scholarly journals Drogues du viol et agression sexuelle : perception de jeunes en milieu collégial1

2006 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 177-209 ◽  
Author(s):  
Nicole Perreault ◽  
Huguette Bégin ◽  
Josée Michaud ◽  
Isabelle Denoncourt

RésuméLa littérature scientifique indique que l’usage de substances (alcool et drogues), particulièrement chez les jeunes, peut générer un état de vulnérabilité propice à l’agression sexuelle, notamment à cause de périodes deblackout,et que l’alcool serait surtout en cause. Cependant, l’oubli pouvant découler d’une consommation abusive a été médiatisé et présenté comme résultant de la consommation de « drogues du viol », notamment le GHB. La littérature rapporte également des relations entre l’adhésion à de fausses croyances entourant le viol (mythes) et l’agression sexuelle elle-même. L’étude vise à vérifier les liens possibles entre la présence de mythes entourant le viol et la fréquence d’épisodes de consommation menant à l’oubli chez des étudiants de niveau collégial de la région de Montréal. La perception des substances pouvant être liées à l’agression sexuelle chez les jeunes est également explorée. Les résultats indiquent que, pour les étudiants, le GHB constitue la drogue la plus souvent associée au viol, même si l’alcool est également identifié. On observe aussi que ceux qui rapportent le plus fréquemment avoir eu une période d’oubli à cause d’une consommation d’alcool ou de drogue adhèrent davantage à de fausses croyances reliées au viol que les autres. Il serait souhaitable d’explorer davantage les liens entre la consommation de substances et l’agression sexuelle en vue d’établir un lien de causalité entre les deux. De même, compte tenu des statistiques disponibles, il serait important d’intégrer de l’information concernant la consommation de substances dans les programmes de prévention des agressions sexuelles.


2005 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 20-37 ◽  
Author(s):  
Michel Landry ◽  
Joël Tremblay ◽  
Louise Guyon ◽  
Jacques Bergeron ◽  
Natacha Brunelle

Résumé La Grille de dépistage de la consommation problématique d’alcool et de drogues chez les adolescents (DEP-ADO) a été créée pour répondre aux besoins des milieux de pratique québécois. Cet article rapporte les résultats de deux études portant sur les qualités psychométriques de la DEP-ADO. Une première étude a révélé que l’outil était pertinent et possédait une très bonne validité d’apparence, tant auprès des intervenants que des jeunes. Une seconde étude a été menée auprès de 673 élèves de 14 à 17 ans provenant de trois écoles secondaires du Québec et de 64 jeunes inscrits dans des centres de réadaptation en toxicomanie pour évaluer la structure factorielle, la fidélité et la validité de l’outil. Les résultats indiquent que les qualités psychométriques de la DEP-ADO sont nettement satisfaisantes et se comparent avantageusement à celles constatées auprès des autres outils de repérage de la consommation abusive de substances psychoactives chez les adolescents (validité de construit, cohérence interne, fidélité test-retest et inter modes de passation, validité critériée concomitante). Fait intéressant, les analyses factorielles ont permis d’identifier, en plus d’un facteur global, trois facteurs dont le sens clinique est bien identifiable (consommation d’alcool et de cannabis, consommation d’autres drogues, conséquences de la consommation de substances psychoactives). Tout en confirmant de façon globale la validité et la fidélité de la version originale, l’étude a également permis d’y apporter des améliorations et d’ouvrir des perspectives nouvelles sur l’utilisation qui peut en être faite.



