Le métier de psychiatre en 2030 par un psychiatre des hôpitaux en exercice

2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 74-74
Author(s):  
A. Dervaux

De nombreux défis se posent à la Psychiatrie à l’horizon 2030. Sous la pression économique, l’organisation des soins pourrait être profondément modifiée. Dans quelle mesure le risque de restriction des ressources pourrait-il limiter l’accès aux soins ? L’offre de soins sera-t-elle suffisante sur tout le territoire ? Le sanitaire se sera t’il rapproché du médicosocial ? Comment faire face au défi de demandes plus exigeantes des patients, à celui de la perméabilité entre les cultures qui devraient s’accentuer ? Comment gérer les refus de traitements ? Avec quelles pratiques pour les soins sans consentement ? Comment faire avec le développement de programmes et de protocoles de soins de plus en plus complexes, comprenant notamment des techniques de réhabilitation cognitive ? Le dépistage précoce et les soins des sujets avec un état mental à risque doivent-il être développés à large échelle ? Comment le développement des centres experts et des surspécialités telles que l’addictologie, la psychogériatrie et la psychiatrie de la précarité peuvent-ils optimiser la discipline psychiatrique ? L’accroissement des psychiatres psychopharmacologues ou spécialistes de techniques de soins nouvelles (TMS) est-il souhaitable ? En pratique, comment ces surspécialités vont-elles développer les relations avec les secteurs psychiatriques ? Avec des unités d’intervention mobiles ? Avec des lits d’hospitalisation dédiés ? Avec plusieurs niveaux, locaux, régionaux, universitaires ? Les concepts de la réhabilitation seront-ils répandus ? La place des nouvelles technologies devrait s’accentuer. Le développement des réseaux sociaux de patients pourrait influencer la relation médecin-malade [1]. Sera-t-il opportun que des psychiatres supervisent des sites Internet grand public spécialisés de qualité ? [2] Le développement des dossiers électroniques et de dispositifs de traçage de la prise des médicaments, pourraient améliorer l’observance et la qualité des soins mais poseront aussi de nombreux problèmes éthiques et philosophiques, notamment de confidentialité et de perte des libertés individuelles [3].

2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 638-638
Author(s):  
R. Bocher ◽  
M. Grohens

Les précédents symposia sur la psychiatrie en 2030 ont suscité de nombreuses questions. Les patients risquent d’avoir de plus grandes exigences, sur un mode vraisemblablement plus consumériste, avec, par exemple, l’exigence que les thérapeutes soient plus facilement accessibles. La relation médecin-malade risque d’en être profondément modifiée. Les nouvelles technologies et les nouveaux moyens de communication vont certainement jouer aussi un rôle crucial. Les réseaux sociaux de patients risquent d’influencer la relation médecin-malade et la qualité des soins, en raison notamment de l’abondance des informations médicales sur Internet. La qualité et la pertinence de ces informations, très variables, vont vraisemblablement amener les médecins à développer leurs compétences en psychoéducation. Les psychiatres risquent de n’avoir pas d’autres choix que d’apprendre à canaliser le flot d’informations, à identifier les sources fiables et utiles pour apprendre aux patients à utiliser à bon escient les connaissances illimitées fournies par Internet. Il leur faudra faire preuve d’autorité sans être autoritaire.Ces évolutions seront particulièrement nettes chez les plus jeunes, issus de la génération Z, celle qui a grandi avec ces outils et les maîtrisent parfaitement. Les relations seront plus marquées par l’immédiateté, avec son corollaire, la dispersion et une plus faible vision de l’avenir à long terme. Le stockage des informations sur support informatique, la gestion des e-mails envoyés par les patients poseront aussi des problèmes spécifiques éthiques, juridiques, qui ne pourront être éludés, notamment des problèmes de confidentialité et de protection des données.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 606-606
Author(s):  
M. Arsene

