scholarly journals L’orientation temporelle et la consommation de substances psychoactives des adolescents et jeunes adultes

2015 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 49-65
Author(s):  
Didier Acier ◽  
Françoise Facy ◽  
Jean-Luc Pilet ◽  
Carmen Chaillou

Introduction. L’orientation temporelle est une donnée essentielle du psychisme humain, qui module notre façon de nous situer par rapport aux temps de la vie. Elle est la perception subjective, dans l’ici et maintenant, du positionnement psychique à l’égard du passé, du présent et du futur. Plusieurs jeunes rencontrés en consultation psychologique présentent une orientation confuse au temps, étant quelquefois englués dans des souvenirs ou dans une suite incessante d’activités sans temps d’arrêt. Le test d’orientation temporelle (TOT) vise à mesurer ce rapport au temps de la vie, à partir de quatre dimensions : 1) le court terme ; 2) l’anticipation ; 3) l’immédiateté ; 4) le long terme.Objectifs. Cette étude présente les liens entre différentes dimensions de l’orientation temporelle et la consommation de substances psychoactives (tabac, alcool et cannabis). Elle présente aussi une façon d’utiliser le test d’orientation temporelle dans le travail auprès d’adolescents et de jeunes adultes en situation à risque.Méthodes. L’échantillon est constitué de 507 jeunes âgés de 15 à 26 ans résidents de la région nantaise et issus de plusieurs établissements d’enseignement. Les outils utilisés sont le test d’orientation temporelle et des mesures de consommation de substances.Résultats. Les résultats montrent des corrélations significatives entre la consommation et plusieurs dimensions de l’orientation temporelle. Ainsi, les orientations centrées sur l’immédiateté et le court terme sont des prédicteurs de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis.Conclusion. Cette étude avance que l’orientation temporelle est un construit psychologique utile pour travailler avec des jeunes à risques.


2005 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 20-37 ◽  
Author(s):  
Michel Landry ◽  
Joël Tremblay ◽  
Louise Guyon ◽  
Jacques Bergeron ◽  
Natacha Brunelle

Résumé La Grille de dépistage de la consommation problématique d’alcool et de drogues chez les adolescents (DEP-ADO) a été créée pour répondre aux besoins des milieux de pratique québécois. Cet article rapporte les résultats de deux études portant sur les qualités psychométriques de la DEP-ADO. Une première étude a révélé que l’outil était pertinent et possédait une très bonne validité d’apparence, tant auprès des intervenants que des jeunes. Une seconde étude a été menée auprès de 673 élèves de 14 à 17 ans provenant de trois écoles secondaires du Québec et de 64 jeunes inscrits dans des centres de réadaptation en toxicomanie pour évaluer la structure factorielle, la fidélité et la validité de l’outil. Les résultats indiquent que les qualités psychométriques de la DEP-ADO sont nettement satisfaisantes et se comparent avantageusement à celles constatées auprès des autres outils de repérage de la consommation abusive de substances psychoactives chez les adolescents (validité de construit, cohérence interne, fidélité test-retest et inter modes de passation, validité critériée concomitante). Fait intéressant, les analyses factorielles ont permis d’identifier, en plus d’un facteur global, trois facteurs dont le sens clinique est bien identifiable (consommation d’alcool et de cannabis, consommation d’autres drogues, conséquences de la consommation de substances psychoactives). Tout en confirmant de façon globale la validité et la fidélité de la version originale, l’étude a également permis d’y apporter des améliorations et d’ouvrir des perspectives nouvelles sur l’utilisation qui peut en être faite.



