scholarly journals Le membership d'une association du XIXe siècle. Le cas de l'Institut canadien de Longueuil (1857-1860)

2005 ◽  
Vol 16 (2) ◽  
pp. 219-240
Author(s):  
Yvan Lamonde
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

L'ensemble du phénomène des associations au 19e siècle est plutôt méconnu, y compris celui des associations dites « littéraires ». Il y a évidemment dans ces microcosmes sociaux un objet intéressant l'histoire sociale. On ne connaît guère plus que l'existence de ces associations du type Institut Canadien, Union Catholique, Institut d'Artisans... Tout reste à faire pour analyser leur nombre, leur distribution chronologique et géographique, leurs activités, leur membership, leur impact et les raisons, au plan d'une morphologie historique de la culture, de leur apparition et de leur déclin. L'objet de la présente recherche est de proposer un modèle d'analyse du membership d'une association «littéraire» du 19e siècle en le construisant à partir d'un cas représentatif en termes de durée, de taille et de localisation, l'Institut Canadien de Longueuil. Si toutes les variables du modèle ne sont pas analysées pour l'Institut de Longueuil, elles sont à tout le moins mentionnées pour une application à d'autres cas.


1976 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
pp. 631-643 ◽  
Author(s):  
François Sigaut
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

C'est en 1931, il y a plus de quarante ans, que Marc Bloch en publiant ses Caractères originaux… donnait la première synthèse de ce qu'on savait alors sur la répartition géographique des assolements en France. Synthèse encore valable dans ses grandes lignes, mais qu'on n'a pas essayé jusqu'ici, semble-t-il, de transcrire sur carte. On peut se demander pourquoi cet essai n'a pas été tenté. Les indications rassemblées par Marc Bloch, il est vrai, n'étaient pas suffisantes à elles seules pour permettre une cartographie même schématique. Mais on pouvait les compléter : Marc Bloch lui-même en avait suggéré le moyen, cette méthode régressive — « lire l'histoire à rebours » — qui consiste à aller du connu à l'inconnu, c'est-à-dire, bien souvent, du récent à l'ancien.



1996 ◽  
Vol 17 (1) ◽  
pp. 193-210
Author(s):  
Odile Rudelle

Il y a peut-être une gageure à vouloir confronter l’œuvre de Jules Ferry, homme d’état républicain de la Fin du XIXe siècle, à un « Modèle américain », qui avait été plus en vogue au début du siècle. A la différence de Chateaubriand ou Tocqueville. Jules Ferry qui a été un grand voyageur en Europe ou en Afrique du Nord, n’a pas traversé l’Atlantique. Pire encore, quand il en a eu l’occasion, en 1872, il l’a refusée. En effet, pour le reposer de la double tragédie du Siège et de la Commune de Paris où il avait failli perdre la vie. Monsieur Thiers lui avait proposé un poste d’ambassadeur à Washington. C’est Athènes qu’il préféra, tant l’Amérique lui paraissait lointaine, éloignée des « grandes affaires », où se jouait le destin de l’Europe des nouvelles nationalités. A l’heure des guerres balkaniques, il préférait se rapprocher de Constantinople et des grandes cours européennes où, après le désastre de Sedan et la chute de l’Empire, il espérait pouvoir œuvrer en faveur de la bonne la réputation d’une France républicaine, devenue paisible.



2006 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 273-282
Author(s):  
David A. Bell

Je me propose d'examiner ici un coup d'État français. C'est un coup d'état qui est attendu depuis plusieurs années, à la suite de longs conflits entre le pouvoir exécutif et les soi-disant représèntants du peuple. Il est médité, préparé et exécuté par le chef de l'État lui-même contre les représentants du peuple. Il est suivi par l'exécration quasiuniverselle du chef de l'État par l'opinion publique. Néanmoins, après un certain temps, le coup d'Etat semble avoir réussi. Les protestations diminuent, l'opinion publique accepte les changements. Les opposants se désespèrent et dénoncent la lassitude de leurs compatriotes. Quel est ce coup d'État ? Pour les historiens du XIXe siècle, la réponse est évidente : ce ne peut être que celui de Louis-Napoléon Bonaparte contre la Seconde République. Mais pour les his,toriens du XVIIIe siècle, il y a une autre réponse possible: le coup d'Etat du Chancelier Maupeou contre les parlements, c'est-à-dire les cours souveraines, au mois de décembre 1770.