Les enfants et adolescents de notre époque vivent désormais dans une réalité hyper connectée. La plupart d’entre eux possède un téléphone portable dés le collège, et pratiquement tous ont un accès Internet quotidien. En parallèle de cette révolution technologique, une nouvelle forme de harcèlement entre pairs a vu le jour et prend une place prépondérante : le cyberbullying, ou cyber harcèlement. Un nombre croissant d’auteurs dans la littérature médicale étudie la psychopathologie des jeunes qui y sont confrontés, constatant qu’ils présentaient des manifestations de souffrance psychique parfois graves, et dont les issues pouvaient être dramatiques.Une revue systématique analysant les données de la littérature médicale permet de présenter l’état actuel des connaissances sur la psychopathologie des jeunes impliqués dans le cyber harcèlement, et déterminer les points de ressemblance et de dissemblance avec le harcèlement scolaire. Cette revue systématique a permis de retenir 24 articles et revues, publiés entre 2004 et 2013.RésultatsEntre 20 et 40 % en moyenne des jeunes sont confrontés au cyberbullying au moins une fois dans leur vie. Victimes comme agresseurs présentent significativement de sérieux troubles notamment thymiques, relationnels, comportementaux et scolaires. S’il est difficile d’établir des profils types de ces jeunes, certains facteurs de risque semblent se dégager, ainsi que des populations vulnérables et à risque de développer une détresse psychologique au décours. Les profils types de ces jeunes sont ressemblants bien que non transposables à ceux des jeunes impliqués dans du harcèlement scolaire dit classique.ConclusionLe cyber harcèlement est relié significativement à des manifestations psychopathologiques. Certaines pistes préventives et indications pour la pratique clinique sont proposées. D’autres études notamment longitudinales pourraient contribuer à dégager des facteurs de risque identifiés et établir des rapports de causalité.


2018 ◽  
Author(s):  
Vincent Wagner ◽  
Didier Acier

ContexteLe terme de natifs numériques désigne à l’origine de jeunes adultes particulièrement adroits avec les nouvelles technologies. Sujet à débat, la question de l’identité des natifs numériques reste posée. L’objectif de cette étude est d’identifier les différents profils de natifs numériques, à l’aide d’un outil nouvellement traduit, et de les comparer sur la base de variables psychologiques.MéthodesUn échantillon de 590 participants a été constitué parmi les inscrits à un Massive Open Online Course sur le numérique ainsi que les utilisateurs de sites Internet, réseaux sociaux et forums communautaires. Afin d’obtenir des sous-groupes homogènes, un partitionnement des données via la méthode TwoStep a été réalisée.RésultatsDeux sous-groupes ont été mis en évidence : les natifs numériques et les novices numériques. Les natifs numériques se distinguent notamment des novices numériques par leur âge, leur niveau d’études, leur niveau d’investissement dans les activités numériques, d’urgence positive et négative et de recherche de sensations. DiscussionCette étude met en lumière à quel point les individus sont imprégnés psychiquement dans et par leurs usages du numérique. Ces éléments sont pertinents pour les professionnels désormais amenés à fréquemment être en contact avec des populations immergées dans les nouvelles technologies et vulnérables à leurs dérives.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S144-S144
Author(s):  
C. Debien ◽  
G. Marcaggi

IntroductionL’information, la prévention et la déstigmatisation en matière de santé mentale sont des enjeux majeurs de santé publique. À l’ère du numérique, l’accès à l’information et au contenu pédagogique passe de plus en plus par des sites Internet dédiés, les réseaux sociaux, mais aussi par des vidéos hébergées sur des sites de partage, dont Youtube représente le leader mondial.Le projet : Inspirés par des vidéastes de talent connus du « Youtube francophone », comme Karim Debbache (Crossed) ou Bruce Benamran (E-penser), nous avons créé en 2014 une chaîne sur le site YouTube : le Psylab. La chaîne propose une publication régulière de vidéos de vulgarisation de la psychologie et de la psychiatrie, en lien avec la culture populaire. En effet, le propos est illustré par de courts extraits de films, de séries télévisées ou même de jeux vidéo. Très impliqués dans la formation des étudiants en médecine et des internes, nous envisagions au départ que nos vidéos soient à destination de ceux-ci. Mais la popularité grandissante de la chaîne nous a rapidement fait réaliser que la demande du grand public était très forte. Ainsi le projet pédagogique initial est rapidement devenu un projet d’information et de prévention à destination du grand public. Outre le contenu que nous proposons, nous établissons une correspondance la plus régulière possible avec nos abonnés via les réseaux sociaux (facebook, twitter) ainsi que dans la section des commentaires sur le site Youtube.Le PSYLAB en chiffres : à l’heure actuelle, la chaîne rassemble 22480 abonnés (reflet des spectateurs les plus fidèles), les 30 vidéos ont, au total, été vues 456 244 fois. Soixante-dix-sept pour cent des spectateurs sont âgés entre 18 et 34 ans, 70 % étant de sexe masculin.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 605-605
Author(s):  
M. Wawrzyniak

