scholarly journals Mouvement citoyen international et développement social

2005 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 126-143
Author(s):  
Louis Favreau

La mondialisation de la dernière décennie et donc l’interdépendance accrue entre les nations de la planète tout entière font de la période actuelle une période de profondes mutations qui représentent des menaces, mais aussi des opportunités. Malgré la déroute des projets de grande envergure (socialiste et tiers-mondiste) et même si la mondialisation néolibérale représente indiscutablement une tendance forte et durable, le rapport des forces en présence n’est pas à sens unique pour autant. La conjoncture internationale est en effet incertaine et instable. Les mouvements sociaux peuvent tirer parti d’une situation moins polarisée et cristallisée qu’à l’époque de la guerre froide. Comme en témoignent la mobilisation des organisations non gouvernementales internationales (ONGI) lors des nombreux sommets et conférences organisés par l’ONU (Rio, Beijing, Copenhague…) ou la forte participation lors des forums sociaux mondiaux, la société civile se fait à nouveau entendre aujourd’hui sur la scène mondiale. Cet article cherche à dégager les lignes de force de cette nouvelle situation dans laquelle des mouvements sociaux ont aujourd’hui une part active après avoir été longtemps sur la défensive.


2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 103-118 ◽  
Author(s):  
Manon Boulianne

Résumé Dans les pays du Sud, depuis le début des années 1970, l'agriculture urbaine fait l'objet d'un nombre croissant d'interventions de la part d'agences publiques et d'organismes non gouvernementaux (ONG). Ces interventions s'inscrivent, en général, dans des projets de développement social pour des populations pauvres identifiées comme bénéficiaires. Certaines initiatives sont toutefois portées par des organisations populaires issues des mouvements sociaux urbains. Associées à une économie sociale, elles s'insèrent dans une dynamique de développement économique communautaire. C'est ce que nous avons observé à l'occasion d'une recherche réalisée auprès de différentes organisations mexicaines.



2007 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 134-148
Author(s):  
Marielle Tremblay ◽  
Claude Gilbert ◽  
Sylvie Khandjian

Les OBNL de personnes aidantes regroupent principalement des femmes dispensant des soins et du soutien dans la communauté à des proches dépendants. Ils contribuent au développement social de leurs collectivités. Dans le cadre d’une recherche menée auprès des groupes OBNL membres du Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ), deux aspects du développement social ont été observés. L’appartenance à ces OBNL apporte de nombreux bénéfices à caractère individuel, principalement grâce aux activités et services dispensés par les groupes ainsi qu’à l’intégration assurée par la participation des membres à la vie même du groupe et l’accès à ses activités et services. Ces OBNL jouent aussi un rôle au plan collectif, par une intégration à des réseaux de la société civile.



2005 ◽  
Vol 38 (4) ◽  
pp. 1101-1104
Author(s):  
Jean-Sébastien Langelier

Altermondialisation, économie et coopération internationale, Louis Favreau, Gérald Larose et Abdou Salam Fall (sous la direction de), Sainte Foy : Presses de l'Université du Québec, 2004, 384 p.Six ans se sont écoulés depuis les manifestations de Seattle. Le mouvement altermondialiste, à l'origine uni par le refus d'une mondialisation néolibérale, en est maintenant à une étape cruciale de son développement, car il doit désormais proposer plus concrètement des mesures et des projets permettant de réaliser une mondialisation plus équitable, plus juste et plus démocratique. L'ouvrage Altermondialisation, économie et coopération internationale est issu d'une conférence intitulée Le Sud … et le Nord dans la mondialisation : quelles alternatives? Tenue à Gatineau en septembre 2003, elle a réuni des chercheurs et des acteurs d'organisations de la société civile, de groupes et associations communautaires, ainsi que des représentants des milieux syndicaux et de groupes de femmes qui sont impliqués dans des projets de coopération internationale. L'ouvrage répertorie un ensemble d'initiatives et d'innovations relevant de la solidarité socioéconomique Nord-Sud qui s'inscrivent dans un mouvement visant à offrir un “ nouveau ” modèle de développement. On peut distinguer deux catégories de contributions au volume; celles qui relatent des pratiques et expériences issues d'organisations de coopération internationale (OCI) et celles, plus analytiques, qui présentent, dans leur contexte, l'évolution des mouvements sociaux et politiques ou qui offrent une réflexion sur les débats et les défis auxquels ces mouvements sont confrontés.



