L’échec d’un projet de gestion des connaissances : cas d’une entreprise de conseil1

2009 ◽  
Vol 13 (4) ◽  
pp. 91-101 ◽  
Author(s):  
Nizar Mansour ◽  
Chiha Gaha
Keyword(s):  

Résumé A partir de l’étude d’un projet de gestion des connaissances mis en place dans une entreprise de conseil, nous avons cherché à comprendre la démarche suivie et le dispositif technologique utilisé. Au regard des résultats obtenus, nous chercherons à comprendre les raisons de son échec. La première partie concerne l’étude du cas alors que la seconde revient aux discours théoriques spécialisés pour élucider les motifs de cet échec et pour rappeler les principaux préalables à réunir pour mettre en place une gestion des connaissances efficiente.


2005 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 9-22 ◽  
Author(s):  
Fernand Dumont

Dans une étude récente, Henri Lefebvre propose de distinguer la conscience, le psychisme et Y idéologie de classe. La spécificité de l'idéologie par rapport aux deux autres composantes apparaît aisément. D'une part, ses fabricateurs sont généralement extérieurs aux classes impliquées. D'autre part, l'idéologie se fonde avant tout sur le besoin de donner cohérence à des situations. D'où vient cette exigence de cohérence ? D'abord, sans doute, du souci de fournir une représentation quelconque des rapports de la conscience de classe et du psychisme de classe. Mais aussi de la nécessité de mettre en relations le système de classes et la société globale. Insistons sur cette dernière proposition : elle indique le cadre de l'analyse qui va suivre. On peut postuler qu'il est particulièrement important, pour la société globale, de ramener les classes à une quelconque systématisation fonctionnelle, car leur existence est, pour elle, le défi le plus grand. Songeons, par exemple, à la nation. Se représenter la collectivité en termes ethniques ou en termes de classes : n'est-ce point une des questions, un des problèmes les plus décisifs qui tourmentent l'Occident depuis des siècles et qui ont gagné maintenant les pays en voie de développement ? Le conflit mérite d'autant plus de nous retenir que la distinction des trois éléments des classes que nous avons évoqués paraît être tout aussi valable et même nécessaire pour la société globale elle-même. Ici encore on pourrait parler de conscience, de psychisme et d'idéologie de la nation. De même, la fonction intégratrice des idéologies est primordiale. Car on ne saurait rendre compte de la cohésion qu'implique la nation en évoquant seulement un vague sentiment d'appartenance. Par ailleurs, les facteurs dits « objectifs » (comme la langue, la religion, l'organisation politique) varient d'une nation à l'autre, et même, pour une nation donnée, selon les phases historiques. Et les groupements, à l'intérieur d'une nation, ne sont pas toujours d'accord sur les mêmes facteurs d'intégration : on pense, par exemple, aux perpétuelles discussions sur la nation canadienne-française et sur la nation canadienne. D'où la fonction déterminante des idéologies qui réunissent, dans une sorte de « théorie », des conditions préalables comme la communauté de langue, de religion, etc., tout en se nourrissant de la conscience diffuse de traits distinctifs et d'une relative opposition à des autrui (c'est-à-dire, à d'autres nations). Le problème ainsi posé est particulièrement passionnant si on le traduit dans le contexte canadien-français. Nous sommes devant une nation qui s'est donné ses premières définitions idéologiques d'elle-même au moment où elle était encore une « société paysanne ». Elle a subi ensuite, à un rythme extrêmement rapide, l'impact de l'industrialisation. Si on ajoute à cela un angoissant voisinage avec l'Anglais et l'Américain, beaucoup plus riches et maîtres du pouvoir économique, on admettra qu'il s'agit d'un très beau cas où devraient nous apparaître certains mécanismes exemplaires de syncrétisme dans les définitions idéologiques des classes et de la société globale. Durant un siècle — en gros, des années 1840 aux lendemains de la dernière guerre — une idéologie très organique a régné ici presque sans conteste. Nous ne reprendrons pas ici la démonstration du caractère unitaire de cette idéologie ; nous l'avons esquissée dans d'autres travaux et, d'ailleurs, il existe à ce sujet une certaine unanimité des chercheurs canadiens-français. Nous nous attacherons plutôt, dans une première partie, à éclairer la constitution de cette idéologie et à repérer ses définiteurs en tâchant de déceler leur allégeance de classe. Nous analyserons brièvement, dans une deuxième partie, les grands thèmes de cette idéologie, en dégageant naturellement surtout la représentation des classes. Nous tâcherons enfin, dans une brève section finale, de formuler quelques hypothèses sur les remaniements impliqués par la crise profonde que traverse actuellement le Canada français. Nous nous imposerons ainsi un long détour historique, mais celui-ci est suggéré par la nature même du phénomène qui nous intéresse.