2006 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 177-209 ◽  
Author(s):  
Nicole Perreault ◽  
Huguette Bégin ◽  
Josée Michaud ◽  
Isabelle Denoncourt

RésuméLa littérature scientifique indique que l’usage de substances (alcool et drogues), particulièrement chez les jeunes, peut générer un état de vulnérabilité propice à l’agression sexuelle, notamment à cause de périodes deblackout,et que l’alcool serait surtout en cause. Cependant, l’oubli pouvant découler d’une consommation abusive a été médiatisé et présenté comme résultant de la consommation de « drogues du viol », notamment le GHB. La littérature rapporte également des relations entre l’adhésion à de fausses croyances entourant le viol (mythes) et l’agression sexuelle elle-même. L’étude vise à vérifier les liens possibles entre la présence de mythes entourant le viol et la fréquence d’épisodes de consommation menant à l’oubli chez des étudiants de niveau collégial de la région de Montréal. La perception des substances pouvant être liées à l’agression sexuelle chez les jeunes est également explorée. Les résultats indiquent que, pour les étudiants, le GHB constitue la drogue la plus souvent associée au viol, même si l’alcool est également identifié. On observe aussi que ceux qui rapportent le plus fréquemment avoir eu une période d’oubli à cause d’une consommation d’alcool ou de drogue adhèrent davantage à de fausses croyances reliées au viol que les autres. Il serait souhaitable d’explorer davantage les liens entre la consommation de substances et l’agression sexuelle en vue d’établir un lien de causalité entre les deux. De même, compte tenu des statistiques disponibles, il serait important d’intégrer de l’information concernant la consommation de substances dans les programmes de prévention des agressions sexuelles.



2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S42-S43
Author(s):  
P. Maurage

Le binge drinking (c’est-à-dire la consommation excessive mais épisodique d’alcool, typique du milieu étudiant) constitue désormais un problème majeur de santé publique, en particulier chez les adolescents et jeunes adultes. Les conséquences psychologiques, interpersonnelles et sociétales de ce mode de consommation sont largement établies, mais ses effets cognitifs et cérébraux n’ont été investigués que durant cette dernière décennie. Il a ainsi été clairement montré, sur base d’études en neuropsychologie et en neurosciences, que les binge drinkers présentent des modifications marquées du fonctionnement cérébral. Cependant, ces études se sont centrées sur des tâches cognitives (explorant par exemple la mémoire, l’attention ou les fonctions exécutives) et les déficits émotionnels associés au binge drinking restent totalement inconnus malgré le rôle majeur joué par ces altérations dans le maintien des troubles liés à la consommation excessive d’alcool. Après un passage en revue des données relatives aux troubles cognitifs, nous présenterons ici des études récentes ayant exploré pour la première fois les déficits émotionnels dans le binge drinking ainsi que leurs corrélats cérébraux, sur base d’une approche multidisciplinaire combinant électrophysiologie et neuroimagerie. Les résultats montrent clairement que le binge drinking conduit, au-delà des altérations cognitives, à des déficits marqués pour le traitement de stimulations émotionnelles, déficits qui pourraient être impliqués dans le développement et le maintien des troubles liés à la consommation d’alcool. Enfin, les limites des connaissances actuelles seront décrites, de même que les perspectives majeures pour les recherches futures. En particulier, sur base de résultats obtenus récemment via une analyse en clusters sur une large population de binge drinkers, nous insisterons sur la nécessité de sortir de la vision unitaire du binge drinking afin de considérer les sous-types de binge drinkers, qui présentent de grandes variations aux niveaux psychologique et cognitif.



L Encéphale ◽  
2007 ◽  
Vol 33 (4) ◽  
pp. 568-571 ◽  
Author(s):  
S. Vautier ◽  
S. Jmel ◽  
C. Fourio ◽  
D. Moncany


Criminologie ◽  
2014 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 263-293 ◽  
Author(s):  
Claudia Savard1 ◽  
Yvan Lussier ◽  
Stéphane Sabourin

L’échelle auto-rapportée de psychopathie de Levenson (LSRP ; Levenson, Kiehl & Fitzpatrick, 1995) est un instrument visant à évaluer les traits de personnalité psychopathiques au sein de la population générale. Il conceptualise la psychopathie en deux facteurs distincts, mais interreliés, appelés psychopathie primaire et secondaire. La validité de l’instrument dans son format original est bien démontrée, mais aucune donnée n’est disponible en ce qui a trait à l’adaptation francophone de l’instrument. L’étude vise donc à évaluer la structure factorielle et la validité convergente de la version française auprès d’une population de jeunes adultes. Un échantillon de 2529 participants âgés de 15 à 26 ans remplissent l’échelle auto-rapportée de psychopathie, le NEO-FFI et répondent aussi à des questions sur leurs habitudes à l’égard de la consommation de substances psychoactives. Les résultats des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires montrent que l’adaptation francophone respecte la structure en deux facteurs, avec des coefficients de saturation et de consistance interne pour les deux échelles se comparant à ceux de la version originale anglaise. Les modèles de mesure pour les hommes et les femmes se sont avérés partiellement invariants ; les hommes obtiennent des résultats supérieurs à ceux des femmes aux échelles de psychopathie primaire et totale. Enfin, le LSRP démontre de bons indices de validité convergente.