2005 ◽  
Vol 23 (2-3) ◽  
pp. 11-43 ◽  
Author(s):  
Marie-Josée Massicotte

Résumé Cet article analyse l’Alliance sociale continentale (ASC) et son opposition au projet de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). L’ASC est un « réseau transnational d’action » qui regroupe des leaders sociaux représentant des ONG et des mouvements populaires locaux, nationaux, régionaux et sectoriels, issus de tout le continent. Ce réseau d’acteurs de la société civile conteste les accords de commerce et d’investissement qui permettent de consolider les politiques néolibérales. Utilisant un cadre théorique qui s’inspire de l’approche néo-gramscienne et des études culturelles, cet article examine en particulier le discours, les stratégies d’action et les pratiques démocratiques mises de l’avant par l’ASC. L’analyse d’un cas spécifique de construction d’un réseau transnational entre des forces d’émancipation au sein des Amériques cherche à démontrer l’importance politique de tels réseaux en tant que lieux de production et d’échange de connaissances, qui prennent racine dans une diversité de pratiques et de cultures des mouvements sociaux. Ces forces d’émancipation créent de nouveaux espaces au sein desquels les citoyens peuvent faire l’expérience de la démocratie participative et de ses nombreuses difficultés. Ce faisant, cette analyse remet en question l’idée de plus en plus répandue selon laquelle il y aurait consolidation d’une société civile mondiale et progressiste, unifiée autour d’un projet politique commun qui puisse remplacer le capitalisme néolibéral.



2014 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 27-43
Author(s):  
David-Antoine Malinas

Depuis la crise des années 1990, une des transformations les plus importantes du Japon concerne le rôle de la société civile. Si de nombreuses études ont été réalisées pour analyser et réfléchir à la montée du bénévolat, peu de recherches ont analysé la dimension proprement politique de ce renouveau. Plus exactement, les travaux qui traitent de la dynamique des mouvements sociaux au Japon insistent surtout sur son déclin continu. Comment rendre compte alors du mouvement des sans-abri des années 1990, du très médiatique « haken mura(village des intérimaires) » de 2008, ou plus récemment encore d’actions de protestations localisées, mais intégrées au mouvement international des « indignés » ?Le recours à l’analyse spatiale permet de mettre en évidence que, même en période de faible activisme, certains sites peuvent être particulièrement politisés et assurer le maintien et le renouvellement de l’engagement. La mobilisation autour de la question de la pauvreté, si elle semble débuter au début des années 1990, possède ainsi toute une histoire, celle d’une fraction de la nouvelle gauche jusqu’alors oubliée.



2006 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 201-205
Author(s):  
Marie-Joie Brady

Petites sociétés et minorités nationales. Enjeux politiques et perspectives comparées., Jacques L. Boucher et Joseph Yvon Thériault (dir.), Sainte-Foy : Presses de l'Université du Québec, 2005, 398 p.La diversité culturelle qui meuble et module les sociétés du monde s'exprime par plusieurs moyens, tels la politique de l'identité, la mobilisation de mouvements sociaux, l'élaboration des politiques publiques qui la gèrent ou le développement d'un discours des droits auquel les politiciens et les tribunaux font écho. Elle fait l'objet d'une attention soutenue dans le contexte des petites sociétés et des minorités nationales, qui sont constamment confrontées à leur condition minoritaire ou précaire de par leur position géopolitique ou de par leur diversité interne en conséquence de mouvements migratoires, de conquêtes, de colonisations ou de partitions. La mondialisation complique encore les choses, en provoquant une transformation des rapports de pouvoir, un repositionnement territorial de ceux-ci et une transformation du rôle de l'État et de la société. Tel est le contexte de la discussion proposée dans le recueil de Jacques L. Boucher et Joseph Yvon Thériault, intitulé Petites sociétés et minorités nationales. Enjeux politiques et perspectives comparées. Le volume rassemble une série de textes, eux-mêmes présentés lors d'un congrès tenu à Ottawa et Gatineau, à l'été 2002, tel qu'on nous le rappelle dans les détails bibliographiques. Démontrant une multidisciplinarité utile à la compréhension des nombreux enjeux propres aux petites sociétés, le volume propose une discussion de ces enjeux à partir de la situation du Québec et des communautés minoritaires ailleurs au Canada, ainsi que de celle de sociétés d'Europe et d'Asie. La mondialisation représente la trame de fond principale des débats, car elle transforme les capacités des petites sociétés, les forums vers lesquels elles se tournent pour faire entendre leurs revendications et la nature même de ces revendications. De plus, la mondialisation entraîne une restructuration de leur société civile et par conséquent l'apparition de nouveaux lieux et formes de conflits.



