scholarly journals Sous-spécification, accord et pronoms en arabe

2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 117-143 ◽  
Author(s):  
Abdelkader Fassi Fehri

Résumé Dans cet article, nous proposons un traitement unifié des différents usages des formes pronominales arabes de troisième personne (qu’il s’agisse de pronoms personnels, de copules ou d’explétifs). Nous montrons que cet objectif ne peut être atteint qu’en recourant à une (sous)spécification lexicale ou syntaxique appropriée. En second lieu, nous examinons la variation des formes explétives dans les langues, ainsi que celle des formes d’accord compatibles avec celles-ci. Nous montrons que dans les cas simples, les deux classes de formes sont liées, la liste des formes explétives étant dérivable de celle des formes pronominales de troisième personne qui peuvent être légitimées dans le contexte des formes d’AGR. En outre, un paramètre argunemtal est proposé pour AGR, selon lequel certaines langues autorisent uniquement un NP argumental dans Spec AGR. Par contre, d’autres langues autorisent également des NP non-argumentaux, mais elles requièrent que les traits phi (spécifiés) soient légitimés par des NP argumentaux (qui sont membres de chaînes explétives).


2018 ◽  
Vol 46 ◽  
pp. 08006
Author(s):  
Marine Wauquier ◽  
Cécile Fabre ◽  
et Nabil Hathout

Dans ce travail, nous examinons sur le plan distributionnel le sens de dérivés morphologiques, et plus précisément des noms d’agent déverbaux en-eur,-euse et-rice, et des noms d’action dé verbaux en-age, - ion et-ment. Nous utilisons une approche distributionnelle automatisée et un lexique dérivationnel. Nous proposons une représentation de l’information distributionnelle permettant d’examiner le sens prototypique des dérivés et l’instruction sé mantique prototypique des suffixes. Nous montrons notamment que la différence entre les suffixes-eur,-euse et-rice ne relève pas seulement du genre et que les dérivés en-age,-ion et-ment présentent des profils spécifiques sur le plan distributionnel.



2002 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 11-26 ◽  
Author(s):  
Jaegwon Kim

RÉSUMÉ Une des doctrines centrales de l’émergentisme est la thèse selon laquelle certaines propriétés d’un tout sont émergentes, en ce sens qu’elles sont irréductibles aux propriétés de base dont elles émergent — c’est-à-dire qu’elles ne peuvent ni être prédites, ni être expliquées à partir de leurs conditions sousjacentes. Pour comprendre et évaluer cette thèse correctement, il est essentiel que nous disposions d’un concept adéquat de réduction. Nous examinons d’abord le modèle classique de la réduction interthéorique de Nagel, et nous soutenons qu’il ne nous fournit pas une base adéquate pour comprendre la thèse émergentiste. Nous proposons ensuite un autre modèle de réduction, celui de la « réduction fonctionnelle », et nous montrons qu’il constitue une base adéquate permettant d’évaluer la thèse émergentiste. Nous concluons avec une brève discussion de la question de savoir si les propriétés phénoménales d’expériences conscientes, ou qualia , sont émergentes.



Author(s):  
Jean-Pierre Tabin ◽  
Frédérique Leresche

Dans cet article, nous partons d’un angle mort de la théorie de la construction des problèmes sociaux, celui de la résistance des publics à la définition institutionnalisée des problèmes et de leurs solutions. Nous montrons d’abord que la positivité des droits sociaux pour leurs publics potentiels a un caractère hégémonique. Puis nous examinons les recherches existantes sur le non-recours aux droits sociaux pour indiquer qu’il n’est pas toujours, ou pas seulement dû à des dysfonctionnements administratifs, à un manque d’habileté sociale ou à des processus de stigmatisation sociale, il peut être une réaction au pouvoir de l’État. Ce type de non-recours repose sur une critique que nous qualifions de « furtive » en raison du caractère hégémonique de la positivité des droits sociaux. Comme piste pour l’étudier, nous proposons de mobiliser des outils inspirés des perspectives anthropologiques subalterne, postcoloniale et décoloniale.