2020 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 120
Author(s):  
Marie-Hélène Poulin ◽  
Myriam Laventure ◽  
Kelly Tremblay ◽  
Emma Beuchot


Author(s):  
Claudia Sikorski ◽  
Scott Leatherdale ◽  
Martin Cooke

Introduction Le suivi de la consommation de substances chez les jeunes est essentiel pour en quantifier les méfaits et pour repérer les populations à risque élevé. Le contexte canadien, étant données les injustices historiques et structurelles qu’il implique, rend particulièrement importante l’observation de risques accrus chez les jeunes autochtones. Cette étude offre une actualisation des taux nationaux de prévalence de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis chez les élèves autochtones et non autochtones. Méthodologie Nous avons examiné, au moyen d’une régression logistique, les différences dans la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis chez 1 700 jeunes autochtones et 22 800 jeunes non autochtones de la 9e à la 12e année ayant participé à l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves de 2014-2015. Nous avons également examiné les différences selon le sexe. Nous avons comparé l’âge moyen de la première consommation d’alcool et de cannabis dans les deux populations au moyen d’une régression des moindres carrés ordinaires. Nous avons comparé les résultats aux données de 2008-2009. Résultats Bien que les taux de consommation de tabac, d’alcool et de cannabis soient en baisse par rapport à 2008-2009 au sein des deux populations, l’écart entre les deux n’a pratiquement pas diminué. En 2014-2015, les jeunes autochtones étaient davantage susceptibles que les jeunes non autochtones de fumer (rapport de cotes [RC] : 5,26; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 3,54 à 7,81) et d’avoir consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois (RC : 1,43; IC à 95 % : 1,16 à 1,76). Davantage de jeunes autochtones que de jeunes non autochtones avaient tenté d’arrêter de fumer. Les garçons non autochtones étaient moins susceptibles que les filles non autochtones d’avoir bu au moins un verre d’alcool au cours des 12 derniers mois. Les garçons autochtones étaient plus susceptibles d’avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois que les garçons non autochtones (RC : 1,84; IC à 95 % : 1,32 à 2,56), de même que les filles autochtones l’étaient plus que les filles non autochtones (RC : 2,87; IC à 95 % : 2,15 à 3,84). Les jeunes autochtones, en particulier les garçons, avaient commencé à consommer de l’alcool et du cannabis à un âge plus précoce. Conclusion Des politiques et programmes supplémentaires sont nécessaires pour mieux soutenir les jeunes autochtones dans leurs tentatives d’abandon du tabac et pour s’attaquer aux taux élevés de consommation d’alcool et de cannabis.



Author(s):  
Adam Sherk

Cet aperçu offre une comparaison entre les recettes publiques provenant de la vente et de la distribution d’alcool et les coûts pour la société associés à la consommation d’alcool, et ce, pour l’année 2014. Les données de Statistique Canada font état de recettes publiques de 10,9 milliards de dollars. Toutefois, ce montant est contrebalancé par des coûts nets pour la société de 14,6 milliards de dollars, comme le rapporte le projet Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada, un projet de surveillance nationale de la consommation de substances. Les coûts pour la société sont constitués des soins de santé, de la perte de productivité économique, de la justice pénale et de divers autres coûts directs. Bien que les recettes de vente d’alcool soient considérées comme un avantage pour les coffres de l’État, une comptabilisation tenant compte des coûts engagés montre que les provinces et les territoires du Canada subissent plutôt un déficit associé à l’alcool, pour un total de 3,7 milliards de dollars à l’échelle nationale.



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