Théologiques ◽  
2017 ◽  
Vol 23 (2) ◽  
pp. 229-252
Author(s):  
Pamela Chrabieh

Bien que les pratiques de réconciliation connaissent une longue histoire au Liban, celles-ci se diversifient à partir des années 1990. Elles constituent un important objet d’étude pour de nombreux académiciens et académiciennes ainsi que chercheurs et chercheuses ; elles sont devenues la cause commune d’une pléthore d’organismes non-gouvernementaux, d’associations civiles, de mouvements sociaux et d’artistes. Le thème de la réconciliation des Libanais et Libanaises sert aussi de cadre pour le discours politique. Cet article présente un état des lieux de ces pratiques en traitant premièrement de la relation de la réconciliation au dialogue interreligieux puis de la relation de la réconciliation à la mémoire nationale. Il présente par la suite certains exemples au sein de la société civile et identifie en conclusion quelques pistes de réflexion.



2012 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 45-66
Author(s):  
Isaías Barreñada Bajo

The popular demonstrations triggered by the so-called Arab Spring can be explained by a combination of the multiple reasons of political, social, cultural, and economic orders. But previous mobilizations become relevant as a precedent to the Arab Spring protests given their scope; in several countries in recent years, an unusual intensification of the protest was experienced. The massive character of the protests would not have been possible without the intervention of certain experienced actors that served as catalysts and facilitators of these dynamics. Regardless of their achievements and singularities, the 2011 demonstrations have to be regarded as part of a protest continuum, being the inheritors of previous resistance, and protest movements, as well as of preceding organizational experiences and constituting a turning point in collective action. This continuum goes on.Spanish Las movilizaciones populares que desencadenaron las llamadas “primaveras árabes“ se explican por la combinación de múltiples razones de orden político, social, cultural y económico. Pero las dimensiones adquiridas por las protestas ponen de relieve cómo éstas tenían antecedentes; en varios países en los últimos años se vivió una intensificacioacute;n inusitada de la contestación. El carácter masivo de las protestas no hubiera sido posible sin la intervención de determinados actores que contaban con experiencia y que lograron actuar como catalizadores y facilitadores de esta dinámica. Independientemente de sus logros y de sus singularidades nacionales, las manifestaciones del 2011 se inscribieron así en un continuum contestatario, siendo herederas de experiencias de resistencia, protesta y organización previas, y constituyeron un punto de inflexión en el proceso. Este continuum prosigue en las transiciones políticas en curso.French Les mobilisations populaires déclenchées par les dénommés “printemps arabes“ s'expliquent par la combinaison de multiples raisons d'ordre politique, social, culturel et économique. Mais les dimensions a eintes par les protestations me ent en relief leurs antécédents; dans plusieurs pays, durant ces dernières années, a eu lieu une intensification inusitée de la contestation. Le caractère massif des protestations n'aurait été a eint sans l'intervention de certains acteurs qui comptaient avec de l'expérience y qui purent jouer un rôle de catalyseurs et de facilitateurs de ce e dynamique. Indépendamment de leurs réussites et de leurs singularités nationales, les manifestations de 2011 se sont ainsi inscrites dans un continuum contestataire, étant héritières d'expériences de résistance, de protestation et d'organisations antérieures, et elles constituèrent un moment d'inflexion dans le processus. Ce continuum se prolonge dans les transitions politiques en cour.



2011 ◽  
pp. 47-66 ◽  
Author(s):  
Jonathan Roberge

L’article retrace l’évolution de l’oeuvre théorique de Jeffrey C. Alexander depuis l’apparition du strong program dans la sociologie culturelle à la fin des années 1990 jusqu’à sa transformation en cultural pragmatics aujourd’hui. L’analyse propose d’abord de voir comment Alexander promeut l’autonomie du sens et de la culture; entre autres à travers le concept de texte et une certaine reprise des traditions sémantique et sémiotique en sociologie. À ce propos, l’influence de Durkheim est plusieurs fois soulignée. On cherche ensuite à montrer comment le tournant performatif renforce le programme fort en venant le redoubler d’une nouvelle théorie de l’action. Les sociétés contemporaines sont ritual-like selon Alexander, elles ne sont plus exactement fusionnelles sans pour autant être insignifiantes ou complètement rationalisées. Dans un tel contexte, les acteurs sociaux n’ont d’autre choix que de chercher à reconnecter les éléments de leurs performances : auditoire, fond culturel, mise en scène, moyen symbolique, etc. Enfin, l’article se tourne vers quelques exemples plus concrets illustrant cette logique; les performances des mouvements sociaux à l’intérieur d’une société civile binaire, d’une part, la question des traumatismes culturels, de l’autre. Ces études tendent à démontrer que le modèle théorique de Jeffrey C. Alexander allie le culturel et le politique sans pour autant être exactement capable de franchir le seuil d’une théorie critique.



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