scholarly journals De l’intérêt de la notion de littératie en francophonie : un état des lieux en sciences de l’éducation1

2013 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 25-43 ◽  
Author(s):  
Manon Hébert ◽  
Martin Lépine

La notion de littératie a le mérite de bousculer des frontières trop communément admises entre les différentes composantes de l’enseignement et de l’apprentissage d’une langue maternelle (lecture, écriture et oral), mais il s’agit d’une notion multidimensionnelle dont les contours restent flous. Et même si le développement des habiletés associées à cette notion apparaît comme un des enjeux majeurs de la scolarisation, pour l’instant, le mot littératie demeure absent des curriculums scolaires des principaux pays de la francophonie. Pour faire un état des lieux de l’usage de cette notion en francophonie, nous avons recensé et analysé en fonction de leurs dimensions sociocognitive, épistémologique et didactique le contenu des principales définitions proposées par les chercheurs francophones de 1985 à 2011 inclusivement. À titre de résultats, nous faisons ressortir dix valeurs ajoutées que l’on semble attribuer actuellement à la notion de littératie en francophonie et qui permettraient de mieux comprendre en quoi les compétences en littératie se distinguent du savoir lire-écrire de base. La littératie touche d’une part un ensemble d’attitudes, de connaissances, d’habiletés et de compétences qui sont, d’autre part, à mesurer ou à situer dans une dynamique espace/temps et dans une visée émancipatrice du développement de la personne. Ainsi, l’utilisation de la notion de littératie permet de pointer plusieurs objectifs personnels, professionnels et socioculturels dont l’interdépendance apparaît déterminante pour l’appropriation de l’écrit et, par conséquent, pour l’orientation des recherches en sciences de l’éducation et en didactique du français.


2018 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 4-20
Author(s):  
Rosiane Xypas
Keyword(s):  
De Se ◽  

Dans le cadre de l’enseignement du Français Langue Étrangère à l’université, il nous a paru que l’étude de biographies langagières d’auteurs francophones ayant appris le français à l’âge adulte, constitue un puissant encouragement pour les apprenants de FLE et leur permet de se pencher sur leur propre parcours linguistico-culturel en découvrant comment s’est forgée l’identité langagière d’auteurs bilingues riches d’une double culture, l’une héritée avec leur langue maternelle, l’autre construite avec la langue de leur choix, le français. L’objectif de cet article est de susciter auprès des étudiants de FLE une métaréflexion sur  leur propre parcours langagier entre le portugais et le français, ainsi qu’à prendre conscience que leur propre identité linguistique bilingue se construit jour après jour pendant leurs études et que cette construction continuera, à condition qu’ils le veuillent,  au-delà de l’université. Parmi les auteurs francophones, nous avons choisi de présenter ici Brina Svit, auteur d’expression française d’origine slovène, pour la clarté de sa réflexion métalinguistique dans deux de ses récits : Moreno (2003) et Petit éloge de la rupture (2009). Elle y explique son rapport à la langue française : ce qui l’a conduite à délaisser sa langue maternelle pour écrire en français ? Par quels chemins y est-elle arrivée ? En effet, pour Brina Svit, le choix de langue relève, d’une part, d’une certaine attirance, du goût et du défi pour la langue française, et, d’autre part, d’une rupture avec sa langue maternelle. Enfin, ce choix construit la nouvelle identité de l’auteure enrichie d’une double langue-culture.



Africa ◽  
1951 ◽  
Vol 21 (1) ◽  
pp. 13-23 ◽  
Author(s):  
D. Zahan

Opening ParagraphDans un article intitule ‘Un Gnomon soudanais’ nous avons relevé l'existence et l'emploi du gnomon chez les Bambara du Soudan Français. Il n'est pas sans intérêt de présenter également la notion que ce peuple a de l'écliptique. Des idées similaires se retrouvent à ce sujet chez les Dogon; sans essayer de faire du comparatisme qui peut être fallacieux, nous mettrons en regard, cependant, cette notion astronomique commune aux deux peuples qui, démographiquement et spirituellement, témoignent d'une même origine.



2020 ◽  
Vol 51 (2) ◽  
pp. 243-262
Author(s):  
Lise Cardin ◽  
Daphné Bolz ◽  
Jean Saint-Martin
Keyword(s):  

« Quand je suis arrivée en France, […] tout ça, au fait, que j’avais vu, j’ai vécu en Pologne, j’ai transmis en France » (Folliot, 22 avril 2017). Cette notion de transmission semble importante pour Jadwiga Folliot, elle-même, lorsqu’elle décrit son parcours handballistique. Elle apparaît même comme un devoir au regard de sa trajectoire de vie. Née en 1953 à Cracovie, en Pologne, Jadwiga Nowak fait partie des meilleures juniors polonaises avant d’intégrer à 33 reprises, l’équipe nationale. Lorsqu’elle arrive en France le 1er décembre 1974, en pleine Guerre froide, des différences majeures transparaissent dans l’organisation du handball, et plus généralement dans la gouvernance du sport, entre la France et la Pologne. A partir de témoignages, de coupures de presse mais également d’archives institutionnelles de la Fédération Française de Handball, nous avons identifié les différents rôles assumés par Jadwiga Folliot dans le développement du handball au sein de l’Association Sportive de Mantes la Jolie, puis du département des Yvelines et plus largement au niveau de l’équipe de France qu’elle va intégrer en décembre 1975.Si elle ne peut importer le système sportif professionnel polonais en France, pays dans lequel le handball est encore amateur, il semble qu’elle ait réussi à importer certains aspects qui ont ensuite permis de hausser le niveau technique non seulement de son équipe de club, l’AS Mantaise, mais aussi et surtout de l’équipe de France féminine de handball.



