Le numérique participatif au service de la République des Lettres
Loin des clichés, l’inflation de la production documentaire a fait des archivistes les animateurs d’équipes nombreuses ; et la consultation des archives est l’une des pratiques culturelles les plus populaires. Cette rencontre d’un public motivé et d’une documentation numérique considérable a suscité le développement d’entreprises de crowdsourcing permises par la pratique des documents d’archives ainsi que par les connaissances toponymiques et onomastiques des usagers : édition de textes, annotation collaborative de l’état civil ou de fonds iconographiques, établissement de dictionnaires historiques, etc. Le rôle de l’archiviste est de rendre possible ce travail sur les sources, de l’encadrer, de le faire connaître (par la médiation numérique). Il faut susciter la création d’un réseau, d’une communauté virtuelle (en s’appuyant sur des communautés réelles) et donner de la reconnaissance à son travail. Le public attend de l’archiviste, qui doit se déprendre de la posture du sachant distillant son savoir, qu’il soit néanmoins être le garant de la fiabilité de l’information produite, même s’il n’a pas les moyens concrets de la valider systématiquement a priori. Diverses questions doivent être examinées : celle de la propriété intellectuelle de l’information produite, celle des rapports entre crowdsourcing et crowdfunding, celle des raisons et des conditions du succès des entreprises de crowdsourcing dans les archives, où chaque participant contribue à l’enrichissement du patrimoine commun.