scholarly journals Faire les courses, préparer les repas et prendre en charge son conjoint. Postures de femmes retraitées face à la fermeture des commerces alimentaires de proximité

2017 ◽  
pp. 215-232
Author(s):  
Philippe Cardon

Les courses alimentaires occupent une place centrale dans la vie quotidienne des personnes âgées, cette activité constituant le premier motif de sortie de celles vivant en centre-ville. La majorité de ces dernières vivent au quotidien dans un périmètre inférieur à 500 mètres. Ce périmètre ne cesse du reste de se rétrécir avec l’avancée en âge. Cela renforce le fait que la proximité de commerces et de services joue un rôle puissant d’intégration. Surtout, la proximité et la diversité des commerces alimentaires garantissent diversité et fraîcheur de l’alimentation des ménages de retraités. Partant, l’article étudie, à partir de deux monographies de couples de retraités, vivant dans un quartier périphérique d’une ville moyenne, l’impact de la disparition des commerces de proximité sur leur alimentation et leur mode de vie dans le contexte particulier de la prise en charge des maris atteints de maladies graves par leur conjointe. Entre la prise en charge de leur conjoint, la gestion des différentes activités domestiques et les contraintes liées à la disparition des commerces, les femmes rencontrées tentent de concilier identité pour soi et identité conjugale. Deux postures de contournement de la disparition des commerces de proximité émergent dès lors, chacune influençant différemment l’alimentation des ménages. La manière de faire face à la fermeture des magasins apparaît liée au style de vie et au milieu social du ménage, et s’exprime dans la façon dont les conjointes négocient identité pour soi et identité conjugale.


Author(s):  
Wendy Duggleby ◽  
Carole A. Robinson ◽  
Sharon Kaasalainen ◽  
Barbara Pesut ◽  
Cheryl Nekolaichuk ◽  
...  

RÉSUMÉLes navigateurs aident les adultes ruraux âgés avec des maladies avancées, ainsi que leurs familles, de se connecter aux ressources, à l’information, et aux gens qui peuvent améliorer leur qualité de vie. Cet article décrit le processus utilisé pour engager des experts—en vieillissement en milieu rural, les soins palliatifs en milieu rural, et la navigation—ainsi que les intervenants dans les collectivités rurales, d’élaborer une définition conceptuelle d’une telle navigation et de délimiter les compétences pertinentes pour la prise en charge de cette population. Un document de discussion sur les considérations importantes pour la navigation dans cette population a été développé, suivi d’un processus Delphi en quatre étapes avec 30 membres invités experts. Les résultats de l’étude ont abouti à cinq compétences générales de navigation pour les fournisseurs de soins de santé qui prennent soin des personnes âgées rurales et de leurs familles à la fin de vie: la capacité de fournir le dépistage des patients / famille; à préconiser pour le patient / famille; de faciliter les relations avec la communauté; de coordonner l’accès aux services et aux ressources; et de promouvoir l’engagement actif. Les compétences particulières ont également été développées. Ces compétences constituent la base pour la recherche et le développement de programmes d’études en navigation.



