scholarly journals Les Acadiens en Guyane (1765–1848) : une « société d’habitation » à la marge ou la résistance d’un modèle d’organisation sociale

Author(s):  
Bernard Cherubini

Résumé Très rapidement oubliés par les administrateurs de la colonie dans les savanes de l’ouest, au milieu de leurs troupeaux de bovins et de leurs parcs à tortue, les quelque 40 familles acadiennes, venues de l’Isle-Madame, de Saint-Pierre-du-Nord, de Rivière-du-Moulin-à-Scie, installées en Guyane dans les quartiers de Kourou, de Sinnamary et d’Iracoubo, à la suite du désastre de l’expédition de Kourou de 1764, ont été tenues à l’écart des projets de développement économique de la Guyane qui allaient concerner les Terres-Basses de l’Est, les grands domaines des quartiers les plus proches de Cayenne. Ce désintérêt, devenu pratiquement total à la suite du décès du gouverneur Jacau de Fiedmond en décembre 1781, aura probablement servi leur projet d’installation, sur des bases de rapprochement familial, de mariage des enfants et de remariage rapide des veufs et des veuves, jusqu’aux époques plus troublées de la Révolution française (1789), de la première abolition de l’esclavage (1794), des déportations de révolutionnaires (1794–1798) et de l’occupation portugaise de la Guyane (1809–1817). Une lecture ethnologique des caractéristiques de cette « société d’habitation », fondée sur des éléments d’ethnohistoire et sur des données généalogiques, vient confirmer la capacité des marges à structurer des relations autonomes et originales avec les centres de pouvoir, politiques ou économiques. On peut même se risquer à entrevoir l’influence de pratiques — dont on pourrait abusivement dire qu’elles sont déjà devenues « traditionnelles » en Acadie — dans l’organisation de la pêche à la tortue, de la pêche et de la navigation côtière, dans l’organisation spatiale des habitations le long du littoral, etc. Mais une société parallèle, en marge, se met nécessairement en marge d’un système existant ou en voie de constitution — ici une « société d’habitation » — sur la base d’une appropriation séparée de l’espace, de l’histoire immédiate, de la quotidienneté, que nous avons appelé ailleurs localisme, qui constitue dès lors sa force en cas de besoin de résistance à des pressions extérieures.


2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 103-118 ◽  
Author(s):  
Manon Boulianne

Résumé Dans les pays du Sud, depuis le début des années 1970, l'agriculture urbaine fait l'objet d'un nombre croissant d'interventions de la part d'agences publiques et d'organismes non gouvernementaux (ONG). Ces interventions s'inscrivent, en général, dans des projets de développement social pour des populations pauvres identifiées comme bénéficiaires. Certaines initiatives sont toutefois portées par des organisations populaires issues des mouvements sociaux urbains. Associées à une économie sociale, elles s'insèrent dans une dynamique de développement économique communautaire. C'est ce que nous avons observé à l'occasion d'une recherche réalisée auprès de différentes organisations mexicaines.



2017 ◽  
Vol 72 (4) ◽  
pp. 1117-1156
Author(s):  
Michael Kopsidis ◽  
Daniel W. Bromley

RésuméLe cheminement de l'Allemagne vers l'industrialisation, qui dura plusieurs siècles, doit être compris comme une évolution institutionnelle graduelle qui bénéficia des circonstances et fut une réponse aux pénuries de la fin du xviiie siècle. Les tentatives pour lui trouver un deus ex machina unique – qu'il s'agisse de Napoléon, de réformateurs prussiens ou d'un autre agent exogène – n'ont abouti à aucun résultat convaincant. Le gradualisme explique de manière vraisemblable comment l’économie de marché et le capitalisme se sont implantés dans la société allemande. Seules les régions d'Allemagne qui avaient réussi à lancer des réformes institutionnelles graduelles au xviiie siècle étaient bien placées pour devenir rapidement des économies de marché identifiables au début du xixe siècle. Dans ce contexte, cet article se propose d’étudier le rôle de la Prusse et de Napoléon dans la modernisation de la structure institutionnelle de l’économie allemande. En matière de réformes agraires et de liberté économique, le modèle prussien représente un bouleversement dans l'histoire du développement économique. Une telle stratégie n'existait dans aucun territoire sous domination française, que ce soit avant ou après 1815. Les réformateurs prussiens furent les premiers à adopter une stratégie de développement rural multisectoriel qui leur permit de concilier croissance et équité.