Author(s):  
Martine Berthelot Puig-Moreno
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Dans le prolongement des grandes collectes de folklore réalisées dès le XIXe siècle aussi bien en France qu’en Catalogne, en 1930, le célèbre linguiste Pierre Fouché se voit confier le collectage de chansons traditionnelles roussillonnaises par L’Obra del Cançoner Popular de Catalunya (Barcelone). L’Obra, aujourd’hui impressionnante par son volume, fut dès son origine en 1922 une entreprise considérable, organisée depuis Barcelone et réalisée dans tous les pays de langue catalane: Principat de Catalogne, Pays valencien, îles Baléares, Andorre et Roussillon. Pierre Fouché s’acquitte de sa mission, au mois d’août 1930, secondé par son frère Marcel, enseignant comme lui et musicologue. Ensemble ils recueillent auprès de proches –surtout leurs parents– originaires du Conflent dont ils sont eux-mêmes originaires, près de 200 chansons traditionnelles, transcrites avec musique et paroles en langue vernaculaire, dont 73 seulement figurent dans le Cançoner Popular de Catalunya. Si, dans l’ensemble du volumineux Cançoner la récolte des frères Fouché ne fut pas extraordinairement substantielle comparée à d’autres missions en Catalogne, elle permet de faire connaître les chansons encore vivantes en Conflent il y a près d’un siècle, et de sauver de l’oubli cette petite partie du patrimoine traditionnel nord-catalan.***En consonància amb les grans recollides de folklore realitzades a partir del segle XIX tant a França com a Catalunya, l’any 1930 el conegut lingüista Pierre Fouché és contactat per l’Obra del Cançoner Popular de Catalunya per recollir les cançons tradicionals rosselloneses. L’Obra, avui dia impressionant pel seu volum, ja de bon principi, el 1922, fou una empresa considerable, organitzada des de Barcelona i duta a terme per tots els territoris de llengua catalana: el Principat, el País Valencià, les Illes Balears, Andorra i el Rosselló. Pierre Fouché compleix aquella missió durant l’estiu del 1930, ajudat pel seu germà Marcel, docent com ell mateix, a més de musicòleg. Junts apleguen de familiars seus del Conflent, on van néixer, unes 200 cançons populars, transcrites amb lletra i música, només 73 de les quals consten al Cançoner popular de Catalunya. Per bé que la collita dels germans Fouché no fou gaire substancial en el conjunt del voluminós Cançoner (respecte a altres missions i recollides de Catalunya), sí que permet de fer conèixer les cançons encara vives fa un segle al Conflent i al Rosselló i salvaguardar aquesta petita part del patrimoni tradicional de la Catalunya del Nord.



Author(s):  
Alain Bouvier

On ne peut prétendre évoquer le futur sans d'abord plonger dans les racines du sujet abordé. Or l'histoire de l'école est longue, fort longue même. Je laisse aux spécialistes le soin de dire s'il y eut des civilisations sans école et comment se firent les évolutions au cours des siêcles, voire des millénaires. Ce propos serait d'ampleur, sans commune mesure avec les éléments de prospective que nous avons en vue dans ce texte. Nous nous en tiendrons donc à  un passé récent, postérieur au siêcle des Lumiêres et plus particuliêrement relatif à  ces derniêres décennies. En un peu plus de deux siêcles, dans les pays développés, l'école est devenue un bien public, une Institution, protégée, construite autour de valeurs (en France, l'école laïque, gratuite et obligatoire), porteuse d'une certaine idée de la démocratie (on parle, dans l'Hexagone, « d'école républicaine ») et chargée de la transmettre à  la jeunesse (par exemple en termes « d'éducation à  la citoyenneté »). La transmission de valeurs, humanistes notamment, est l'une des missions importantes de l'école, ou tout au moins l'était encore il y a peu, même si, nous le verrons, les évolutions actuelles soulêvent cruellement cette question. Si l'école n'existait pas et que l'on envisageait de la créer, nul ne peut imaginer que le choix s'arrêterait sur le modêle en place aujourd'hui. Selon l'expression employée par les sociologues, elle est prisonniêre de la « forme scolaire » inspirée d'institutions religieuses, certes quelque peu différentes suivant les époques, les pays et les cultures. Elle est figée depuis le XIXe siêcle. L'école s'exerce dans une unité de lieu, la classe. Elle combine un groupe d'élêves, un programme et l'action d'un enseignant qui doit enseigner ce programme à  ces élêves (on dit même à  « ses » élêves). Les variations que l'on peut noter, ici o๠là , sont toujours à  la marge et préservent, jusqu'à  présent et sauf cas exceptionnel, ces trois piliers. Or Antoine Prost (1997) fait remarquer : « on ne voit pas s'annoncer avec précision un nouveau type d'école : celle du XIXe siêcle est morte, mais celle du XXIe siêcle se cherche encore ». Alors o๠en est l'école en ce début de XXIe siêcle ? Peut-on discerner les changements auxquels elle doit se préparer ? Sous la pression de quelles forces ? Dans quelle perspective ? Pour fixer les idées, quelles sont les principales hypothêses d'évolution dans un avenir à  la fois proche et un peu éloigné, 2030 ?



