La théorie géographique de la propriété et l’héritage ratzélien
La théorie géographique de la propriété reste encore en chantier malgré les appels en ce sens lancés par plusieurs auteurs. Sans prétendre achever l'élaboration d'une telle théorie, le présent article voudrait ouvrir une piste dans cette direction à partir d'une critique de la géographie politique de Ratzel. La critique révèle d'abord que cette géographie donne une définition de la propriété et de l'État alignée sur une conception dogmatique de l'individu. La proposition ratzélienne présente en effet l'individu comme une entité absolue autour de laquelle s'élève, pour fins de satisfaction des besoins, l'édifice politique. Prenant le contrepied de cet a priori individualiste, l'article analyse la dimension discursive de la propriété. Il s'avère que le discours de la propriété, opérant sur le mode dogmatique, impose une privation sur laquelle repose l'institution du sujet nommément distingué et proprement humain.