Author(s):  
Claudia Sikorski ◽  
Scott Leatherdale ◽  
Martin Cooke

Introduction Le suivi de la consommation de substances chez les jeunes est essentiel pour en quantifier les méfaits et pour repérer les populations à risque élevé. Le contexte canadien, étant données les injustices historiques et structurelles qu’il implique, rend particulièrement importante l’observation de risques accrus chez les jeunes autochtones. Cette étude offre une actualisation des taux nationaux de prévalence de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis chez les élèves autochtones et non autochtones. Méthodologie Nous avons examiné, au moyen d’une régression logistique, les différences dans la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis chez 1 700 jeunes autochtones et 22 800 jeunes non autochtones de la 9e à la 12e année ayant participé à l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves de 2014-2015. Nous avons également examiné les différences selon le sexe. Nous avons comparé l’âge moyen de la première consommation d’alcool et de cannabis dans les deux populations au moyen d’une régression des moindres carrés ordinaires. Nous avons comparé les résultats aux données de 2008-2009. Résultats Bien que les taux de consommation de tabac, d’alcool et de cannabis soient en baisse par rapport à 2008-2009 au sein des deux populations, l’écart entre les deux n’a pratiquement pas diminué. En 2014-2015, les jeunes autochtones étaient davantage susceptibles que les jeunes non autochtones de fumer (rapport de cotes [RC] : 5,26; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 3,54 à 7,81) et d’avoir consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois (RC : 1,43; IC à 95 % : 1,16 à 1,76). Davantage de jeunes autochtones que de jeunes non autochtones avaient tenté d’arrêter de fumer. Les garçons non autochtones étaient moins susceptibles que les filles non autochtones d’avoir bu au moins un verre d’alcool au cours des 12 derniers mois. Les garçons autochtones étaient plus susceptibles d’avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois que les garçons non autochtones (RC : 1,84; IC à 95 % : 1,32 à 2,56), de même que les filles autochtones l’étaient plus que les filles non autochtones (RC : 2,87; IC à 95 % : 2,15 à 3,84). Les jeunes autochtones, en particulier les garçons, avaient commencé à consommer de l’alcool et du cannabis à un âge plus précoce. Conclusion Des politiques et programmes supplémentaires sont nécessaires pour mieux soutenir les jeunes autochtones dans leurs tentatives d’abandon du tabac et pour s’attaquer aux taux élevés de consommation d’alcool et de cannabis.



2015 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 49-65
Author(s):  
Didier Acier ◽  
Françoise Facy ◽  
Jean-Luc Pilet ◽  
Carmen Chaillou

Introduction. L’orientation temporelle est une donnée essentielle du psychisme humain, qui module notre façon de nous situer par rapport aux temps de la vie. Elle est la perception subjective, dans l’ici et maintenant, du positionnement psychique à l’égard du passé, du présent et du futur. Plusieurs jeunes rencontrés en consultation psychologique présentent une orientation confuse au temps, étant quelquefois englués dans des souvenirs ou dans une suite incessante d’activités sans temps d’arrêt. Le test d’orientation temporelle (TOT) vise à mesurer ce rapport au temps de la vie, à partir de quatre dimensions : 1) le court terme ; 2) l’anticipation ; 3) l’immédiateté ; 4) le long terme.Objectifs. Cette étude présente les liens entre différentes dimensions de l’orientation temporelle et la consommation de substances psychoactives (tabac, alcool et cannabis). Elle présente aussi une façon d’utiliser le test d’orientation temporelle dans le travail auprès d’adolescents et de jeunes adultes en situation à risque.Méthodes. L’échantillon est constitué de 507 jeunes âgés de 15 à 26 ans résidents de la région nantaise et issus de plusieurs établissements d’enseignement. Les outils utilisés sont le test d’orientation temporelle et des mesures de consommation de substances.Résultats. Les résultats montrent des corrélations significatives entre la consommation et plusieurs dimensions de l’orientation temporelle. Ainsi, les orientations centrées sur l’immédiateté et le court terme sont des prédicteurs de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis.Conclusion. Cette étude avance que l’orientation temporelle est un construit psychologique utile pour travailler avec des jeunes à risques.



Author(s):  
Adam Sherk

Cet aperçu offre une comparaison entre les recettes publiques provenant de la vente et de la distribution d’alcool et les coûts pour la société associés à la consommation d’alcool, et ce, pour l’année 2014. Les données de Statistique Canada font état de recettes publiques de 10,9 milliards de dollars. Toutefois, ce montant est contrebalancé par des coûts nets pour la société de 14,6 milliards de dollars, comme le rapporte le projet Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada, un projet de surveillance nationale de la consommation de substances. Les coûts pour la société sont constitués des soins de santé, de la perte de productivité économique, de la justice pénale et de divers autres coûts directs. Bien que les recettes de vente d’alcool soient considérées comme un avantage pour les coffres de l’État, une comptabilisation tenant compte des coûts engagés montre que les provinces et les territoires du Canada subissent plutôt un déficit associé à l’alcool, pour un total de 3,7 milliards de dollars à l’échelle nationale.