2006 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 82-90
Author(s):  
Patrick J. Mahony
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Résumé Depuis plus d'une décennie j'explore certains aspects psychodynamiques de la pensée de Freud et de ses implications, qui tendent à être scotomisés par une institution psychanalytique à tendance idéologique. Idéalement, il devrait y avoir continuité entre la sphère de communication plus circonscrite de la psychanalyse clinique et celle, plus large, des collègues orientés vers la psychanalyse. Plus spécifiquement, un cadre historique allant de la Renaissance au XIXe siècle aide à faire ressortir le côté distinctif de ce genre de discours que Freud préférait utiliser. En particulier, il était de ceux qui stimulaient et facilitaient à la fois les processus associatifs et critiques de Freud quand il écrivait, aussi bien que des nôtres quand nous le lisons. Un tel discours ne fait pas que décrire, il met aussi en acte l'activité psychique aux niveaux conscient, préconscient et inconscient. Il y a, en dernier ressort, un esprit démocratique derrière ce discours, que j'ai appelé ailleurs la prose freudienne de solidarité, et alternativement, la politique freudienne de non-apartheid lexical.



2005 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 275-297 ◽  
Author(s):  
Philippe Sylvain

Le dix-neuvième siècle est le siècle du libéralisme. Sous sa forme laïciste, le libéralisme dérive directement de la Révolution française qui a d'abord reconnu la non-confessionnalité de l'État, puis laïcisé les services publics et, enfin, proclamé la séparation de l'État et des Églises. En dépit de l'opposition acharnée de l'Église catholique, ces mouvements allaient se répercuter, à des dates et à des degrés différents suivant les pays, dans les nations qui, jusque-là, avaient vécu en un climat de chrétienté. C'est ce que André Latreille exprime par ces lignes d'une rare densité : « Il y a eu, écrit l'éminent historien, entre 1789 et 1799, une nation, la France, où ils ont en quelque sorte explosé tous à la fois, de sorte qu'en l'espace de cinq ou six années seulement on a passé à un régime de totale laïcisation. (...) À ces trois mouvements (...), l'Église s'est opposée avec une persévérance, avec une sorte d'intransigeance passionnée, dès 1789 et pendant tout le XIXe siècle, — le moment le plus dramatique du conflit avec les sociétés « modernes » se situant sous le pontificat de Pie IX, entre 1850 et 1880. » Cette lutte qui dressa l'Église contre les libéraux européens et sud-américains ne fut pas moins violente au Canada français. C'est une histoire qui reste à écrire. Pour l'instant, je m'en tiendrai aux années qui vont de 1848 à 1862, étape cardinale durant laquelle ultramontains et libéraux définissent leurs positions et engagent un combat à outrance dont les péripéties se succéderont à un rythme passionné tout le reste du siècle.



