scholarly journals L’étude psychosociale de l’environnement de travail au regard de la santé physique et mentale du personnel concerné par l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse

2008 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 101-116
Author(s):  
Michel Dubois

Résumé Cette recherche quantitative et non expérimentale sur le terrain auprès des employés oeuvrant au service de protection de la jeunesse d'un centre de services sociaux a comme objectif de vérifier les liens entre les diverses variables que sont les sources de stress au travail et en dehors du travail, la personnalité et les conséquences de stress. Les résultats montrent qu'il existe un lien entre un ensemble de stresseurs et les conséquences personnelles et organisationnelles. La difficulté de concilier le travail et les obligations personnelles et familiales ont des incidences sur la santé des répondants et sur l'organisation. Deux profils de personnalité distincts, l'interne confiant et le pondéré altruiste, perçoivent des conséquences de stress différentes.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 628-629
Author(s):  
P. Lascar

Les suicides de salariés et de demandeurs d’emploi ont été les révélateurs d’une souffrance liée au monde du travail. Il est préféré à ce terme, trop subjectif et compassionnel, mal défini car n’apparaissant ni dans le vocabulaire juridique, ni dans la sémiologie médicale, celui de Risques PsychoSociaux (RPS).Nous retiendrons les définitions suivantes qui articuleront les trois communications :– facteurs de risques psychosociaux : éléments organisationnels et relationnels relatifs à l’environnement professionnel du travailleur qui peuvent potentiellement entraîner chez lui des troubles psychiques;– troubles psychosociaux : troubles psychiques chez un travailleur, dont l’origine est directement liée à son milieu professionnel;– risques psychosociaux : probabilité de survenue de troubles psychosociaux relative à une exposition à des facteurs de risques psychosociaux.Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, les RPS sont entendus comme risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par une exposition à des conditions d’emploi, des facteurs organisationnels et relationnels en milieu professionnel susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental.Diverses dispositions juridiques (art. L 4121-1 et suivants du Code du travail) et accords nationaux interprofessionnels s’imposent aux employeurs. Leur responsabilité sur la sécurité et la protection de la santé physique mais aussi mentale des travailleurs est engagée. Ils doivent inscrire les RPS dans une démarche globale de prévention et d’évaluation des risques.Notre discipline doit s’engager dans la prise en compte du stress au travail, dans l’identification (prévention secondaire) et dans la prise en charge des RPS (prévention tertiaire). Elle doit remédier à l’absence d’inscription de pathologies psychiques dans un tableau de maladies professionnelles. Des réponses sont apportées tant dans le domaine des préventions que dans celui de la reconnaissance de pathologies psychiques d’origine professionnelle.



Frontières ◽  
2013 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 57-81 ◽  
Author(s):  
Billy Hébert ◽  
Line Chamberland ◽  
Mickael Chacha Enriquez

Les aîné-es trans sont une population en devenir constituée d’individus aux identités, réalités et trajectoires très diversifiées. Cet article basé sur une recension des écrits, présente tout d’abord cette diversité, notamment en ce qui a trait à l’âge, tant à l’appartenance générationnelle qu’à l’âge du début de la transition. On y traite ensuite de la santé physique des aîné-es trans, soit des problèmes et des besoins de santé qui leur sont propres, puis des barrières auxquelles ils et elles se heurtent dans leurs démarches pour avoir accès à des soins et des services de santé adéquats. Le texte relève certaines difficultés comme l’isolement et le manque de soutien qui sont souvent le lot des aînés trans ainsi que les obstacles dans leur accès aux services sociaux et aux soins liés au vieillissement. L’article propose des pistes d’action pour les personnes professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux et se conclut sur des pistes de recherche.



2018 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 115-132 ◽  
Author(s):  
Assumpta Ndengeyingoma ◽  
Isabelle Moreau ◽  
Karine Sauvé

Le concept « clientèle multiproblématique » est fréquemment utilisé, tant dans le secteur des services de santé physique, le secteur des services sociaux que le secteur de l’administration publique. Mais ce concept a-t-il la même signification pour l’ensemble de ces secteurs? Les résultats d’une recension des écrits montrent deux points de convergences qui ressortent des trois secteurs analysés, soit les multiples problèmes présentent chez la clientèle et les difficultés organisationnelles. Cette constatation justifie l’importance d’examiner la diversité et la complexité des besoins de cette clientèle en adoptant une vision (éco) systémique.



