scholarly journals Le profil des tables de concertation intersectorielle en matière de violence conjugale au Québec

2004 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 31-47 ◽  
Author(s):  
Gilles Rondeau ◽  
Guylaine Sirois ◽  
Solange Cantin ◽  
Valérie Roy

Résumé Des tables de concertation intersectorielle en violence conjugale sont en place au Québec depuis plus de quinze ans. La politique gouvernementale Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale de 1995 a choisi la concertation intersectorielle comme instrument d’action privilégié en la matière. Le présent article présente le profil de ces tables dans les différentes régions du Québec. Ces tables sont composées à la fois d’organismes communautaires et d’établissements des réseaux concernés. L’analyse des données révèle le caractère répandu et hétérogène de la concertation entre les secteurs santé et services sociaux, sécurité publique, justice, éducation et autres.


2010 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 159-175 ◽  
Author(s):  
Dominique Damant ◽  
Catherine Lebossé ◽  
Simon Lapierre ◽  
Sylvie Thibault ◽  
Geneviève Lessard ◽  
...  

Le présent article fait état des résultats d’une recherche qui visait à documenter les expériences de la maternité des femmes vivant dans un contexte de concomitance de violence conjugale et de mauvais traitements envers les enfants. Les résultats présentent le point de vue de ces femmes, notamment en ce qui a trait à l’intervention des services de santé et des services sociaux avec lesquels elles ont été en contact.



Criminologie ◽  
2002 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 73-95 ◽  
Author(s):  
Dominique Damant ◽  
Jo Bélanger ◽  
Judith Paquet

Résumé Bien qu'un nombre important de recherches, pourtant diversifiées, aient été réalisées auprès de femmes victimes de violence conjugale, les études portant spécifiquement sur les femmes qui ont recours au système judiciaire se font plutôt rares. Les écrits consultés ont permis d'identifier entre autres des facteurs facilitant le recours au processus judiciaire et des facteurs le freinant. Plus récemment, d'autres études ont porté de façon plus particulière sur les liens pouvant exister entre le fait pour une victime de s'engager dans le système judiciaire et son processus d'empowerment. L'étude qui est l'objet du présent article s'est intéressée de façon particulière au processus d'empowerment de femmes victimes de violence conjugale qui ont eu recours au système judiciaire. Elle porte sur l'analyse de 29 entrevues semi-dirigées avec des femmes victimes de violence conjugale, engagées ou non dans un processus judiciaire. Le paradigme que nous avons retenu pour l'analyse des données est le paradigme structurel. Trois caractéristiques généralement liées à la définition de la violence faite aux femmes ont déterminé ce choix : la violence est située dans un contexte de relations de pouvoir caractérisées par la domination ; le caractère discriminant de ces relations de pouvoir est lié au fait d'appartenir à un sexe plutôt qu'à un autre ; la dimension sociale et publique du problème de la violence est reconnue. Le modèle de l'empowerment tel que nous l'avions élaboré semble approprié pour l'étude de trajectoires de femmes victimes de violence conjugale et laisse présager que toute démarche d'aide peut aider les femmes à s'engager dans un processus d'empowerment. Nos données nous permettent également d'identifier des éléments qui facilitent ce processus : support émotionnel ou informationnel. Nous n'avons toutefois pas pu cerner des éléments spécifiques au système judiciaire, en tant qu'institution sociale, qui favoriseraient le processus d'empowerment. Toutes les répondantes ont identifié des facteurs aidants et des obstacles. Seul le discours de nature plus sociale des répondantes différencie celles qui ont complété le parcours dans le système judiciaire des autres répondantes. L'hypothèse que nous retenons à ce moment-ci est que le fait de mener à terme des démarches judiciaires est plutôt indicateur d'empowerment. Si ceci s'avérait juste, on devrait en conclure que quelles que soient les décisions prises par les femmes à toutes les étapes du processus judiciaire, celles-ci doivent être respectées. Par ailleurs, l'information donnée, tout particulièrement en maison d'hébergement, qui analyse la violence conjugale comme un problème social et qui cherche à développer un mouvement de solidarité entre les femmes, semble être un facteur important dans le processus d'empowerment identifié dans cette étude. Nous croyons que l'utilisation du modèle du processus d'empowerment que nous avons élaboré peut être un apport intéressant en ce qui concerne l'intervention auprès des femmes victimes de violence conjugale. Le modèle permet d'identifier l'étape du processus à laquelle la victime se situe et les besoins qu'elle manifeste (émotifs, cognitifs, comportementaux). On pourra alors lui proposer un type d'aide et d'informations plus pertinent à ses besoins. L'utilisation de ce modèle offre aussi l'avantage de comprendre qu'il n'est peut-être pas le moment de proposer à une femme d'entreprendre une démarche légale et qu'elle n'est peut être pas prête à persévérer en ce sens.