Author(s):  
Mélanie Varin ◽  
Elia Palladino ◽  
Kate Hill MacaEachern ◽  
Lisa Belzak ◽  
Melissa M. Baker

Introduction La publication de données sur la consommation d’alcool chez les Canadiennes en âge de procréer comble une lacune importante en matière de données probantes. Méthodologie Nous avons analysé, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2019, les taux de consommation hebdomadaire et de consommation excessive d’alcool chez les femmes de 15 à 54 ans en fonction de caractéristiques sociodémographiques, de la province de résidence et de la consommation simultanée d’autres substances. Résultats Parmi la population cible, 30,5 % des femmes interrogées ont fait état d’une consommation hebdomadaire d’alcool et 18,3 % d’une consommation excessive d’alcool au cours des 12 derniers mois. Les proportions variaient en fonction des caractéristiques sociodémographiques, de la province et de la consommation de substances. Les différences les plus notables et les plus significatives étaient liées à la consommation de cannabis et au tabagisme. Conclusion Ces renseignements peuvent aider les prestataires de soins de santé à évaluer la consommation d’alcool et à promouvoir une consommation d’alcool à faible risque afin de prévenir l’exposition à l’alcool durant la grossesse.



2009 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 161-189
Author(s):  
Nicole Perreault ◽  
Huguette Bégin ◽  
Danielle Bédard ◽  
Isabelle Denoncourt

RésuméLa littérature établit un lien entre la consommation de drogues et d’alcool et les agressions sexuelles. À cet effet, l’alcool constitue la substance la plus utilisée lors d’une agression sexuelle. Cependant, la perception des jeunes reste associée au GHB lorsqu’on aborde la thématique des drogues du viol. L’étude vise à examiner les effets d’une intervention préventive quant au changement dans les connaissances d’étudiants de niveau collégial face aux substances pouvant faciliter une agression. En tout, 623 étudiants ont participé à l’intervention et ont répondu à des questionnaires de prétest et de post-test, tandis que 247 étudiants composaient le groupe contrôle. Les résultats indiquent un effet positif de l’intervention en post-test, de sorte que les participants ciblent davantage l’alcool comme étant la première substance reliée aux agressions sexuelles. De plus, ils reconnaissent davantage le rôle de la consommation en tant que facteur de risque à une agression. Par ailleurs, les résultats indiquent également que l’alcool seul ne fait pas l’unanimité en tant que substance la plus utilisée pour faciliter une agression. Les participants tendent à mentionner d’autres substances telles que certains médicaments mélangés avec l’alcool. Les résultats suscitent la réflexion quant à l’utilité d’aborder plusieurs substances qui pourraient, au dire des jeunes, être utilisées dans un contexte d’agression sexuelle. Il semble que l’intervention aurait plutôt intérêt à détailler le rôle de l’alcool et le contexte de son utilisation dans la création d’une dynamique d’agression. De plus, l’information devrait porter sur la relation sexuelle sans consentement ou forcée pour correspondre à la réalité des jeunes auprès desquels l’intervention a lieu. Les nuances pourraient alors être mises en évidence pour aborder le niveau de consommation d’alcool en fonction de la quantité ingérée, le sexe du consommateur et les contextes de consommation.



2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 65-83
Author(s):  
Véronique Dansereau ◽  
Nancy Beauregard ◽  
Alain Marchand ◽  
Pierre Durand

But Cette étude s’intéresse à la comorbidité en santé mentale au travail. Précisément, des liens concomitants entre l’épuisement professionnel (cynisme, épuisement émotionnel, inefficacité professionnelle) et la consommation de substances psychoactives (consommation d’alcool épisodique excessive, consommation hebdomadaire à risque d’alcool, consommation de médicaments psychotropes) sont examinés. Méthodes L’étude s’appuie sur des données transversales provenant de l’enquête SALVEO composée de 1966 travailleurs de la province du Québec, Canada. Des analyses en classes latentes ont été utilisées afin de dégager des profils types correspondant à des formes distinctes de comorbidité de santé mentale au travail. Des régressions multinomiales logistiques ont été effectuées sur les profils types en considérant des covariables issues de l’environnement de travail et hors travail, ainsi que des caractéristiques individuelles des travailleurs. Résultats Quatre profils types ont été identifiés : 1– « Épuisement professionnel sévère et consommation de médicaments psychotropes » ; 2– « Consommation d’alcool à risque et cynisme » ; 3– « Épuisement émotionnel et inefficacité professionnelle » ; et 4– « État relativement sain ». Comparativement à tous les profils types observés, celui associé au profil type « Épuisement professionnel sévère et consommation de médicaments psychotropes » présente le plus grand nombre de facteurs de risque cumulés (environnementaux, individuels). Conclusion La comorbidité en santé mentale au travail existe dans les milieux de travail québécois. La sévérité des différentes formes de comorbidité identifiées tend à refléter un effet cumulé de caractéristiques néfastes de l’environnement de travail et hors travail ainsi que des caractéristiques individuelles des travailleurs.







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