2005 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
pp. 15-47 ◽  
Author(s):  
Marc-André Lessard ◽  
Jean-Paul Montminy

Au mois de janvier 1965, la Conférence religieuse canadienne (C.R.C.), section féminine, lançait à travers tout le Canada une vaste enquête sociographique pour tenter de définir et de préciser la situation des religieuses de notre pays. Le travail, qui avait demandé une longue préparation, devait se poursuivre pendant six mois et permettre la publication d'un rapport préliminaire (été 1965) à l'usage exclusif de la C. R. C. Pour un public élargi, un rapport plus complet paraissait à l'automne 1966. Avant d'aller plus loin, il convient cependant d'indiquer en toute honnêteté les limites de notre travail. Nous le disions à l'instant, il s'agit d'une recherche sociographique visant à un recensement des religieuses du Canada. Un ensemble de questions fermées demandait aux supérieures des renseignements sur l'âge, les qualifications académiques, les origines familiales, l'endroit de résidence de leurs religieuses, etc. Le Père Fulgence Boisvert, o.f.m., du secrétariat permanent de la C. R. C. et ses assistants ont assumé la tâche de recueillir les informations et d'en faire une première interprétation. Ils ont pu repérer 197 instituts canadiens, membres ou non de la C. R. C , à qui ils ont fait parvenir le questionnaire. De ce nombre 183 instituts ont répondu fournissant des renseignements pour 65,248 religieuses. Comme les 14 institutions, qui n'ont pas répondu au questionnaire, auraient pu donner des informations pour environ 700 religieuses, on constate que 98.9% des religieuses sont concernées par notre rapport. Le lecteur notera que les statistiques d'ensemble ne sont pas toujours les mêmes. Cela tient au fait que les questions n'ont pas toujours été bien comprises par toutes les religieuses ou encore qu'on a omis la réponse à certaines questions. Nous indiquerons en temps et lieu les statistiques générales sur lesquelles nous nous appuierons. Il a paru très utile aux chercheurs de classifier les instituts selon trois grandes variables : l'ordre d'ancienneté, l'ordre de grandeur et la fonction principale qu'ils remplissent. Dans ce dernier cas, sept types de fonction ont été déterminés : contemplatives, missionnaires, hospitalières, éducatrices, éducatrices-hospitalières, œuvres sociales et auxiliaires du clergé (ménagères). Personne, croyons-nous, ne contestera le choix de ces sept types qui couvrent les principales fonctions des religieuses canadiennes. Mais une réelle difficulté survient quand on veut identifier chacun des instituts selon son appartenance à l'un ou l'autre des sept types de fonction. En effet, il est assez difficile de bien connaître chacun des 183 instituts et d'en préciser la fonction dominante. Certains instituts ont même adopté récemment de nouvelles orientations, s'adonnant aujourd'hui à des œuvres que n'avaient pas prévues les fondatrices. De toute évidence, la classification des instituts selon leur fonction principale demeure plus discutable que les deux autres classifications : l'ordre d'ancienneté et l'ordre de grandeur, qui sont plus mathématiques et plus objectives. Cependant, malgré les erreurs auxquelles elle expose et malgré les contestations qu'elle peut susciter, la classification des instituts par type de fonction principale s'est révélée particulièrement utile et révélatrice dans nos diverses analyses sur le monde des religieuses. Les différentes sections du rapport de l'enquête sont donc axées autour de trois variables principales : l'ordre d'ancienneté, l'ordre de grandeur, le type de fonction dominante. Le rapport se divise en deux grandes parties : les religieuses du Canada : état actuel ; les religieuses du Canada : changements récents. La première partie comprend sept sections portant successivement sur : le nombre et la taille des instituts, l'origine et l'ancienneté des instituts, les fonctions des instituts, les différences régionales, l'âge des religieuses, les origines familiales et les qualifications académiques, La seconde partie comprend deux sections : l'évolution numérique, le recrutement et la persévérance des religieuses. Pour le présent article, nous avons choisi deux sections de l'ensemble du rapport : l'âge des religieuses, leur recrutement et leur persévérance. Comme nous le verrons, ces deux sections couvrent les aspects les plus caractéristiques de la situation chez les religieuses canadiennes. Enfin, nous tenons à avertir le lecteur de ne pas chercher dans notre travail des conclusions définitives et sans appel. Pour y parvenir, il eût fallu posséder un matériel beaucoup plus complet. Il eût fallu également s'astreindre à de longues et patientes incursions dans l'histoire de chacun des instituts religieux et aussi dans l'histoire religieuse du Canada. On comprendra facilement que cela dépassait les limites d'une recherche sociographique.



