scholarly journals Le rat est mort ! Ou le jeu de la tradition dans l’Hamlet de William Shakespeare (Notes de mise en scène)

Author(s):  
Cristina Iovita

L’article décrit le processus de création du spectacle Hamlet de William Shakespeare adapté et mis en scène par Cristina Iovita au Théâtre de l’Utopie (Montréal, mars-avril 2010). La première partie examine les rapports entre le personnage de Polonius et celui de Pantalon, personnage typique de la commedia dell’arte qui donne la « clé » de l’adaptation scénique. La deuxième partie présente la reconstruction du texte de Shakespeare sur les structures de base de la commedia dell’arte, structures identifiées et inspirées par la « scène des acteurs » (Acte II, Scène 2) du texte original. La troisième partie suit les innovations de style amenées par l’insertion dans la trame scénique du tango argentin, une danse narrative de type populaire exprimant les rites de la passion. La conclusion porte sur le potentiel d’actualisation du répertoire classique par la récupération des moyens scéniques traditionnels.


2020 ◽  
Vol 48 ◽  
pp. 131-146
Author(s):  
Alexandre Eyries

Dans cet article, je me propose d’analyser une frange singulière de l’œuvre de l’écrivain américain Jim Harrison (1937-2016) mais ô combien centrale dans sa trajectoire d’auteur et surtout d’homme et de bon vivant à l’appétit vorace pour la bonne chère, les meilleurs vins et les plaisirs bien terrestres (amour des femmes, passion pour la nature et les grands espaces, la chasse et la pêche) qui jalonnent toute son œuvre, des romans aux poèmes ainsi qu’aux novellas ces longues nouvelles comme Légendes d’automne qui lui ont valu la célébrité sur la scène littéraire internationale. Dans le présent article, je m’intéresserai tout particulièrement à l’expérience gastronomique et œnologique telle qu’elle est mise en scène et en récit dans l’ouvrage Un sacré gueuleton. Manger, boire et vivre (Flammarion, 2018) qui rassemble la totalité des articles écrits par Jim Harrison tout au long de sa vie sur l’expérience gastronomique et œnologique à laquelle l’écrivain a très largement donné son corps dans des agapes infinies au cours desquelles « la règle de base est d’être “modéré à l’excès” » (p. 40).Dans l’introduction qu’il a rédigé pour cet ouvrage, le chef cuisinier new yorkais Mario Batali dresse le portrait suivant de Jim Harrison : « Jim avait un appétit légendaire et rien ne rend un cuisinier plus heureux que quelqu’un qui ne vit que pour manger – et, quand il ne mange pas, pour parler de ce qu’il a mangé, pour chasser et pêcher des choses à manger ou pour passer du temps, entre deux repas, à évoquer ce que nous venions de manger » (p. 9). L’ouvrage Un sacré gueuleton. Manger, boire et vivre – à la démesure de son auteur, cousin américain de Rabelais et manière d’épigone d’Hemingway – est un véritable festin littéraire. Il constitue à la fois une envolée discursive et littéraire et des moments propices à l’élaboration d’une prose gourmande et savoureuse par ses trouvailles stylistiques comme par ses excès et son outrance toute gargantuesque. Dans la première partie de cet article, j’analyserai les discours incarnés et éminemment littéraires tenus par l’auteur sur le vin et sa dégustation, sur la dimension anthropologique de ce phénomène sous-tendant les pratiques de convivialité et de commensalité. Dans la seconde partie de l’article, je m’attacherais aux écrits de l’auteur sur la gastronomie à l’aune de logiques de caractérisation, de recommandation et d’expertise acquises au cours d’une longue existence de gourmand vagabond ayant sillonné tous les terroirs de France et du monde.



Author(s):  
Nicolas Gauthier

Cet article est consacré à la mise en scène de la violence dans Les Nuits du Palais-Royal (1869) de Louis-François Raban (auteur de la première partie publiée en 1845-1846) et de Joseph Décembre et Edmond Alonnier (qui ont poursuivi le roman en 1869). Motif destiné à séduire le lecteur, le portrait de l’assassinat est organisé selon trois principes : recours au sanguinolent, ajout d’un cadre scientifique, commercialisation de la criminalité. L’article vise à montrer comment cette œuvre propose une violence intégrée dans une surenchère qui se veut une provocation parfaitement mesurée destinée à repousser l’intrigue à l’arrière-plan.



Protée ◽  
2009 ◽  
Vol 36 (3) ◽  
pp. 35-46
Author(s):  
Didier Prioul

Cet article s’intéresse à l’exposition temporaire, en art ancien et moderne, et se situe dans une compréhension qui associe le passé au présent de l’intitulation. Illustré par des exemples précis, il distingue dans une première partie huit prototypes historiques d’intitulation : nom propre, catégorie, matériau, genre, mise en série, opérateur spatial, absolu esthétique, personnalité. Ce n’est pas un article historique et le titre s’adresse aux modes contemporains de l’intitulation. Le sens donné à l’exposition temporaire, dans sa forme actuelle, est donc central dans l’analyse. Quelle terminologie employer pour la qualifier ? La troisième et dernière partie propose de situer le titre d’exposition dans un processus d’interaction qui associe le cognitif au sensible. L’article conclut ainsi sur l’ethos aristotélicien, qui force parfois à lire le titre comme une quasi-mise en scène de l’exposition.



Author(s):  
Remedios Perni Llorente

El año de Ricardo is the title of Angelica Liddell’s take on William Shakespeare’s Richard III. Through both her rewriting and mise en scène, the irreverent Spanish playwright and performer presents Shakespeare’s infamous character as a prototype of an overambitious, ruthlessly cynical monster, a foul, appalling brute. Ricardo stands for Hitler and for all the villains. (S)he is a baroque spectre, an anamorphic presence which pushes the limits and transforms across time, evolving from a top executive to a president; from a wannabe writer to a doctorate honoris causa. Ricardo’s body undergoes a degenerative process and so does his/her cynical behaviour. Perverse capitalism speaks through Ricardo, a clear embodiment of the corrupt. In this sense, the villainy of Richard III, via Liddell, has been compared to corruption scandals which have occurred in Spain. As a matter of fact, premiered in 2005, the play has been repeatedly onstage since the financial crisis was announced, probably because it provides an opportunity to criticise the people and policies at the heart of the meltdown. This paper focuses on the Shakespearean motifs that build Liddell’s play, paying special attention to the anachronistic twists that serve the purpose of revealing Richard/Ricardo’s degeneration in a degenerate Europe.Keywords: William Shakespeare, Angélica Liddell, performance, appropriation, theatre, European crisis.









1997 ◽  
Vol 31 (2) ◽  
pp. 219-225 ◽  
Author(s):  
Boris Terk ◽  
Jacques-Yves Assor ◽  
Raphaël Fenart
Keyword(s):  


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