2014 ◽  
Vol 38 (2) ◽  
pp. 229-246 ◽  
Author(s):  
Montserrat Ventura i Oller ◽  
Alexandre Surrallés ◽  
Maite Ojeda Mata ◽  
Josep Lluis Mateo Dieste ◽  
Mònica Martínez Mauri ◽  
...  

Dans cet article, nous montrons que si les populations humaines se sont toujours déplacées et mélangées, les transgressions des frontières socioculturelles n’ont pas nécessairement engendré de nouvelles catégories relevant du mélange. Nous expliquons comment l’apparition (ou non) de ces dernières est liée aux structures sociopolitiques, aux ontologies, aux conceptions de la parenté et de la procréation propres aux différents groupes humains, en partant du processus historico-politique qui a donné origine à la catégorie hispano-américaine du mestizo. Outre l’étude de la société hispano-américaine coloniale, nous examinons les cas de la République d’Argentine, de trois sociétés indiennes d’Amérique latine (Kuna, Tsachila et Candoshi), du nationalisme catalan vis-à-vis des migrants internes espagnols, de la société Chamorra des Îles Mariannes, des habitants des oasis du sud du Maroc et de la société de castes du Nord de l’Inde. Notre objectif est d’identifier dans quelles circonstances les catégories « mixtes » sont politiquement inacceptables ou logiquement inconcevables. Ce faisant, le texte révèle aussi que, si la catégorie de métis n’est pas naturelle, sa naturalisation n’est pas non plus universelle.



2007 ◽  
Vol 81 (4) ◽  
pp. 693-724
Author(s):  
Raymond Théoret ◽  
Pierre Rostan

RésuméDans cet article, nous proposons une nouvelle technique de réduction de la variance d’une simulation : les bandes de Bollinger. Nous montrons comment le recours aux bandes de Bollinger, une procédure utilisée en analyse technique, peut accroître considérablement la performance d’une simulation de Monte-Carlo en termes de réduction de la variance des simulations. La technique des bandes de Bollinger sert à filtrer les variations extrêmes qui s’observent dans une simulation. Nous appliquons cette technique à la simulation des prix de 38 options sur obligations (OBK) transigées à la Bourse de Montréal, ce en tirant profit du modèle de Fong et Vasicek pour simuler les prix des options. L’erreur quadratique moyenne des simulations se voit réduite considérablement à la suite de l’utilisation des bandes de Bollinger. Le modèle de Fong et Vasicek renforcé par les bandes de Bollinger se compare également très favorablement à celui de Black, Derman et Toy, soit le modèle encore le plus utilisé dans la pratique financière pour évaluer les options sur taux d’intérêt et sur obligations.



1989 ◽  
Vol 16 (3) ◽  
pp. 257-310 ◽  
Author(s):  
Brigitte Lépinette
Keyword(s):  

Résumé Après avoir envisagé rapidement la postérité lexicographique du Tesoro (1611) de Sebastián de Covarrubias en Espagne, nous étudions la réception de cet ouvrage surtout en France. Nous examinons d’abord en tenant compte d’un ensemble d’études antérieures, quels aspects du Tesoro ont été mis à profit par les lexicographes bilingues: C. Oudin (1616) et L. Franciosini (1620). Nous montrons que Richelet et Furetière ont parfois utilisé le Tesoro pour élaborer leur dictionnaires respectifs, ensuite que les étymologies trouvées par Ménage (1650) dans le Tesoro n’ont pas souvent paru à cet étymologiste dignes de crédit. Dans la seconde partie de cet article, nous énumérons les sources linguistiques de Covarrubias. Nous montrons d’abord quels ont été les ouvrages modernes sur lesquels il s’est appuyé pour les renseignements concernant l’hébreu, le grec, le français, l’italien, l’allemand et le flamand, qu’il fait figurer dans son Tesoro. Nous énumé-rons d’autre part les sources modernes proprement éymologiques aussi bien françaises qu’espagnoles qui figurent dans les articles du dictionnaire de Covarrubias. La considération du choix de ces sources et de leur mode d’utilisation permet d’effectuer une évaluation de la culture de Covarrubias que nous jugeons sinonencyclopédique du moins étendue et des méthodes de travail qui apparaissent comme peu systématisées.



