Exposition hydrique au bisphénol A et à ses dérivés chlorés et liens avec le cancer du sein : étude de faisabilité BREDI I (Breast and Endocrine Disrupter Investigation Part 1)
Résumé Il existe une relation entre exposition aux perturbateurs endocriniens (PE) et carcinogenèse animale. Cependant, les données épidémiologiques sont insuffisantes. Le bisphénol A (BPA) est un PE ubiquitaire présent dans l’eau potable. Ses dérivés chlorés (Clx-BPA) sont suspectés d’avoir une action PE 100 fois supérieure. L’objectif de ce travail était d’évaluer la faisabilité d’une étude d’exposition hydrique au BPA et aux Clx-BPA dans une population de patientes opérées du sein. L’étude a été menée au CHU de Poitiers auprès de trois populations de femmes opérées du sein classées selon la gravité de leur lésion. Trois façons d’évaluer l’exposition hydrique ont été explorées : dosage dans des matrices biologiques, dans l’eau du robinet et administration d’un questionnaire sociodémographique validé. Le critère de jugement principal était la concentration en composés dans l’eau ou les matrices biologiques et les quantités d’eau apportées par voie orale et cutanée selon le questionnaire. Dans l’eau de boisson analysée, le BPA a été quantifié chez la totalité des patientes (116 ± 162 ng∙L‑1). Les concentrations en Clx-BPA étaient de 1,85 ± 0,70 ng∙L‑1. Les concentrations urinaires en BPA étaient de 2,6 ng∙mL‑1 en préopératoire et 3,8 ± 5,5 ng∙mL‑1 en postopératoire, les Clx-BPA n’ayant pas été quantifiés. Dans le tissu adipeux mammaire, le BPA a été retrouvé à 1,265 ± 0,058 ng∙g‑1, le BPA et le Clx-BPA n’ayant été détectés qu’à deux reprises. Cette étude a montré la faisabilité des dosages du BPA et des Clx-BPA dans les matrices biologiques et l’eau du robinet. La mise en place d’une cohorte multicentrique permettra d’étudier la relation entre exposition à ces PE et cancer du sein.