Author(s):  
William Parienté

Quel est l’effet des programmes d’accompagnement des demandeurs d’emploi? Quel est l’impact des politiques de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement ? L’objectif d’une évaluation d’impact est de répondre de manière rigoureuse à ce genre de questions. Les évaluations aléatoires, qui consistent à comparer la situation de deux groupes tirés au sort, un groupe «traitement» recevant le programme alors que l’autre groupe «contrôle» ne le reçoit pas, connaissent un essor important et deviennent une méthode phare. Elles permettent de mesurer précisément la valeur ajoutée des politiques publiques. Cette mesure est indispensable pour modifier et améliorer les politiques. Selon une étude scientifique récente, les chômeurs flamands (en particulier les moins scolarisés d’entre eux) qui participent à une séance d’information collective obligatoire au courant du mois qui suit leur inscription au VDAB ont plus de chances de trouver rapidement un emploi que ceux qui participent à une telle séance au cours de leur sixième mois d’inoccupation. Cela peut paraître une évidence. Les chercheurs d’emploi qui ont une brève durée d’inoccupation ont de meilleures perspectives de retour à l’emploi que ceux qui sont inoccupés depuis déjà six mois. Attribuer cette différence à une information collective (un programme léger et peu coûteux comme le reconnaissent d’ailleurs les auteurs de l’étude) est donc plus que hasardeux. Mais c’est sans savoir que les chercheurs concernés ont mis en œuvre une méthodologie randomisée avec l’accord du VDAB. Concrètement, l’étude concernait les personnes âgées de 25 à 49 ans et s’inscrivant comme demandeuses d’emploi au VDAB entre les mois de janvier 2014 et 2015. Dès le premier jour de l’inscription, deux groupes ont été tirés au sort : un groupe «traitement» dont les membres étaient invités rapidement à une séance d’information collective et un groupe «contrôle» dont les membres ont été pris en charge moins rapidement que les autres. A la fin du quatrième mois qui suit l’inscription au VDAB, les chômeurs peu scolarisés du groupe de traitement comptent en moyenne 5 jours en emploi de plus que ceux du groupe de contrôle. Les deux groupes ayant été formés au hasard au sein d’une large population, il n’y aucune raison qu’ils aient des caractéristiques différentes quatre mois après leur inscription au VDAB, hormis le fait que les membres du groupe de traitement ont déjà participé à une séance d’information. On peut donc bien attribuer cet effet positif à une prise en charge rapide des demandeurs d’emploi via un programme d’information standard. En Belgique, en matière de politiques d’emploi, il est rare de trouver des mesures qui aient fait l’objet d’une évaluation qui permette réellement de se prononcer sur l’efficacité du dispositif. Nous en faisions déjà le constat dans le numéro 40 de Regards économiques publié en avril 2016. Face à l’ampleur des fonds publics investis dans ce domaine, il est pourtant essentiel d’évaluer le fonctionnement et les effets (bénéfiques ou nuisibles) des mesures mises en oeuvre. Dans ce numéro de Regards économiques, William Parienté présente la méthode de l’évaluation aléatoire et son apport, les conditions de sa mise en œuvre ainsi que son application à différents domaines de l’économie et des politiques publiques. Il discute également de certaines limites et présente les stratégies existantes pour les surmonter. Enfin il conclut sur l’intérêt de la méthode pour l’amélioration des politiques publiques et de son apport à la science économique.



Author(s):  
William Parienté

Quel est l’effet des programmes d’accompagnement des demandeurs d’emploi? Quel est l’impact des politiques de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement ? L’objectif d’une évaluation d’impact est de répondre de manière rigoureuse à ce genre de questions. Les évaluations aléatoires, qui consistent à comparer la situation de deux groupes tirés au sort, un groupe «traitement» recevant le programme alors que l’autre groupe «contrôle» ne le reçoit pas, connaissent un essor important et deviennent une méthode phare. Elles permettent de mesurer précisément la valeur ajoutée des politiques publiques. Cette mesure est indispensable pour modifier et améliorer les politiques. Selon une étude scientifique récente, les chômeurs flamands (en particulier les moins scolarisés d’entre eux) qui participent à une séance d’information collective obligatoire au courant du mois qui suit leur inscription au VDAB ont plus de chances de trouver rapidement un emploi que ceux qui participent à une telle séance au cours de leur sixième mois d’inoccupation. Cela peut paraître une évidence. Les chercheurs d’emploi qui ont une brève durée d’inoccupation ont de meilleures perspectives de retour à l’emploi que ceux qui sont inoccupés depuis déjà six mois. Attribuer cette différence à une information collective (un programme léger et peu coûteux comme le reconnaissent d’ailleurs les auteurs de l’étude) est donc plus que hasardeux. Mais c’est sans savoir que les chercheurs concernés ont mis en œuvre une méthodologie randomisée avec l’accord du VDAB. Concrètement, l’étude concernait les personnes âgées de 25 à 49 ans et s’inscrivant comme demandeuses d’emploi au VDAB entre les mois de janvier 2014 et 2015. Dès le premier jour de l’inscription, deux groupes ont été tirés au sort : un groupe «traitement» dont les membres étaient invités rapidement à une séance d’information collective et un groupe «contrôle» dont les membres ont été pris en charge moins rapidement que les autres. A la fin du quatrième mois qui suit l’inscription au VDAB, les chômeurs peu scolarisés du groupe de traitement comptent en moyenne 5 jours en emploi de plus que ceux du groupe de contrôle. Les deux groupes ayant été formés au hasard au sein d’une large population, il n’y aucune raison qu’ils aient des caractéristiques différentes quatre mois après leur inscription au VDAB, hormis le fait que les membres du groupe de traitement ont déjà participé à une séance d’information. On peut donc bien attribuer cet effet positif à une prise en charge rapide des demandeurs d’emploi via un programme d’information standard. En Belgique, en matière de politiques d’emploi, il est rare de trouver des mesures qui aient fait l’objet d’une évaluation qui permette réellement de se prononcer sur l’efficacité du dispositif. Nous en faisions déjà le constat dans le numéro 40 de Regards économiques publié en avril 2016. Face à l’ampleur des fonds publics investis dans ce domaine, il est pourtant essentiel d’évaluer le fonctionnement et les effets (bénéfiques ou nuisibles) des mesures mises en oeuvre. Dans ce numéro de Regards économiques, William Parienté présente la méthode de l’évaluation aléatoire et son apport, les conditions de sa mise en œuvre ainsi que son application à différents domaines de l’économie et des politiques publiques. Il discute également de certaines limites et présente les stratégies existantes pour les surmonter. Enfin il conclut sur l’intérêt de la méthode pour l’amélioration des politiques publiques et de son apport à la science économique.