2008 ◽  
Vol 35 (2) ◽  
pp. 161-174
Author(s):  
Yannick Védaste Banturiki ◽  
Didier Nganawara ◽  
Laurence Thomsin

Résumé Depuis quelques années, les recherches sur les inégalités existant entre les individus par rapport à leur santé se focalisent sur l’influence exercée par les conditions sociales tout au long du cycle de vie. En somme, c’est l’aspect dynamique de la santé qui est de plus en plus privilégié. Cependant, la collecte d’un événement de santé au moyen de l’approche biographique a été rarement mise en oeuvre dans les recueils biographiques. La présente note vise à présenter le cheminement conceptuel et la démarche méthodologique que nous avons suivis pour définir un événement de santé et l’intégrer dans une enquête biographique mise en place en Belgique. La première partie de cette note présente succinctement les définitions allouées à l’état de santé d’un individu. La deuxième partie met en lumière les avantages et les limites de la collecte longitudinale et montre l’intérêt de l’approche biographique. La troisième partie, enfin, est consacrée à la présentation de l’approche innovatrice que nous avons mise en oeuvre, autour de l’idée des interruptions d’activités, pour collecter un événement de santé dans un dispositif biographique.



Semiotica ◽  
2017 ◽  
Vol 2017 (214) ◽  
pp. 373-391
Author(s):  
Diana Luz Pessoa de Barros

RésuméLe propos de cette étude est de montrer comment les sémioticiens de ligne française ont contribué, surtout au Brésil, à produire des connaissances sur les discours sociaux. Lors de précédentes études, nous avons montré que l’une des préoccupations majeures des sémioticiens latino-américains était d’expliquer les processus de signification de l’homme et de la société dans leurs pays. Selon nous, la cause en revient à deux questions principales : d’une part, le paradigme dans lequel s’inscrivent la théorie et la méthodologie de la sémiotique ; d’autre part, les conditions d’accueil et de développement de la sémiotique au Brésil et plus généralement en Amérique latine. Trois parties composent notre article : dans la première partie, nous montrons que les relations de la proposition sémiotique avec la société, avec l’histoire et la culture sont préalablement données, en raison du paradigme théorico-méthodologique de la sémiotique et de son projet analytique. Nous y soulignons également que la sémiotique n’implique ni les excès du formalisme qui nie l’histoire, ni ceux de l’idéologisme qui ignore l’intégration entre la réalité sociale et l’organisation linguistique ; dans la deuxième partie, nous traitons des conditions d’accueil de la sémiotique au Brésil et en Amérique latine ; enfin, dans la troisième partie, nous présentons deux exemples brésiliens de ces études de société.