Pour Peter Smith, un enfant ou une jeune personne est victime de bullying (harcèlement) « lorsqu’un autre enfant ou jeune ou groupe de jeunes se moquent de lui ou l’insultent, lorsqu’il est menacé, battu, bousculé, enfermé dans une pièce, lorsqu’il reçoit des messages injurieux ou méchants. Ces situations peuvent durer et il est difficile pour l’enfant ou la jeune personne en question de se défendre ». Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique peut être estimé à environ 14 % des élèves. Le phénomène est désormais bien identifié et les travaux sur ce thème se multiplient à travers le monde et en France. La SFPEADA (Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées) a souhaité proposer une session thématique consacrée au harcèlement entre pairs en milieu scolaire. Nicole Catheline (Poitiers) présentera un état des lieux de ce phénomène et ce que l’on sait aujourd’hui de son impact psychologique et psychopathologique. Elle nous fera part de l’avancée des actions menées en France et interrogera notamment la question de l’échec de la dynamique des groupes. Jean-Philippe Raynaud (Toulouse) abordera la question des adolescents avec trouble du spectre autistique : s’ils bénéficient de plus en plus souvent d’une scolarisation en milieu ordinaire, ils sont particulièrement exposés aux brimades. Un programme d’entraînement aux habiletés sociales, intégrant des stratégies pour aider ces jeunes à reconnaître le harcèlement et à mieux y faire face sera présenté. Enfin, Mathilde Arsène (Aubervilliers) présentera un état des connaissances sur les nouvelles formes de harcèlement, que l’on regroupe sous l’appellation « cyber harcèlement » et qui s’appuient sur les nouvelles technologies : smartphones, réseaux sociaux, photos et vidéos numériques… La session sera présidée par Michel Wawrzyniak, professeur de psychologie à Amiens et président de la SFPEADA.


Frontières ◽  
2018 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
Author(s):  
Florence Quinche

L’apparition de nouvelles technologies, tout d’abord par les réseaux sociaux sur Internet (texte, image, vidéo, émoticône), puis via les applications pour les téléphones intelligents (Smartphones) a profondément modifié les façons de communiquer, notamment des jeunes générations. Ces nouvelles technologies de la communication ont-elles aussi transformé les rapports à la mort et au deuil ? De nouvelles pratiques sont-elles apparues depuis la démocratisation d’Internet et des téléphones intelligents ? Dans cet article, on s’interroge sur deux types d’expression du deuil, dans un premier temps, sur la façon dont les individus expriment leur deuil dans les réseaux sociaux numériques et d’autre part sur la façon dont la presse et les journalistes créent des mémoriaux pour les victimes lors d’événements traumatiques (attentats, catastrophes).


Author(s):  
Brigida Migliore

Dans cette époque actuelle de pandémie de COVID-19, la musique et les musiciens ont étéobligés à se réinventer pour continuer la pratique artistique, étant donné que les activitésculturelles ont été interrompues ou reportées. L’espace de diffusion le plus utilisé a été celuioffert par les nouvelles technologies, en particulier les réseaux sociaux, que les musiciens ontutilisé pour l’organisation de concerts et performances, en live ou enregistrés, afin de ne pasarrêter le flux de la création et de l’inventive musicale. À l’intérieur de ce triste contexte de nosjours, dans une ville du Sud de l’Italie, nous avons pu suivre les activités du Giannimondo. Ils’agit d’un projet crée par un jeune salernitain, Gianni Fiorito, qui a inventé un espace culturelvirtuel sous-forme d’émission en livestreaming Instagram et Facebook. Les épisodes ont eucomme objectif de garder les gens à la maison depuis mars (début des restrictions duGouvernement italien), essayant de proposer des contenus culturels intéressants. Enparticulier, une place de relief a été consacrée à la musique par l’invitation d’artistes afin de lesfaire exprimer à travers des entretiens et par des petites performances. L’événement le plusimportant organisé à l’intérieur du Giannimondo a été le concert du 1er Mai (2020), qui a vu huitheures de performances par trente jeunes artistes, en livestreaming. D’autres activités sontprévues pour accompagner les jeunes et les adultes dans le lent retour à la normalité.Throughout the COVID-19 pandemic, musicians—and the music industry—have been forced toreinvent themselves in order to continue the production and dissemination of art, as all culturalactivities have been interrupted or postponed. To this end, the most popular spaces in whichartists have broadcast their work have been made possible by new technologies. Socialnetworks, in particular—which musicians have used to organize concerts and performances,both live and recorded—have allowed these artists to continue the flow of creativity and musicalinventiveness. Within the context of the challenging first months of the pandemic, in a town insouthern Italy, myself and others were able to find some respite by following the activities ofGiannimondo. Created by a young Salernitan, Gianni Fiorito, this was a virtual cultural space inthe form of a recurring Instagram and Facebook livestream show. The episodes, which offeredinteresting cultural content, were produced to encourage people to stay at home after Italiangovernment restrictions began in March 2020. This series became a prominent, online spacededicated to showcasing artists expressing themselves through interviews and shortperformances. The most important event as part of Giannimondo was its May 1 concert, whichsaw eight hours of livestreamed performances by thirty young artists. This series is alsocommitted to planning other activities to support both young people and adults in the slow returnto post-pandemic normalcy.


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