scholarly journals L’utilisation d’outils standardisés en intervention sociale : les points de vue des intervenants, des gestionnaires et des familles sur le Protocole d’évaluation familiale en protection de la jeunesse

2019 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-21
Author(s):  
Doris Chateauneuf ◽  
Catherine Arseneault ◽  
Marie-Ève Bedard Nadeau

Malgré la promotion et la valorisation des données probantes dans les domaines de la santé et des services sociaux, l’utilisation d’outils d’évaluation systématique en intervention sociale demeure un sujet de recherche peu exploré au Québec. Le présent article s’intéresse aux enjeux entourant l’implantation et l’utilisation d’un outil d’évaluation systématique en contexte d’intervention en protection de la jeunesse, le Protocole d’évaluation familiale (PEF). À partir des points de vue de 37 acteurs directement concernés par l’utilisation de ce protocole (intervenants, gestionnaires et familles), cette étude se penche plus spécifiquement sur les enjeux qui interviennent dans le processus d’implantation de l’outil et qui influencent son utilisation. Les résultats indiquent que le contexte organisationnel, les propriétés des questionnaires, les caractéristiques des acteurs, ainsi que les perceptions de ces derniers à l’égard de la pertinence clinique de l’outil sont les principaux facteurs soulevés par les participants pour expliquer les conditions d’implantation et le niveau d’utilisation du PEF.


Author(s):  
Eve Pouliot ◽  
Marie-Christine Saint-Jacques

Résumé Depuis quelques années, les auteurs de plusieurs disciplines affirment que l’engagement paternel doit être facilité par l’accès à des services sociaux adaptés aux besoins des pères. Bien que le rôle du père soit de plus en plus démystifié, les chercheurs et les cliniciens sont toutefois loin d'être tous convaincus de l'utilité de sa présence dans l'intervention. Étant donné les enjeux inhérents au contexte de la protection de la jeunesse, le présent article est consacré à la question suivante : « Dans quelle mesure les intervenants impliquent les pères dans les pratiques en protection de la jeunesse? ». Afin de répondre à cette question, cet article brosse d’abord un tableau des connaissances empiriques sur la question de l’intervention auprès des pères, tout en insistant sur la spécificité du contexte de la protection de la jeunesse. Ensuite, les résultats obtenus à la suite d’une recherche menée auprès de 229 intervenants qui travaillent dans un contexte de protection de la jeunesse sont présentés et discutés.



2011 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 99-113 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le présent article vise à déterminer dans quelle mesure le processus d’adoption de la « loi 125 » (modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec) a permis de tenir compte du point de vue autochtone. Deux organismes autochtones ont présenté des mémoires à la commission parlementaire chargée d’étudier ce projet de loi. Ils ont dénoncé la méconnaissance des réalités autochtones par les acteurs du système des services sociaux et les effets néfastes du « projet de vie à long terme », pierre angulaire de la « loi 125 », sur les communautés autochtones. Ils ont aussi réclamé une plus grande autonomie des peuples autochtones dans la gestion de leurs services de protection de la jeunesse. Or, les députés, sans nier l’existence d’un problème, n’en comprenaient pas vraiment la nature, les causes et les conséquences. Ils se sont contentés d’affirmer qu’il faudrait faire preuve de « flexibilité » dans l’application de la loi aux Autochtones, tout en se montrant méfiants à l’égard des affirmations de la différence autochtone dans les méthodes d’intervention sociale et de la revendication d’une plus grande autonomie. En définitive, le projet de loi n’a pas été modifié pour tenir compte des préoccupations des Autochtones. L’obligation de l’État de consulter les peuples autochtones avant d’adopter des mesures législatives qui les affectent n’a pas été respectée.



2004 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 31-47 ◽  
Author(s):  
Gilles Rondeau ◽  
Guylaine Sirois ◽  
Solange Cantin ◽  
Valérie Roy

Résumé Des tables de concertation intersectorielle en violence conjugale sont en place au Québec depuis plus de quinze ans. La politique gouvernementale Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale de 1995 a choisi la concertation intersectorielle comme instrument d’action privilégié en la matière. Le présent article présente le profil de ces tables dans les différentes régions du Québec. Ces tables sont composées à la fois d’organismes communautaires et d’établissements des réseaux concernés. L’analyse des données révèle le caractère répandu et hétérogène de la concertation entre les secteurs santé et services sociaux, sécurité publique, justice, éducation et autres.



2008 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 101-116
Author(s):  
Michel Dubois

Résumé Cette recherche quantitative et non expérimentale sur le terrain auprès des employés oeuvrant au service de protection de la jeunesse d'un centre de services sociaux a comme objectif de vérifier les liens entre les diverses variables que sont les sources de stress au travail et en dehors du travail, la personnalité et les conséquences de stress. Les résultats montrent qu'il existe un lien entre un ensemble de stresseurs et les conséquences personnelles et organisationnelles. La difficulté de concilier le travail et les obligations personnelles et familiales ont des incidences sur la santé des répondants et sur l'organisation. Deux profils de personnalité distincts, l'interne confiant et le pondéré altruiste, perçoivent des conséquences de stress différentes.