Praxis ◽  
2002 ◽  
Vol 91 (25) ◽  
pp. 1111-1115
Author(s):  
Götzmann ◽  
Dutta ◽  
Scheuer ◽  
Buddeberg

Nous avons essayé par ce travail d'engager les praticiens dans la recherche psychosomatique en leur conférant un sujet de pratique quotidienne. D'une part nous décrirons le fruit de cette expérience et d'autre part nous proposerons diverses modifications aux éventuels futurs protocoles. 7455 internistes, généralistes et psychiatres suisses ont été contactés par lettre. Ils devaient, dans un premier temps, nous faire part de leur expérience sur «Les Troubles de la fonction sexuelle et les antidépresseurs». Dans un deuxième temps, nous proposions aux médecins de remplir le questionnaire en présence de leur patient. 1100 médecins ont répondu à la première partie de l'étude. Seulement 62 médecins se sont intéressés au travail avec leur patient et 12 praticiens ont finalement rempli le questionnaire avec leur patient. Nous avons par la suite interrogé par téléphone 55 médecins des 62 qui ont été intéressés. Les raisons invoquées pour n'avoir pas participé ont été principalement le facteur temps et le problème de parler de sexualité avec des patients dépressifs. Conclusion: Ce travail démontre que la recherche psychosomatique appliquée à la pratique quotidienne est difficile. Afin d'obtenir une meilleure collaboration, la recherche en psychosomatique devrait s'inscrire par exemple dans le cadre d' une formation post-graduée et permettrait de stimuler le praticien à l'aide d'éventuels points.



1936 ◽  
Vol 8 (01) ◽  
pp. 3-22
Author(s):  
Pierre van der Rest

Le présent travail constitue la seconde partie de notre étude des tendances autarchiques dans 1’économie belgo-luxembourgeoise depuis 1927. La première partie, consacrée à, l’examen des principales industries et précédée d’une introduction générale, a été publiée dans ce Bulletin au mois d’août 1935. L’objet de nos recherches et les méthodes que nous avons adoptées y ont été exposés de manjère suffisamment développée pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir longuement ici. Nous rappellerons simplement que notre but a été de vérifier dans quelle mesure des tendances à, l’autarchie économique se sont manifestées dans les principales activités de notre pays au cours des dernières années, par une étude statistique de l’évolution respective de la production, de la consommation interne et du commerce extérieur (importations et exportations) aux principaux stades de la production de chacune d’entre elles. De même que pour les activités industrielles, les lacunes des statistiques existantes ne nous ont pas permis de suivre uniformément ce plan pour toutes les branches de l’agriculture et des industries alimentaires, et nous avons préféré ici également ne pas limiter notre examen aux seuls domaines pour lesquels des données complètes et homogènes étaient disponibles. Nous en avons étendu le champ autant que possible, en nous contentant même éventuellement de l’analyse des seules données du commerce extérieur, lorsqu’elles permettaient de dégager des constatations intéressantes. D’autre part, alors que la première partie de notre étude s’était arrêtée à l’année 1933, dernière année pour laquelle les données statistiques nécessaires étaient disponibles au moment où elle fut élaborée, le présent travail a pu être poursuivi jusqu’à 1935.



1956 ◽  
Vol 38 (448) ◽  
pp. 217-225
Author(s):  
Jean S. Pictet
Keyword(s):  

Dans la premiére partie de notre étude, nous avons vu, sur le plan le plus large, que la Croix-Rouge doit être indépendante de tout pouvoir, de toute politique. Il convient maintenant d'aborder de façon pratique le problème plus spécial des relations de la Croix-Rouge avec les pouvoirs publics et de l'autonomie dont elle doit jouir à leur égard.Le chapitre précédent nous a montré que la nature des devoirs incombant aux Sociétés de la Croix-Rouge implique une collaboration suivie entre celles-ci et les autorités. L'auxiliarité même de la Croix-Rouge commande et légitime une étroite liaison avec les services de l'Etat, liaison au demeurant très profitable, le plus souvent, au développement de l'œuvre. En outre, ces Sociétés exercent elles aussi des fonctions d'intérêt général et, pour accéder à l'existence, elles doivent avoir été agréées par leur gouvernement.