2018 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 91-116
Author(s):  
Florence Bétrisey

Dans cet article, nous proposons d’analyser la démarche de recherche et le comportement des sujets-chercheurs au prisme de la notion de reconnaissance. Nous questionnons notre propre démarche et notre propre comportement de sujet-chercheuse dans le cadre de notre recherche doctorale en Bolivie. Plus particulièrement, nous analysons deux dimensions clés de la recherche en sciences sociales : la performance du travail de terrain et l’espace académique (eurocentriste) dans lequel s’inscrit le chercheur. L’analyse du travail de terrain (compris comme une performance sociale) au prisme de la notion de reconnaissance nous permet d’abord d’éclairer les tensions entre conformisme stratégique du chercheur et reproduction de normes sociales locales. Dans un deuxième temps, nous mettons en évidence le désir du chercheur d’obtenir une reconnaissance académique et la façon dont ce désir l’enjoint à reproduire la grammaire dominante de reconnaissance académique. Nous éclairons notamment le fait que ce désir d’obtention d’une reconnaissance, sociale ou académique est étroitement lié aux relations de pouvoir qui structurent l’espace académique (lequel n’est, au demeurant, pas considéré comme un espace neutre). Enfin, nous montrons que, si la promesse de reconnaissance rend la contestation des normes de reconnaissance difficile, elle n’empêche pas leur contournement, par exemple par l’adhésion à des récits alternatifs de la qualité de la recherche (« slow science »). Ces derniers peuvent en effet agir comme des canaux alternatifs de reconnaissance, producteurs de nouveaux récits et nouvelles grammaires de reconnaissance. Or ces mécanismes de conformisme, résistance ou contournement des normes de reconnaissance, autant en ce qui concerne la performance de terrain que l’espace académique, se déroulent souvent dans le domaine de l’inconscient et du non cognitif.



2005 ◽  
Vol 80 (2-3) ◽  
pp. 501-522 ◽  
Author(s):  
Jean-Marie Dufour ◽  
Abdeljelil Farhat ◽  
Lynda Khalaf

RésuméCet article illustre l’applicabilité des méthodes de rééchantillonnage dans le cadre des tests multiples (simultanés), pour divers problèmes économétriques. Les hypothèses simultanées sont une conséquence habituelle de la théorie économique, de sorte que le contrôle de la probabilité de rejet de combinaisons de tests est un problème que l’on rencontre fréquemment dans divers contextes économétriques et statistiques. À ce sujet, on sait que le fait d’ignorer le caractère conjoint des hypothèses multiples peut faire en sorte que le niveau de la procédure globale dépasse considérablement le niveau désiré. Alors que la plupart des méthodes d’inférence multiple sont conservatrices en présence de statistiques non indépendantes, les tests que nous proposons visent à contrôler exactement le niveau de signification. Pour ce faire, nous considérons des critères de test combinés proposés initialement pour des statistiques indépendantes. En appliquant la méthode des tests de Monte-Carlo, nous montrons comment ces méthodes de combinaison de tests peuvent s’appliquer à de tels cas, sans recours à des approximations asymptotiques. Après avoir passé en revue les résultats antérieurs sur ce sujet, nous montrons comment une telle méthodologie peut être utilisée pour construire des tests de normalité basés sur plusieurs moments pour les erreurs de modèles de régression linéaires. Pour ce problème, nous proposons une généralisation valide à distance finie du test asymptotique proposé par Kiefer et Salmon (1983) ainsi que des tests combinés suivant les méthodes de Tippett et de Pearson-Fisher. Nous observons empiriquement que les procédures de test corrigées par la méthode des tests de Monte-Carlo ne souffrent pas du problème de biais (ou sous-rejet) souvent rapporté dans cette littérature – notamment contre les loisplatikurtiques– et permettent des gains sensibles de puissance par rapport aux méthodes combinées usuelles.