2008 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 113-131 ◽  
Author(s):  
Gisèle Legault ◽  
Myriam Lafrenière

RÉSUMÉ Cet article fait état d'une recherche sur les difficultés de l'intervention sociale en milieu multiethnique et multiculturel. Pour ce faire, des incidents critiques ont été recueillis auprès de 40 intervenants des services sociaux publics « les plus ethniques » de la région de Montréal en 1990-1991. Les principaux chocs culturels entre ces intervenants appartenant à une société développée, de type occidental et des clientes d'extraction non occidentales et de sociétés en développement ont trait à une conception différente du rôle des services sociaux, aux modes différents d'éducation des enfants, aux rapports hommes-femmes inégalitaires, à la notion différente de la famille et à une conception autre de la santé physique et mentale. Mieux connaître ces chocs, identifier et analyser ces zones sensibles de la rencontre interculturelle a plusieurs répercussions sur la pratique et la formation des praticiens sociaux.



Author(s):  
Eve Pouliot ◽  
Marie-Christine Saint-Jacques

Résumé Depuis quelques années, les auteurs de plusieurs disciplines affirment que l’engagement paternel doit être facilité par l’accès à des services sociaux adaptés aux besoins des pères. Bien que le rôle du père soit de plus en plus démystifié, les chercheurs et les cliniciens sont toutefois loin d'être tous convaincus de l'utilité de sa présence dans l'intervention. Étant donné les enjeux inhérents au contexte de la protection de la jeunesse, le présent article est consacré à la question suivante : « Dans quelle mesure les intervenants impliquent les pères dans les pratiques en protection de la jeunesse? ». Afin de répondre à cette question, cet article brosse d’abord un tableau des connaissances empiriques sur la question de l’intervention auprès des pères, tout en insistant sur la spécificité du contexte de la protection de la jeunesse. Ensuite, les résultats obtenus à la suite d’une recherche menée auprès de 229 intervenants qui travaillent dans un contexte de protection de la jeunesse sont présentés et discutés.



2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 109-121
Author(s):  
Paul Langlois

Résumé Avec la création des Centres de services sociaux (CSS) et des Directions de la protection de la jeunesse (DPJ) au cours et à la fin des années 1970, on voit graduellement s'insinuer la prépondérance des rapports de travail dans le domaine. L'application concrète des mesures comprises dans les Rapports Harvey I et II au sein des DPJ témoigne ensuite d'un effort peu commun de formalisation des opérations de l'intervention sociale. Cet effort ravive, avec les changements nombreux qui suivront, la question de l'exclusion ou de la participation des intervenants à l'organisation du travail. Peut-on parler de renouvellement des pratiques en protection de la jeunesse et si oui, quelles sont les conditions susceptibles d'en voir l'éclosion? S'il faut en croire les premières conclusions d'une recherche menée auprès du personnel-intervenant de la Direction de la protection de la jeunesse de Québec, un tel renouvellement s'observe. Les conditions de son émergence ont alors trait à quelques facteurs indissociables comprenant un mode de fonctionnement par petit groupe autonome, une spécialisation accrue de ces groupes par problématique, une action concertée avec l'environnement et le milieu. Nous découvrons là l'expression d'une démocratie de base dans le travail dont le caractère premier est d'être à la fois plus organique et moins « délégative ».



2011 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 99-113 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le présent article vise à déterminer dans quelle mesure le processus d’adoption de la « loi 125 » (modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec) a permis de tenir compte du point de vue autochtone. Deux organismes autochtones ont présenté des mémoires à la commission parlementaire chargée d’étudier ce projet de loi. Ils ont dénoncé la méconnaissance des réalités autochtones par les acteurs du système des services sociaux et les effets néfastes du « projet de vie à long terme », pierre angulaire de la « loi 125 », sur les communautés autochtones. Ils ont aussi réclamé une plus grande autonomie des peuples autochtones dans la gestion de leurs services de protection de la jeunesse. Or, les députés, sans nier l’existence d’un problème, n’en comprenaient pas vraiment la nature, les causes et les conséquences. Ils se sont contentés d’affirmer qu’il faudrait faire preuve de « flexibilité » dans l’application de la loi aux Autochtones, tout en se montrant méfiants à l’égard des affirmations de la différence autochtone dans les méthodes d’intervention sociale et de la revendication d’une plus grande autonomie. En définitive, le projet de loi n’a pas été modifié pour tenir compte des préoccupations des Autochtones. L’obligation de l’État de consulter les peuples autochtones avant d’adopter des mesures législatives qui les affectent n’a pas été respectée.