1948 ◽  
Vol 3 (3) ◽  
pp. 257-266 ◽  
Author(s):  
Georges Lefebvre

A la veille de la Révolution française, l'Europe presque entière était soumise à ce que nous avons appelé depuis : l'Ancien régime. Le prince s'était attribué un pouvoir absolu. Les Églises le regardaient comme le lieutenant de Dieu, et, réciproquement, il maintenait leur autorité en imposant sa religion à ses sujets. On avait relégué dans l'oubli le droit naturel, inauguré dans l'Antiquité par les Stoïciens, développé au moyen âge par les théologiens, notamment par saint Thomas d'Aquin, et d'après lequel la société est fondée sur le libre contrat de ses membres, le gouvernement par le libre contrat de celui qui en est chargé avec ceux qui lui obéissent ; de telle sorte que le pouvoir ne peut être conçu qu'au profit de la communauté, et qu'institué pour garantir les prérogatives légitimes de la personne il ne doit leur porter aucune atteinte.



2004 ◽  
Vol 49 (3) ◽  
pp. 562-575 ◽  
Author(s):  
Georges L. Bastin

Résumé Les historiens ont montré clairement l’influence de l’Indépendance des États-Unis et de la Révolution française sur le mouvement émancipateur en Amérique hispanique entre 1776 et 1810. Cette influence ne s’est cependant pas limitée aux seules idées qui ont façonné le mouvement indépendantiste dans les colonies espagnoles. On la trouve dans les textes fondamentaux des premières républiques hispano-américaines. L’objet de cette étude est de montrer que la présence de ces idées et de ces documents en territoire latino-américain, particulièrement au Venezuela, a été rendue possible par le truchement des traductions de Manuel García de Sena (les documents nord-américains), d’Antonio Nariño (la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens de 1789) et de Juan Picornell (la Déclaration… de 1793). C’est par le biais de la comparaison des textes, de l’analyse des conditions de production et de réception des traductions que nous avons pu montrer non seulement la filiation idéologique des trois révolutions, mais également les transformations, linguistiques et notionnelles, subies par les textes nord-américains et français dans leur version espagnole. L’appropriation, démarche traductionnelle latino-américaine caractéristique (Bastin 1996, 1998), se manifeste à nouveau pour donner lieu à de nouveaux textes, autonomes. Nous soulignerons également la contribution intellectuelle et politique de ces traducteurs ainsi que, d’une manière générale, celle de la traduction à la diffusion des idées émancipatrices en Amérique latine à la fin du xviiie siècle.



2005 ◽  
Vol 13 (3) ◽  
pp. 309-342 ◽  
Author(s):  
Paul R. Bélanger ◽  
Louis Maheu