Author(s):  
Mary S. Cerney

Il est difficile de traiter les personnes qui ont été victimes d’un inceste, en partie à cause de leur culpabilité sous-jacente et réticence à partager la douleur et de la rage qu’elles ressentent envers celui qui a abusé d’elles, qui se trouve fréquemment être un membre de la famille qu’elles aiment. Cet article rend compte du déroulement du traitement d’une femme de 47 ans victime d’inceste qui a souffert de dépression et présenté des idées suicidaires pendant plus de 12 ans. Pendant cette période, elle a suivi divers traitements: psychothérapie, multiples médications, et sismothérapie. Malgré cinq hospitalisations et tous les traitements que nous avons mentionnés, son état ne faisait qu’empirer. Lorsqu’elle a été admise à l’Hôpital C. F. Menninger Memorial de Topeka, Kansas, Andrea présentait une symptomatologie multiple. Elle avait des troubles de la mémoire, était incapable de se concentrer, et ne s’intéressait à rien. Elle se sentait sans espoir et sans secours, et avait fait deux tentatives de suicide, l’une en 1971, l’autre en 1991. Elle disait ne plus se souvenir de portions entières de sa vie, et rapportait que sa dépression l’avait rendue incapable de faire face à la moindre situation de la vie quotidienne. C’est l’examen psychologique d’Andrea, pratiqué au début de sa prise en charge, qui nous a fourni le schéma de son traitement. On y voyait une Andrea qui, tout en apparaissant sans défense, abandonnée, passive et malheureuse, faisait des efforts considérables pour rester coupée d’elle-même et des autres. Elle craignait d’être submergée par de puissants affects et gardait ses distances; et pourtant, elle craignait la solitude. Cette lutte interne pour tenter de trouver un compromis entre ces deux extrêmes consommait une quantité considérable d’énergie et contribuait à son aspect sans vie et inefficace. Les résultats des tests indiquaient qu’il serait dangereux de prendre son apparence pour argent comptant, car il y avait beaucoup de choses sous la surface. Elle était terrifiée à l’idée d’explorer et négocier ses expériences intérieures, et se considérait comme faible et sans défense. Toutefois, les résultats des tests confirmaient aussi qu’elle avait plus de ressources disponibles qu’elle ne voulait reconnaître. Conscients des appels à la prudence indiqués par l’examen psychologique, le travail avec Andrea fut soigneusement dosé en fonction de sa capacité, et on la poussa doucement en avant chaque fois qu’elle hésitait à avancer. Après un peu plus de deux ans de thérapie, et lorsque le progrès était évident, Andrea exprima des inquiétudes, disant qu’elle faisait semblant, qu’elle n’avait fait aucun progrès, et qu’il suffirait qu’elle change d’environnement pour que ses anciens symptômes reviennent. On lui proposa alors un deuxième examen psychologique. Andrea aborda la session avec plaisir, mais aussi avec une certaine nervosité. Son Rorschach était maintenant très différent, avec beaucoup plus de réponses que la première fois. Ses percepts étaient élaborés et commentés. Un changement substantiel était évident. Le rendu de l’examen psychologique fut un épisode particulièrement riche. Il permit à Andrea de reconnaître combien elle avait effectivement changé pendant sa thérapie. Andréa s’est sentie disculpée de voir combien elle avait réellement été malade, qu’elle n’avait pas “fait semblant”, ni “tout inventé”. Cela n’avait pas été “seulement dans sa tête”. Plus tard, Andrea reconnut en riant que “ça l’était justement peut-être”. Le fait de prendre part à la discussion de ses résultats donna à Andrea une autre façon de se penser elle-même, et de penser son évolution, et le matériel devint une source d’encouragement et un étayage qui lui permit d’aborder son avenir avec plus de confiance.