2005 ◽  
Vol 38 (2-3) ◽  
pp. 297-315
Author(s):  
Jacques Ajenstat ◽  
Marcel Frenette ◽  
Alain Saint-Pierre

L'article présente la problématique d'intervention dans le domaine des services sociaux comme un champ d'application privilégié pour les systèmes experts. L'article décrit l'expérience de développement réalisée dans deux centres de services sociaux ayant résulté en un prototype de système expert qui assiste l'intervenant dans les tâches intellectuelles d'interprétation et de prise de décisions. Le système développé à ce jour, limité aux étapes d'évaluation et d'orientation, possède plus de 2 000 règles dans la base de connaissances. Ce contenu révèle que pour chaque phrase explicite du texte de loi très court et dense, il y a lieu de préciser plus de cent règles, ce qui soulève le problème intriguant de la marge laissée à l'interprétation dans la pratique actuelle. La sensibilité du domaine abordé à l'égard des problèmes de protection de la jeunesse, et la culture dissonante par rapport aux buts visés par le système, sont à la base d'un débat de fond impliquant des considérations techniques aussi bien qu'éthiques dans un milieu où la tradition clinique se fait par une approche « face à face » plutôt qu'informatique. Au niveau de la recherche, ce projet s'inscrit dans un programme visant à identifier les facteurs de succès et d'échec de l'implantation de systèmes experts en tenant compte des aspects technologiques et culturels.



2017 ◽  
Vol 46 (1) ◽  
pp. 145-174 ◽  
Author(s):  
Steve Geoffrion ◽  
Charles-Édouard Giguère ◽  
Mélissa Fortin ◽  
Christophe Fortin ◽  
Stéphane Guay

Objectif. L’objectif de cette étude est d’évaluer la validité de construit de la version française de l’échellePerception Of Prevalence of Aggression Scale (POPAS), un questionnaire auto-rapporté mesurant l’exposition à la violence au travail commise par la clientèle du milieu de la santé et des services sociaux.Méthode. Un échantillon de 310 intervenants en protection de la jeunesse est utilisé afin de confirmer la structure interne à quatre facteurs de l’instrument. À défaut de confirmer cette structure, un modèle d’équation structurelle exploratoire est utilisé. Les facteurs retenus sont soumis aux tests d’alpha de Cronbach qui permettent d’évaluer leur cohérence interne. Ils sont corrélés avec la version française duPosttraumatic Stress Disorder Checklist Scale(PCLS) et du nombre de jours d’absence du travail causé par la violence afin d’évaluer la validité convergente. Il sont également corrélées avec leFelt Accountability(FA) afin d’évaluer la validité divergente. Des analyses de comparaison en fonction du lieu de travail permettent d’explorer la validité de critère.Résultats. L’analyse factorielle confirmatoire ne confirme pas la structure à quatre facteurs du POPAS. L’équation structurelle exploratoire valide une structure à trois facteurs : « violence verbale », « violence physique » et « violence envers soi-même ». Les deux premiers possèdent une bonne cohérence interne. Les corrélations positives entre ces deux facteurs et le PCLS, ainsi qu’entre ces deux facteurs et le nombre de jours d’absence appuient la validité convergente du POPAS. Toutefois, l’absence de corrélation significative entre le dernier facteur et le PCLS, et entre ce facteur et le nombre de jour d’absence n’appuient pas cette convergence. L’absence de corrélation des facteurs avec le FA appuie la validité divergente du POPAS. Les différences observées selon les environnements de travail attestent aussi de la validité de critère.Discussion. La validité de construit de la version française canadienne du POPAS suggère que l’outil permet d’évaluer la fréquence subjective de différentes formes de violence au travail vécues par les intervenants en protection de la jeunesse. Il offre ainsi une alternative aux données officielles (c.-à-d. déclaration d’incidents à l’employeur) qui reflètent peu la réalité de ces travailleurs compte tenu de la sous-déclaration des incidents de violence dans ce milieu.



2005 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 26-42
Author(s):  
Pierre Pinard

La Loi sur la protection de la jeunesse a considérablement heurté les valeurs et les attitudes des travailleurs sociaux, elle a modifié l'objet de leur pratique et elle a entraîné une gestion des services sociaux en protection de la jeunesse qui se traduit par une forte segmentation de la pratique sociale. Face à ces changements profonds, les travailleurs sociaux en sont arrivés au fil des années à un degré d'adaptation et d'acceptation qui surprend. Ces modifications entraînent cependant des ajustements à leur formation. Ils devront en effet posséder un solide cadre de référence, une bonne identité professionnelle et une bonne maîtrise du processus clinique. Il leur faudra être adaptables, polyvalents et surtout capables de partager avec d'autres un processus clinique dans lequel ils interviendront partiellement.



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