2014 ◽  
pp. 140-162
Author(s):  
Marion Colas-Blaise
Keyword(s):  

Il s’agit, dans cet article, de réinterroger l’opposition chère à Barthes entre la fonction d’ancrage et la fonction de relais du texte verbal dans un ensemble multimédial et plurisémiotique. Nous nous proposons ainsi, dans un premier temps, d’étudier les contraintes que le genre du monument aux morts fait peser sur l’entrejeu des inscriptions verbales sur le socle du monument luxembourgeoisGëlle Fra(« femme en or ») (fonction de relais) et de la sculpture allégorique qui l’orne à son sommet. Dans un deuxième temps, nous visons à montrer comment les fonctions de relais et d’ancrage du verbal, à condition d’être réaménagées, permettent de rendre compte de la multiplicité des significations de l’installation artistiqueLady Rosa of Luxembourgde Sanja Iveković qui, sur le mode de la subversion, réénonce le monument aux morts dans un lieu public. Dans un troisième temps, il importe de s’interroger sur le rôle joué par les documents verbo-visuels qui, au moment de la mise en exposition de l’installation au musée, témoignent de la réception de celle-ci par le public. Établissant un parallèle entre la mise en exposition et l’« exécution » d’une oeuvre allographique, nous montrons que la fonction de relais, dûment repensée, permet de rendre compte du devenir (autre) de l’installation.



2017 ◽  
Vol 72 (1) ◽  
pp. 173-202 ◽  
Author(s):  
Alice Le Flanchec ◽  
Astrid Mullenbach-Servayre ◽  
Jacques Rojot

Cet article s’intéresse au lien entre la stratégie adoptée par l’entreprise et les pratiques de gestion des ressources humaines (GRH) mises en oeuvre, en portant plus spécifiquement son attention sur les entreprises qui ont des stratégies d’innovation. Par innovation, nous entendons, à l’instar de King et Anderson (2002 cités par Lapointe et al., 2003), une nouvelle pratique, une nouvelle procédure ou un nouveau processus introduit sur le plan local dans un milieu de travail afin d’améliorer les performances économiques et sociales des entreprises. Nous intégrons également la notion d’innovation sociale, au sens de Klein et Harrisson (2006), afin de mettre l’accent sur l’aspect fondamentalement multidimensionnel de ce concept. À la suite d’une recension de littérature rigoureuse, nous proposons un modèle de recherche articulé autour de cinq hypothèses majeures relatives au contrôle des salariés, à leur formation, leur rémunération, mais également au climat social et à la négociation sociale. Pour tester ce modèle, nous nous appuyons sur les données 2011 de l’enquête REPONSE (Relations Professionnelles et Négociation d’Entreprise) de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, ainsi que du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de France. À l’appui d’une étude empirique statistique (3 601 répondants « représentants de la direction »), nous montrons que les entreprises innovantes se distinguent nettement des autres en matière de GRH. Notamment, ces entreprises possèdent des systèmes de rémunération plus individualisés, elles fixent des objectifs plus généraux et effectuent moins de contrôle sur leurs salariés, favorisant donc la délégation dans le travail. Les entreprises innovantes investissent également davantage que les autres dans la formation et, enfin, elles mènent aussi plus de négociations avec les partenaires sociaux. Malgré de telles avancées, notre étude ne permet cependant pas de conclure à une quelconque relation entre stratégie et climat social.



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