2004 ◽  
pp. 147-154 ◽  
Author(s):  
Christelle Avril

Résumé La tertiarisation est souvent présentée comme l’une des sources de l’affaiblissement du lien entre travail et classe sociale, et donc de l’affaiblissement du caractère heuristique de cette dernière notion. Une étude ethnographique attentive à ce lien chez des aides à domicile permet de revenir sur ce constat. Dans cet emploi du bas de l’échelle, l’appartenance sociale est d’autant plus importante que ces femmes sont membres de strates différentes des classes populaires : les femmes issues des classes populaires stables font en sorte de se maintenir à distance des aspects les plus dévalorisants de leur métier; elles s’efforcent ainsi de dissocier leur statut social de leur métier. En revanche, les aides à domicile les plus précaires revendiquent leur investissement dans ce travail, en particulier la prise en charge de la dépendance, comme une forme de dignité personnelle.



2020 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 80-87
Author(s):  
R. Enaud ◽  
C. Tétard ◽  
T. Lamireau

Même si la physiopathologie des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) fait encore l’objet de nombreuses études, il est admis qu’elle implique une interaction inadaptée entre le microbiote intestinal et le système immunitaire digestif. L’incidence croissante des MICI durant les dernières décennies, en lien avec l’occidentalisation du mode de vie, souligne le rôle des facteurs environnementaux dans cette interaction. Ces facteurs seraient notamment impliqués dans les perturbations du microbiote intestinal ou dysbioses, maintenant bien décrites dans les MICI. Parmi ces facteurs, l’alimentation suscite beaucoup d’intérêt. Symbole de nos changements de mode de vie, elle a un impact bien démontré sur la composition du microbiote, dès la naissance puis tout au long de la vie. Des études épidémiologiques ont permis de montrer des associations entre l’alimentation et le risque de survenue de MICI. Certains de ces liens ont également pu être mis en évidence chez l’animal ou en culture cellulaire, renforçant l’hypothèse d’une relation étroite entre l’alimentation, le microbiote et l’inflammation intestinale. L’alimentation bénéficie également d’une attention croissante ces dernières années dans la prise en charge des MICI. Au-delà de l’utilisation de la nutrition entérale exclusive dans la maladie de Crohn pédiatrique, dont l’efficacité est maintenant bien démontrée, de nouvelles approches émergent. Parmi elles, des régimes d’exclusion spécifiques pourraient constituer les prochaines avancées majeures dans la prise en charge de MICI au cours des prochaines années.



2007 ◽  
Vol 20 (1) ◽  
pp. 152-153
Author(s):  
R. Tholliez ◽  
E. Wiel ◽  
P. Mauriaucourt ◽  
A. Facon ◽  
P. Goldstein




Vie sociale ◽  
2012 ◽  
Vol 4 (4) ◽  
pp. 111 ◽  
Author(s):  
Arnaud Campéon ◽  
Blanche Le Bihan ◽  
Claude Martin


2007 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 133 ◽  
Author(s):  
Marguerite-Marie Defebvre ◽  
Emmanuelle Cerf ◽  
Patrick Fournier ◽  
François Puisieux ◽  
Isabelle Loens


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