2005 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 259-273
Author(s):  
Pierre Savard

L'histoire du clergé canadien-français qui fut si étroitement mêlé au destin de notre peuple reste à écrire. Nous possédons cependant des études nombreuses sur certains aspects de l'oeuvre du clergé chez nous. Son attitude politique, celle de l'épiscopat à tout le moins, a été scrutée avec patience et racontée parfois avec force détails. Dans un de ses meilleurs ouvrages, le chanoine Groulx a précisé le rôle du clergé dans l'éducation. La thèse récente du P. Ryan nous a révélé un clergé plus préoccupé qu'on ne l'avait cru des problèmes sociaux. Les historiens de la pensée n'ont pas manqué de souligner le rôle du clergé dans l'élaboration de l'idéologie conservatrice du Canada français traditionnel. Mais il y a encore beaucoup à explorer. Si nous nous interrogeons, par exemple, sur la vie interne du clergé, son recrutement, sa formation, sa spiritualité, la physionomie et l'action des diverses familles religieuses, la discipline ecclésiastique, la pensée ecclésiologique, les relations entre les clercs et leurs supérieurs, nos connaissances se révèlent beaucoup plus limitées. La tâche, d'ailleurs, n'est pas facile. Des chercheurs patients ont pu dénombrer les clercs, calculer « le quotient clérical des fidèles » pour un moment donné ou « le taux sacerdotal de tant de garçons à la naissance». Plus délicate est l'étude qualitative du clergé. Comme l'a écrit le grand historien belge Léon Halkin : « Les statistiques n'ont pas le dernier mot, les chiffres sont indicatifs, ils ne sont pas décisifs. Ce qui compte, c'est la densité spirituelle de la foi. » Cette considération méthodologique qui s'ajoute au caractère limité et discontinu de notre documentation aide à comprendre l'aspect provisoire et incomplet du tableau que nous nous proposons d'esquisser.



Chronos ◽  
2019 ◽  
Vol 27 ◽  
pp. 169-190
Author(s):  
Aurore Adada

Depuis que les archives du gouvernement ottoman central à Istanbul furent ouvertes au public, il y a environ quarante ans, un nombre incalculable de recherches sur l'Empire ottoman a été effectué et publié à travers le monde. Il s'agit de travaux historiques inédits et aussi divers que seule l'exploitation de ce genre de source primaire permet de réaliser. Les archives permettent entre autres d'appréhender le mode de fonctionnement de l'administration impériale dans son ensemble, puisqu 'elles existent aussi bien à Istanbul que dans toutes les provinces impériales et couvrent non seulement les régions arabes de la Méditerranée orientale et de l' Afrique du Nord, mais également de vastes territoires en Europe de I 'Est. Cet article s' intéresse au mode de fonctionnement des tribunaux religieux durant le XIXe siècle, spécifiquement à celui de la ville de Beyrouth où est conservée une série de vieux registres datés de 1843 à 1929 (Adada 2009). Son objectif est de montrer la réalité concrète de cette institution, son mode d'organisation et son évolution durant la période des Tanzimats.



Author(s):  
Thomas Hüe

Alors que les premiers bovins étaient présents depuis le milieu du XIXe siècle en Nouvelle-Calédonie, la tique du bétail, Rhipicephalus (Boophilus) microplus (Canestrini), y fut malencontreusement introduite en 1942. Du jour au lendemain, ce parasite a bouleversé l’élevage bovin, modifié les habitudes des éleveurs et marqué la vie en brousse au rythme des rentrées de bétail pour la baignade acaricide. Soixante-quinze ans plus tard, il façonne encore le paysage calédonien en obligeant une majorité des éleveurs à abandonner les races historiques, trop sensibles à la tique, au profit de races plus résistantes. Les premiers programmes de recherche visant à contrôler ce parasite ont vu le jour il y a près de 60 ans. Ils ont généré des informations permettant de proposer aujourd’hui différents outils aux éleveurs calédoniens pour maintenir leurs élevages malgré cette pression parasitaire. La synthèse des données sur ces décennies de présence de la tique et de recherche indique que les éleveurs ont dû s’adapter à ce problème au risque de voir leur activité mise en péril, mais également que la gestion à venir de ce parasite ne pourra plus reposer uniquement sur l’usage des acaricides chimiques du fait de la résistance développée par R. microplus. Une attention particulière doit être apportée à la détermination des demandes des éleveurs au-delà des besoins identifiés par la recherche et les services techniques, afin de faciliter l’adhésion de tous aux solutions proposées.



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