessite que soit pris en compte non seulement les besoins des enfants, mais également ceux reliés à la victimisation des mères et à la violence du conjoint.



Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document