2006 ◽  
Vol 2 (1) ◽  
pp. 71-144 ◽  
Author(s):  
Marie-Andrée Bertrand

RésuméIMAGE DE SOI ET CRIMINALITECet article represente la seconde partie d'une etude en deux tranches du phenomene de la delinquance et de la criminalite feminines au Canada, aux Etats-Unis, en France et en Belgique, intitulee: Self-Image and Social Representations of Female Offenders, du meme auteur.La premiere partie s'attache a la valeur de « representation sociale » de la criminalite. On y etudie le volume relatif de la criminalite des femmes, la nature specifique des delits et crimes qu'elles commettent et pour lesquels elles sont arretees et inculpees, le traitement qu'on leur fait subir, compare aux dispositions prises a l'endroit des criminels de sexe masculin trouves coupablesdes memes mefaits, les dispositions particulieres des codes criminels qui, en plusieurs cas, prevoient des delits limites aux femmes mais aussi les excluent comme auteurs possibles de plusieurs crimes. Ce sont la des indices des roles assignes aux femmes dans une societe donnee.Les representations sociales ainsi analysees nous ont suggere que non seulement les lois et les sanctions prevues, mais aussi le choix des penalites imposees au moment du prononce de la sentence offrent la meilleure explication de ce taux comparativement tres bas et relativement constant de la criminalite feminine a travers le monde. Ces representations sociales sont des renforcements de roles precedemment prescrits a la femme. Ainsi, la theorie du role (role theory) nous semble la meilleure base d'explication de cet ecart entre la criminalite masculine et la criminalite feminine.La seconde partie, dont le present article est tire, resume une recherche empirique qui a dure pres d'une annee (aout 1966, juin 1967).InstrumentPour mesurer la perception de soi, nous avons utilise un questionnaire bref et direct compose essentiellement de quatre parties. La premiere partie fait appel, chez le repondant, a des donnees conscientes, en l'amenant a decrire la decision la plus importante qu'il juge avoir prise au cours des quelques dernieres annees et les motifs qui ont inspire cette decision. La deuxieme et la troisieme parties referent a du materiel psychologique (intra-psychique) preconscient ou inconscient, par mode de projection, c'est-a-dire que le repondant choisit de nommer les « grandes figures » de bienfaiteur (personnel ou non personnel) et de malfaiteur, resume les «grands gestes» qu'il leur attribue et donne sa perception de leur motivation. La derniere partie est constituee par une fiche bio-socio-psycho-educationnelle ou petite histoire de cas en resume.Rationnel de l'instrument: cet instrument d'analyse est base sur une polarite bien decrite dans l'oeuvre du psychologue et psychanalyste Erikson (1964). Il s'agit d'un continuum allant de la notion d'agent a celle de patient: « agens vs patiens ». Cette polarite est reprise dans les travaux de R.R. Korn (1966) dans les termes suivants: «agent-acteur vs object-spectateur ».Quelle est la signification precise des categories ainsi nommees ? XJagent est, pour Erikson et pour Korn, celui qui se percoit comme capable d influencer le monde, les evenements, les personnes. Il a une prise sur sa vie. Il ne se sent pas « brise » dans ses elans (« unbroken in initiative »). L'objet est celui a qui les choses arrivent («to whom things happen»), celui qui se sent pousse par des forces, internes ou externes, a poser des gestes qui lui paraissent inevitables.Hypotheses: nous avons choisi cet instrument a cause de nos deux grandes hypotheses de depart, l'une etant la condition sociale faite a la femme dans les societes dominees par l'homme (condition d'instrument, d'objet), l'autre etant la position sociale de la femme criminelle et de la jeune fille delinquante dans les societes structurees, position determinee par les codes penaux et par l'organisation repressive, mais aussi par la culture qui privilegie certaines valeurs et fait de la femme leur gardienne (position d'instrument mais aussi de victime). La condition sociale de la femme normale et la position sociale de la femme criminelle sont des « miroirs » (« looking-glass self »), selon la theorie de G.H. Mead, « miroirs » dans lesquels la femme normale et la delinquante trouvent une image d'elles-memes.ResultatsNos resultats peuvent se resumer comme suit: Premiere hypothese: « Les femmes adultes normales d'une societe donnee se percoivent moins que les hommes de la meme couche socio-economique et du meme groupe d'age, comme des agents. » Cette hypothese ne s'est pas verifiee en ce qui touche les Canadiennes francaises. La difference entre hommes et femmes n'est pas significative dans ce groupe. Notre hypothese s'est verifiee chez les Canadiens anglais mais a un niveau de signification peu eleve (x2:0.20). Seconde hypothese: «Les femmes adultes criminelles se percoivent plus comme desobjets et des victimes que les non criminelles d'une part et que les hommes criminels d'autre part. » Cette hypothese s'est verifiee statistiquement et la difference est tres significative dans le premier cas (0.01) et un peu moins dans le second (0.10).Il ressort que si la femme non delinquante, suivant le test « agent-objet », ne se percoit pas de facon sensiblement differente de l'homme non delinquant, par contre la femme criminelle, elle, se percoit nettement comme un objet-spectateur, comme une victime, plus que l'homme criminel et beaucoup plus que la femme non delinquante.



