scholarly journals Caricature textuelle et visuelle française du XIXe siècle. Enjeux sémiologiques d’une analyse icono-textuelle

2020 ◽  
pp. 145-158
Author(s):  
Cécile Guinand

Cet article considère la caricature en tant que dispositif icono-verbal qui mobilise des codes culturels partagés. Il montre qu’au XIXe siècle, la caricature visuelle (ici Daumier et Gavarni) comme la caricature textuelle (ici Balzac, Baudelaire, Stendhal, Musset, Flaubert, Huysmans) sont pensées sur le modèle de la scène théâtrale qui joue des riches possibilités offertes par la combinatoire du texte et de l ’imageau cœur des mécanismes comiques. En effet, invalidant le constat d ’un primat de l’image sur le texte (position de Charles Baudelaire) ou inversement du texte sur l’image (position de Roland Barthes), cet article rappelle que le visuel et le textuel assument des rôles fluides et qu’ils se complètent. À ce titre, la consonance ou dissonance entre l ’image et son titre/sa légende sont deux types de rapports qui concourent à la naissance du rire comme à la richessesémantique de la caricature. Cette vision d’un rire procédant avant tout de mécanismes formels pourrait tendre à faire croire que l'évaluation des systèmes de valeur mobilisés est superflue. L ’important serait de comprendre et d'analyser, pas de juger. Contre une telle prétention, cet article soutient la nécessité d’ajouter à l ’analyse formelle d'une œuvre dans son contexte historique un positionnement éthique face à ses implications idéologiques explicites et implicites.


1983 ◽  
Vol 38 (4) ◽  
pp. 911-919 ◽  
Author(s):  
Michelle Perrot

Deux expositions sont venues, cet hiver, consacrer le fait divers comme catégorie d'existence et d'histoire. L'une, organisée à la SEITA, par Jean-Pierre Seguin, inventeur du genre, était circonscrite aux Canards illustrés du XIXe siècle, dont elle développait la thématique par de très nombreux exemples. L'autre, plus ambitieuse, celle du musée des Arts et Traditions populaires, dont le catalogue a été rédigé notamment par Alain Monestier, entendait dégager les caractères structuraux de ce que Roland Barthes appelait les « inclassables de l'information »”, en mettant l'accent moins sur leur contenu que sur leurs invariants narratifs.Cette présentation a l'avantage de faire apparaître, d'un matériau à première vue hétéroclite, des lignes dé force qui suggèrent la permanence d'un imaginaire collectif. Elle a l'inconvénient d'amalgamer les détails signifiants dans le magma d'une immobilité présupposée au départ. Or ce qui intéresse l'historien, c'est moins le constat de l'évidence des peurs sociales, que leurs modulations dans le temps et les changements de leurs modes d'expressiorj.



Author(s):  
Julien Zanetta

Avant qu’il ne qualifi e un tour de phrase banal, une idée éculée ou préfabriquée,le poncif tire son origine des arts visuels. Il s’agit, techniquement, d’unmoyen de transfert. Cet article se propose de revenir aux origines proprementvisuelles du poncif et de voir comment, au xixe siècle, la critique d’art en a faitusage. À partir de la défi nition du Salon de 1846 de Charles Baudelaire, on observeracomment cette exaspération à l’égard du trop connu a été mise en oeuvre parle critique d’art, contemporain et ami de Baudelaire, Théophile Silvestre, et lesfrères Goncourt, dans Manette Salomon.



Author(s):  
Anita Staroń

Le XIXe siècle voit apparaître une nouvelle vision de l’artiste. Face à une société bourgeoise et matérialiste, il s’érige en chantre d’un art hautain et désintéressé. Un tel écart entre l’artiste et le public doit produire des tensions et fait naître, des deux côtés, le sentiment d’incompréhension qui souvent dégénère en mépris. Charles Baudelaire contribue beaucoup à cette conception de l’art, où la notion de mépris revient souvent : le mépris envers le public bourgeois, l’artiste embourgeoisé, le critique d’art borné – mais aussi, le mépris du profanum uulgus dirigé contre l’artiste. Trois décennies plus tard, Octave Mirbeau fait appel à cette même notion pour construire son modèle des relations entre artiste et public, modèle bien proche de celui de Baudelaire. Notre objectif est donc double : analyser le concept du mépris chez les deux artistes, et relever les nombreuses affinités qui existent au niveau thématique, stylistique et rhétorique dans leurs écrits sur l’art.







1982 ◽  
Vol 3 (2) ◽  
pp. 199-201
Author(s):  
Elaine F. Nardocchio
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