Author(s):  
Serge Beauchamp ◽  
Bruno Fabi

Le présent article traite de l'influence de certaines caractéristiques organisationnelles sur le plafonnement de carrière, une attention particulière étant apportée à l'influence de la taille de l'organisation. Pour y parvenir, une démarche empirique a été effectuée auprès d'une population de 441 cadres intermédiaires provenant des 14 centres de services sociaux (CSS) du Québec. Les résultats révèlent que les répondants œuvrant au sein des organisations de dimension moins importante s’avèrent plus sujets au plafonnement de carrière que leurs collègues œuvrant dans des organisations de plus grande dimension. D’autres résultats font ressortir l'absence d'influence significative de la structure organisationnelle sur le plafonnement de carrière, ce dernier phénomène s’avérant par ailleurs influencé par la nature du poste occupé. À cet effet, on relève que les cadres œuvrant au sein d’un service conseil semblent plus sujets au plafonnement de carrière que leurs collègues des services hiérarchiques. Finalement, en plus de vérifier l’effet de certaines caractéristiques individuelles sur le plafonnement de carrière, cette étude a contribué à démontrer les limites de l’approche traditionnelle consistant à mesurer la variable dépendante à partir de seuils arbitraires d’ancienneté dans le poste actuel. Nos analyses suggèrent en effet la pertinence de délaisser une telle approche dichotomique pour adopter une mesure continue, plus flexible et moins arbitraire. L’ensemble de ces résultats fait l’objet d’une discussion relative aux implications d’une gestion renouvelée du cheminement de carrière dans les organisations, particulièrement dans les PME.



2018 ◽  
Vol 29 (1-2) ◽  
pp. 102-120
Author(s):  
Lise St-Germain ◽  
Josée Grenier ◽  
Mélanie Bourque ◽  
Danielle Pelland

Le présent article présente les résultats d’une analyse documentaire des rapports d’activités de deux cents groupes communautaires oeuvrant en santé et services sociaux financés par le Programme de soutien aux organismes communautaires. L’analyse critique porte sur le processus de reddition de comptes des groupes communautaires et la manière dont les organismes rendent compte de leurs actions dans leur rapport, à partir des critères déterminés par le cadre de référence et comment ils arrivent à travers ce processus à mettre en évidence leurs contributions et spécificités. De cet examen se dégage une analyse des discours et des enjeux d’autonomie de l’action communautaire.



2006 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 301-320 ◽  
Author(s):  
Myriam Dubé ◽  
Maryse Rinfret-Raynor ◽  
Christine Drouin

Résumé La violence conjugale, longtemps considérée comme un problème privé, est maintenant perçue comme un problème social répandu. Ses effets néfastes sur les femmes, les couples, les enfants et la société sont maintenant mieux connus des différents réseaux d’intervention qui sont dès lors appelés à travailler ensemble afin de développer des approches plus complémentaires basées sur une compréhension commune du problème. Une analyse des mécanismes de concertation intersectorielle mis en place au Québec a été entreprise auprès des intervenants et intervenantes offrant des services en violence conjugale dans différents secteurs du réseau de la santé et des services sociaux (Rondeau et al., 2000). La présente étude est la première qui, à partir d’une démarche qualitative du discours des femmes victimes de violence conjugale et des hommes ayant exercé des comportements violents envers leur conjointe, a permis d’explorer la perception des interventions reçues, de leur cohérence, de leur complémentarité et de leurs effets sur la cessation de la violence et sur le cheminement des individus. Les résultats démontrent, entre autres choses, que les répondants, mais surtout les répondantes, consultent un grand nombre d’intervenants-es qui proviennent d’un nombre aussi grand de ressources. Cependant, la lourdeur de leurs démarches ne vient pas tant du nombre d’organismes fréquentés ou de la trajectoire effectuée à travers ces institutions, mais plutôt d’un manque de coordination intra sectoriel et intersectoriel entre les professionnels-les de ces ressources.



Author(s):  
Eve Pouliot ◽  
Marie-Christine Saint-Jacques

Résumé Depuis quelques années, les auteurs de plusieurs disciplines affirment que l’engagement paternel doit être facilité par l’accès à des services sociaux adaptés aux besoins des pères. Bien que le rôle du père soit de plus en plus démystifié, les chercheurs et les cliniciens sont toutefois loin d'être tous convaincus de l'utilité de sa présence dans l'intervention. Étant donné les enjeux inhérents au contexte de la protection de la jeunesse, le présent article est consacré à la question suivante : « Dans quelle mesure les intervenants impliquent les pères dans les pratiques en protection de la jeunesse? ». Afin de répondre à cette question, cet article brosse d’abord un tableau des connaissances empiriques sur la question de l’intervention auprès des pères, tout en insistant sur la spécificité du contexte de la protection de la jeunesse. Ensuite, les résultats obtenus à la suite d’une recherche menée auprès de 229 intervenants qui travaillent dans un contexte de protection de la jeunesse sont présentés et discutés.