Author(s):  
Serge Beauchamp ◽  
Bruno Fabi

Le présent article traite de l'influence de certaines caractéristiques organisationnelles sur le plafonnement de carrière, une attention particulière étant apportée à l'influence de la taille de l'organisation. Pour y parvenir, une démarche empirique a été effectuée auprès d'une population de 441 cadres intermédiaires provenant des 14 centres de services sociaux (CSS) du Québec. Les résultats révèlent que les répondants œuvrant au sein des organisations de dimension moins importante s’avèrent plus sujets au plafonnement de carrière que leurs collègues œuvrant dans des organisations de plus grande dimension. D’autres résultats font ressortir l'absence d'influence significative de la structure organisationnelle sur le plafonnement de carrière, ce dernier phénomène s’avérant par ailleurs influencé par la nature du poste occupé. À cet effet, on relève que les cadres œuvrant au sein d’un service conseil semblent plus sujets au plafonnement de carrière que leurs collègues des services hiérarchiques. Finalement, en plus de vérifier l’effet de certaines caractéristiques individuelles sur le plafonnement de carrière, cette étude a contribué à démontrer les limites de l’approche traditionnelle consistant à mesurer la variable dépendante à partir de seuils arbitraires d’ancienneté dans le poste actuel. Nos analyses suggèrent en effet la pertinence de délaisser une telle approche dichotomique pour adopter une mesure continue, plus flexible et moins arbitraire. L’ensemble de ces résultats fait l’objet d’une discussion relative aux implications d’une gestion renouvelée du cheminement de carrière dans les organisations, particulièrement dans les PME.



2018 ◽  
Vol 29 (1-2) ◽  
pp. 102-120
Author(s):  
Lise St-Germain ◽  
Josée Grenier ◽  
Mélanie Bourque ◽  
Danielle Pelland

Le présent article présente les résultats d’une analyse documentaire des rapports d’activités de deux cents groupes communautaires oeuvrant en santé et services sociaux financés par le Programme de soutien aux organismes communautaires. L’analyse critique porte sur le processus de reddition de comptes des groupes communautaires et la manière dont les organismes rendent compte de leurs actions dans leur rapport, à partir des critères déterminés par le cadre de référence et comment ils arrivent à travers ce processus à mettre en évidence leurs contributions et spécificités. De cet examen se dégage une analyse des discours et des enjeux d’autonomie de l’action communautaire.



2010 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 159-175 ◽  
Author(s):  
Dominique Damant ◽  
Catherine Lebossé ◽  
Simon Lapierre ◽  
Sylvie Thibault ◽  
Geneviève Lessard ◽  
...  

Le présent article fait état des résultats d’une recherche qui visait à documenter les expériences de la maternité des femmes vivant dans un contexte de concomitance de violence conjugale et de mauvais traitements envers les enfants. Les résultats présentent le point de vue de ces femmes, notamment en ce qui a trait à l’intervention des services de santé et des services sociaux avec lesquels elles ont été en contact.



2005 ◽  
Vol 37 (4) ◽  
pp. 971-994 ◽  
Author(s):  
Anne Fournier

Le présent article constitue une réflexion sur la représentation d'un enfant par un avocat dans le contexte de l'application de la Loi sur la protection de la jeunesse. L'auteure entend notamment souligner les difficultés d'application de quelques principes et droits prévus par la loi. L'auteure discute de la représentation de l'enfant au stade de l'intervention sociale et judiciaire. Dans ce dernier cas, il est essentiellement traité de l'accessibilité au système judiciaire et du mandat de l'avocat de l'enfant dans un régime contradictoire. Certaines limites liées à l'exercice du mandat de l'avocat de l'enfant âgé de moins de 14 ans sont également portées à l'attention du lecteur.



2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 109-121
Author(s):  
Paul Langlois

Résumé Avec la création des Centres de services sociaux (CSS) et des Directions de la protection de la jeunesse (DPJ) au cours et à la fin des années 1970, on voit graduellement s'insinuer la prépondérance des rapports de travail dans le domaine. L'application concrète des mesures comprises dans les Rapports Harvey I et II au sein des DPJ témoigne ensuite d'un effort peu commun de formalisation des opérations de l'intervention sociale. Cet effort ravive, avec les changements nombreux qui suivront, la question de l'exclusion ou de la participation des intervenants à l'organisation du travail. Peut-on parler de renouvellement des pratiques en protection de la jeunesse et si oui, quelles sont les conditions susceptibles d'en voir l'éclosion? S'il faut en croire les premières conclusions d'une recherche menée auprès du personnel-intervenant de la Direction de la protection de la jeunesse de Québec, un tel renouvellement s'observe. Les conditions de son émergence ont alors trait à quelques facteurs indissociables comprenant un mode de fonctionnement par petit groupe autonome, une spécialisation accrue de ces groupes par problématique, une action concertée avec l'environnement et le milieu. Nous découvrons là l'expression d'une démocratie de base dans le travail dont le caractère premier est d'être à la fois plus organique et moins « délégative ».



2016 ◽  
Vol 40 (3) ◽  
pp. 37-53
Author(s):  
Michel Dorais

Des travaux pionniers développés au cours des dernières décennies permettent de concevoir les notions de sexe, de genre et d’orientation sexuelle de façon à dépasser le traditionnel modèle binaire. De manière générale, les professionnels de la santé et des services sociaux tardent toutefois à prendre acte de ce changement de paradigme qui fait une large place à la diversité humaine, et beaucoup moins à la marginalisation ou à la pathologisation des différences. Dans le présent article, seront notamment présentés les travaux d’Alfred Kinsey, de Sandra Bem et d’Anne Fausto-Sterling, portant respectivement sur l’orientation sexuelle, le genre et le sexe. Il sera proposé d’inclure leurs contributions (et celles de leurs successeurs) dans un modèle tenant compte à la fois de la diversité et de la fluidité susceptibles d’être présentes dans les identités et les expressions de soi relatives au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle.



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