2005 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 426-430
Author(s):  
Gaston Dulong

L'auteur, un linguiste, décrit sommairement les grandes périodes qui ont marqué l'histoire des langues dans le monde. Il circonscrit ensuite la notion de langue de travail. Il applique enfin cette notion au travailleur québécois de langue française, pour en souligner les conséquences dangereuses pour l’ensemble de la culture française quand le travailleur « doit laisser sa langue maternelle, le français, au vestiaire ».



2005 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 255-265 ◽  
Author(s):  
Colette Carisse ◽  
Jeanne Leroux ◽  
Mario Santerre ◽  
Robert Saucier ◽  
Nicole Stafford

Au cours de l'hiver 1971, dans le cadre d'un enseignement de communication de masse, les étudiants ont fabriqué trois émissions de télévision d'une demi-heure chacune, après un stage intensif d'entraînement aux techniques audio-visuelles. Ces émissions ont été diffusées sur le canal 9 (câble) les mardi soir à 19 heures 30, pendant trois semaines consécutives. Les étudiants se sont alors rendus dans des familles à l'écoute, pour vérifier sur place l'effet de leur propre message. Nous avons recueilli quelque soixante-dix heures d'entrevues qui devaient porter sur les émissions. Le matériel est de nature spontanée, malgré un schéma général d'entrevue. Pour trouver les informateurs, nous sommes partis d'un échantillon de 900 personnes, tiré parmi les 90,000 abonnés du câble, et classé ensuite selon l'indice socio-économique du secteur de recensement où se trouve le domicile (indice de Schefsky). Nous avons d'abord sélectionné les familles du centre de la distribution pour éviter les variations qu'on ne pouvait analyser, à cause du nombre restreint de familles à étudier (quinze). Nous avons choisi des familles complètes avec adolescent. Obtenir des collaborateurs s'est avéré très difficile, d'abord parce que le câble dessert une population qui risque d'offrir des caractéristiques particulières : célibataires, personnes âgées, invalides, travailleurs de nuit, langue maternelle autre que français ou anglais, etc. De plus, la collaboration était onéreuse, puisque les familles devaient nous consacrer quatre soirées. En fait, le choix s'est déplacé du centre vers la distribution des mieux nantis ; nous avons atteint le middle mass, avec quatre ouvriers spécialisés, trois employés de bureau, un fonctionnaire, un représentant de compagnie, mais aussi un chômeur et trois ouvriers non qualifiés (deux non spécifiés). La moyenne de scolarisation est de dix années d'études, la majorité des pères de familles ayant complété une neuvième année. Cette population ne représente donc pas ce qu'il est convenu d'appeler « les défavorisés », i.e. ceux qui n'ont qu'un cours primaire et auxquels s'adresse un programme comme Multi-Media ; il s'agit toutefois d'une « vraie » population. Nous avons ainsi pu réfléchir sur des données vivantes, plutôt qu'à partir de nos pré-conceptions. On ne saurait toutefois parler de savoir accumulé car, à notre connaissance, aucun résultat de recherche sur le processus global de communication de masse auprès de la population réelle n'a jamais été publié.



2010 ◽  
Vol 160 ◽  
pp. 75-99
Author(s):  
Thomas François
Keyword(s):  
De Se ◽  

Résumé Avec la multiplication des documents disponibles, notamment sur le web, la tentation est grande, pour le professeur de français langue maternelle ou seconde, de se passer des manuels balisés et de proposer à ses étudiants un texte à son goût. Cependant, il risque alors de perdre un temps précieux à sélectionner un texte qui convienne au niveau de ses étudiants. Il existe pourtant des outils dont la vocation est de l’assister dans cette tâche : les formules de lisibilité. Peu connues dans la culture francophone, elles jouissent dans la culture anglo-saxonne d’un large succès. Cet article présente une nouvelle synthèse des études en lisibilité du français L1 et L2. Partant du constat que les études récentes sont trop rares, nous présentons le nouveau paradigme dominant dans les études anglo-saxonnes, que nous avons appelé la lisibilité computationnelle. Ces recherches combinent des techniques issues du traitement automatique du langage et de l’apprentissage automatisé afin de prendre en compte l’ensemble des dimensions d’un texte : lexicale, syntaxique, sémantique et organisationnelle. Nous clôturons ce parcours en présentant nos propres travaux dans le domaine et, en particulier, «Dmesure», un prototype de plateforme web pour la lisibilité du FLE.