2007 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 40-57 ◽  
Author(s):  
Christine Corbeil ◽  
Isabelle Marchand1

Depuis la fin des années 1980, l’efficacité théorique et mobilisatrice de la pensée féministe, fréquemment dépeinte comme « blanche » et occidentale, a été remise en cause notamment par des féministes afro-américaines, hispano-américaines et indiennes. À l’intérieur même des études féministes et du mouvement des femmes émerge donc un questionnement sur la capacité du féminisme à prendre en compte l’hétérogénéité des statuts sociaux et des expériences des femmes. En d’autres termes, le féminisme est remis en question quant à sa capacité à élaborer une analyse de l’oppression des femmes qui reconnaît les effets conjugués du sexisme, du racisme, du « classisme » ou encore de l’homophobie. Dans le présent article, nous exposons dans un premier temps les principales critiques émises par des féministes noires et d’autres issues de groupes minoritaires à l’endroit du mouvement des femmes. Dans un deuxième temps, nous mettons en perspective le point de vue de chercheures et de thérapeutes féministes américaines ayant renouvelé leur vision et leurs pratiques d’intervention à la lumière de ces critiques. Dans un troisième temps sera précisée la signification du concept d’intersectionnalité, tel qu’il émerge dans la littérature féministe et, dans un quatrième temps, nous examinons l’apport de ce nouveau paradigme à l’intervention féministe appliquée auprès des femmes victimes de violence conjugale. En conclusion, nous signalerons quelques-uns des enjeux et des défis que pose l’intégration de l’approche intersectionnelle à l’intervention féministe.



2016 ◽  
Vol 40 (3) ◽  
pp. 37-53
Author(s):  
Michel Dorais

Des travaux pionniers développés au cours des dernières décennies permettent de concevoir les notions de sexe, de genre et d’orientation sexuelle de façon à dépasser le traditionnel modèle binaire. De manière générale, les professionnels de la santé et des services sociaux tardent toutefois à prendre acte de ce changement de paradigme qui fait une large place à la diversité humaine, et beaucoup moins à la marginalisation ou à la pathologisation des différences. Dans le présent article, seront notamment présentés les travaux d’Alfred Kinsey, de Sandra Bem et d’Anne Fausto-Sterling, portant respectivement sur l’orientation sexuelle, le genre et le sexe. Il sera proposé d’inclure leurs contributions (et celles de leurs successeurs) dans un modèle tenant compte à la fois de la diversité et de la fluidité susceptibles d’être présentes dans les identités et les expressions de soi relatives au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle.



2017 ◽  
Vol 34 (1) ◽  
pp. 141-155 ◽  
Author(s):  
Annie Dumont

Même s’il est bien connu que le point de vue des personnes exposées à la violence conjugale dans l’enfance ou l’adolescence peut agir comme facteur de risque ou de protection, encore peu de recherches s’intéressent à la subjectivité de ces personnes et à leur façon de définir cette violence. Le présent article examine les quelques recherches qui se sont penchées sur le point de vue des personnes exposées à cette violence et sur ce que celle-ci représente pour elles. Une analyse critique de ces études fait d’abord ressortir que ces personnes ont une façon bien à elles de comprendre le phénomène, mais qu’il y a des nuances importantes, puisqu’elles ne constituent pas un groupe homogène ayant un parcours de vie et un point de vue totalement identiques. Par ailleurs, les études recensées comportent aussi certaines limites qu’il faudra surmonter dans les recherches futures afin d’approfondir les connaissances sur le point de vue des personnes exposées à la violence conjugale et de répondre de façon plus adaptée à leurs besoins spécifiques.



2011 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 99-113 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le présent article vise à déterminer dans quelle mesure le processus d’adoption de la « loi 125 » (modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec) a permis de tenir compte du point de vue autochtone. Deux organismes autochtones ont présenté des mémoires à la commission parlementaire chargée d’étudier ce projet de loi. Ils ont dénoncé la méconnaissance des réalités autochtones par les acteurs du système des services sociaux et les effets néfastes du « projet de vie à long terme », pierre angulaire de la « loi 125 », sur les communautés autochtones. Ils ont aussi réclamé une plus grande autonomie des peuples autochtones dans la gestion de leurs services de protection de la jeunesse. Or, les députés, sans nier l’existence d’un problème, n’en comprenaient pas vraiment la nature, les causes et les conséquences. Ils se sont contentés d’affirmer qu’il faudrait faire preuve de « flexibilité » dans l’application de la loi aux Autochtones, tout en se montrant méfiants à l’égard des affirmations de la différence autochtone dans les méthodes d’intervention sociale et de la revendication d’une plus grande autonomie. En définitive, le projet de loi n’a pas été modifié pour tenir compte des préoccupations des Autochtones. L’obligation de l’État de consulter les peuples autochtones avant d’adopter des mesures législatives qui les affectent n’a pas été respectée.



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