2020 ◽  
Vol 36 (11) ◽  
pp. 1004-1011
Author(s):  
Jean-Baptiste Michel
Keyword(s):  

Dans la première partie de cette revue [20], « comment et pourquoi la phylogenèse circulatoire s’intègre dans l’évolution des espèces », nous avons expliqué que l’acquisition d’un secteur artériel à haute pression, tel qu’initialement décrit par William Harvey en 1619, était la conséquence, au cours de l’évolution, de l’apparition d’un tonus vasomoteur, induisant les forces de friction systémiques (résistances périphériques), qui, régulé localement (par vasodilatation), permet d’adapter les besoins métaboliques à la demande des territoires fonctionnellement actifs. Dans cette seconde partie, nous essaierons de comprendre en quoi cette phylogenèse influence directement la physiologie, puis les pathologies du système circulatoire chez l’homme, qui prédominent largement, mais pas exclusivement, dans le secteur à haute pression.



2016 ◽  
Vol 71 (02) ◽  
pp. 421-448 ◽  
Author(s):  
Nicolas Dodier ◽  
Janine Barbot

RésuméLes sciences sociales peuvent tirer parti d’une attention particulière à la place qu’occupent les dispositifs dans la vie sociale. L’intérêt d’une telle perspective transparaît de l’examen des recherches qui, depuis la fin des années 1970, ont recouru à cette notion. Mais la lecture de ces travaux fait apparaître également, outre la grande variété des définitions et des objectifs associés au concept de dispositif, certaines des difficultés rencontrées en chemin. Elle incite à un effort de clarification et de renouvellement, autant sur le plan conceptuel que méthodologique, auquel cet article souhaite contribuer. Dans la première partie de l’article, nous présentons les résultats d’une enquête conceptuelle sur la notion de dispositif. Dans la deuxième partie, nous développons une série de propositions qui visent à élaborer une approche « processuelle » des dispositifs. Nous revenons enfin sur plusieurs enquêtes que nous avons conduites dans cette perspective autour de dispositifs de réparation: étude du travail doctrinal des juristes autour du procès pénal, des pratiques d’avocats à l’audience d’un procès, des réactions de victimes d’une catastrophe sanitaire face à un fonds d’indemnisation, des transformations historiques des dispositifs de réparation des accidents médicaux depuis le début du XIXesiècle. Il s’agit ainsi de préciser l’approche proposée et d’en suggérer des prolongements possibles.



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