2016 ◽  
Vol 71 (02) ◽  
pp. 421-448 ◽  
Author(s):  
Nicolas Dodier ◽  
Janine Barbot

RésuméLes sciences sociales peuvent tirer parti d’une attention particulière à la place qu’occupent les dispositifs dans la vie sociale. L’intérêt d’une telle perspective transparaît de l’examen des recherches qui, depuis la fin des années 1970, ont recouru à cette notion. Mais la lecture de ces travaux fait apparaître également, outre la grande variété des définitions et des objectifs associés au concept de dispositif, certaines des difficultés rencontrées en chemin. Elle incite à un effort de clarification et de renouvellement, autant sur le plan conceptuel que méthodologique, auquel cet article souhaite contribuer. Dans la première partie de l’article, nous présentons les résultats d’une enquête conceptuelle sur la notion de dispositif. Dans la deuxième partie, nous développons une série de propositions qui visent à élaborer une approche « processuelle » des dispositifs. Nous revenons enfin sur plusieurs enquêtes que nous avons conduites dans cette perspective autour de dispositifs de réparation: étude du travail doctrinal des juristes autour du procès pénal, des pratiques d’avocats à l’audience d’un procès, des réactions de victimes d’une catastrophe sanitaire face à un fonds d’indemnisation, des transformations historiques des dispositifs de réparation des accidents médicaux depuis le début du XIXesiècle. Il s’agit ainsi de préciser l’approche proposée et d’en suggérer des prolongements possibles.



2009 ◽  
Vol 10 (3) ◽  
pp. 429-445 ◽  
Author(s):  
Claire Beauchemin
Keyword(s):  

Utilisant le concept de besoin en éducation proposé par R. Kaufman, nous avons tenté d’évaluer les besoins de formation des enseignants se destinant à l’enseignement du français, langue maternelle, au cycle secondaire intermédiaire en Ontario. Notre enquête nous porte à conclure qu’au cours de l’année de formation on doit d’abord privilégier les éléments d’ordre linguistique et culturel, notamment la conscientisation de l’étudiant-maître envers le fait francophone en Ontario.



2020 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 23-51
Author(s):  
Isabelle Wouters ◽  
Véronique Fortier

L’enseignement de la prononciation est loin d’avoir été aussi étudié que, par exemple, l’enseignement de la grammaire et du vocabulaire (Saito, 2015), et les participants des études sur le sujet ont le plus souvent l’anglais comme langue maternelle ou langue cible (Lee, Jang, et Plonsky, 2015). Ainsi, afin d’enrichir la recherche dans ce domaine et d’en étendre la portée à d’autres langues, nous avons mené une étude exploratoire basée sur un devis quasi expérimental auprès de 64 participants francophones apprenant l’allemand comme langue étrangère. Nous nous sommes penchées sur cinq sons consonantiques jugés problématiques pour les francophones, visés lors de cinq courtes séquences d’enseignement explicite offertes à deux groupes expérimentaux. Les résultats des participants aux tests (perception et production) faits avant et après les séquences expérimentales montrent que l’enseignement proposé, bien que de courte durée (total : 65 minutes), a permis aux groupes expérimentaux de montrer des gains significatifs.



Author(s):  
Veronica Akoth Odiala ◽  
Rose Auma ◽  
Isidore Muteba Kazadi

Cette étude à caractère descriptive s’est intéressé aux compétences des apprenants kenyans du FLE à travers leurs productions écrites, sous forme de textes injonctifs-recettes et programmes. Étant donnée l’apprentissage tardif du FLE longtemps après l’acquisition et/ou apprentissage de la langue maternelle, de l’anglais (langue officielle) et du Kiswahili (langue nationale), ainsi que la durée insuffisante de l’apprentissage de 308 heures (sur à peu près 5000 heures pour les quatre ans d’étude secondaire), nous nous sommes demandés si les apprenants sont capables de produire des textes injonctif-instructionnels. L’étude a eu pour objectif de/d’ : évaluer la capacité des élèves de FLE à produire des écrits sous forme de textes injonctif-instructionnels, établir leurs compétences en production écrite et illustrer les erreurs commises par ceux-ci dans leurs textes. L’étude était fondée sur la Théorie de l'Interlangue. Afin de recueillir des informations sur notre objet de recherche, nous avons demandé aux sujets venant de 7 écoles publiques secondaires au centre-ville de Kisumu, de rédiger chacun, deux textes injonctif-instructionnels: une recette de cuisine et un programme. Nous avons fait recours à la grille d’évaluation de la production écrite (CAMPUS) et à une analyse de contenu - type classique. L’étude a confirmé que la compétence linguistique et la compétence générale d’écriture ne sont pas maîtrisées. Ce qui montre que l’apprenant de FLE a encore quelques faiblesses en production écrite des textes injonctif-instructionnels.



Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document