La mobilisation politique des populations étudiantes n'est pas en soi un phénomène vraiment contemporain. Certaines études ont déjà établi que des groupes étudiants ont participé à des mouvements politiques à diverses époques de l'histoire. Par contre, la pratique politique étudiante, ces dernières années, s'est amplifiée en même temps qu'elle se caractérisait par des traits plus spécifiques et particuliers à cette population. Aussi a-t-on vu croître, en sociologie, un intérêt nouveau pour l'analyse de ces phénomènes. Les études consacrées à ce sujet se multiplient de même que les schémas d'analyse se diversifient. Pour l'étude de la pratique politique étudiante québécoise contemporaine, nous avons, pour notre part, opté pour une grille d'analyse qui n'enferme pas l'étudiant, comme agent politique, dans le système d'enseignement supérieur. Sa mobilisation politique ne nous semble pas, au premier chef, être fonction de sous-cultures étudiantes plus ou moins contestataires et typiques des milieux universitaires ou des seules difficultés de fonctionnement des systèmes universitaires. Encore moins sommes-nous portés à penser que la marginalité sociale de la jeunesse étudiante est un facteur déterminant de politisation : « camper hors de la nation » ou de la société n'est pas de nature à susciter la mobilisation politique. Au contraire, notre analyse ne produit une définition de l'étudiant comme agent politique qu'au moyen de déterminations structurelles qui conditionnent, provoquent et organisent la pratique politique étudiante qui vise elle-même à modifier le cadre sociétal où elle émerge. Au nombre des principales caractéristiques de la période des années '60 dans l'histoire du Québec, il nous faut retenir la politisation des problèmes de fonctionnement de l'appareil scolaire québécois : les rapports entretenus par cet appareil avec d'autres structures de la société, le système de production économique par exemple, devenaient l'enjeu de luttes et de rapports politiques. L'État et les diverses couches sociales qui appuyaient ses politiques d'intervention auprès de l'appareil scolaire rencontraient l'hostilité et l'opposition plus ou moins soutenues d'autres couches sociales qui appréciaient différemment les politiques de l'État en ce domaine. Avec l'adoption du bill 60 qui créait, en 1963, le Ministère de l'éducation du Québec, le parti au pouvoir imposa une restructuration de l'appareil scolaire qui impliquait une responsabilité plus nette et ferme accordée à l'État et la mise en place d'organes officiels de consultation, comme le Conseil supérieur de l'éducation, où l'Église était loin de conserver une fonction prépondérante. Le législateur devait même consulter, au moment de la formation du premier Conseil supérieur de l'éducation, de multiples associations qui n'avaient pu auparavant s'imposer comme interlocuteurs dans un secteur contrôlé par l'Église. Parmi celles-ci, notons les associations d'enseignants; les associations d'administrateurs dans le domaine scolaire; les associations de parents et parents-maîtres; les associations syndicales; et diverses associations d'affaires. Puis finalement, le législateur dut consentir, après que des représentations eurent été faites dans ce sens, à prendre aussi l'avis d'associations étudiantes et d'associations de professeurs et d'administrateurs universitaires. On a pu également observer, dans le processus de régionalisation de commissions scolaires, que même au niveau local et régional, les agents qui contrôlaient traditionnellement l'appareil scolaire pouvaient voir leur position sociale remise en cause. Bref, la politisation des problèmes d'éducation a modifié les rapports de force entre les divers groupes sociaux qui se préoccupaient des politiques d'intervention de l'État auprès de l'appareil scolaire. L'État devait aussi se lancer, au cours des années '60, dans des transformations importantes des structures académiques et du contenu des programmes d'enseignement. Ces mutations de structures et de programmes académiques visaient essentiellement à reprendre le retard que connaissait le Québec, par rapport aux principales provinces canadiennes, et notamment l'Ontario et la Colombie-Britannique, dans le développement de son appareil scolaire. On attribuait à ce retard les problèmes de développement économique du Québec qui se manifestaient par un revenu moyen inférieur à celui des provinces canadiennes riches et par une productivité industrielle, en général, plus faible. La main-d’œuvre québécoise ne présentait pas des standards de qualification très élevés, ni des niveaux d'instruction jugés satisfaisants. Aussi, l'intervention de l'État auprès de l'appareil scolaire québécois avait-elle un sens bien précis : elle concernait la préparation et la modernisation d'une main-d’œuvre professionnelle au moyen de transformations apportées aux structures et au contenu de l'enseignement. Afin d'assurer une plus grande adaptation de l'appareil scolaire aux exigences de développement de la société, l'État misait essentiellement sur le « capital humain » et le perfectionnement des « ressources humaines » comme facteur de production. Ainsi cette intervention s'est accompagnée d'une augmentation considérable des investissements en éducation. Les dépenses totales d'enseignement au Québec qui étaient, à la fin des années '50, de l'ordre de $300,000,000, passaient en 1963 à $719,319,000 ; elles ont donc plus que doublé sur une période de cinq ans. Les dépenses du Ministère de l'éducation sont passées de près de $200,000,000 en 1960-61 à près de $710,000,000 en 1967-68, puis à $1,100,114,000 en 1970-71 ; sur une période de dix ans, ces dépenses ont été multipliées à peu près par dix. Ces hausses représentent des taux d'augmentation annuelle qui sont légèrement supérieurs à l'augmentation annuelle des dépenses du gouvernement du Québec; ainsi, la proportion du budget total consacrée à l'enseignement est passée de 23% en 1959 à 32% en 1964, puis à 34.7% en 1969. Il faut encore souligner que cette intervention de l'État auprès de l'appareil scolaire s'est accompagné d'un discours idéologique de circonstance. L'État, au moyen de slogans tels « Qui s'instruit s'enrichit », devait expliquer à la population combien l'éducation était le moyen par excellence de la promotion collective de la communauté canadienne-française. Le Québec était invité à joindre les sociétés industrielles avancées qui valorisaient, comme politique de croissance et de progrès, le développement et le perfectionnement continus des «ressources humaines».



2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 1-13 ◽  
Author(s):  
Abourida Aahd ◽  
Vincent Simonneaux ◽  
Errouane Sadik ◽  
Berjami Brahim ◽  
Sghir Fathallah

Résumé L’agriculture irriguée est une des composantes essentielles du développement économique du Haouz avec le tourisme et l’artisanat. Elle représente plus de 85 % de la consommation en eau du bassin versant du Tensift. L’aridité climatique qui règne dans la région, ainsi que les périodes de sécheresse récurrentes depuis une dizaine d’années, induisent une mobilisation de plus en plus importante des eaux souterraines et de surface, avec un recours croissant à l’irrigation. L’objectif principal de cette étude est la détermination des volumes d’eau pompés à partir de la nappe phréatique, dont l’essentiel est destiné à l’irrigation. Pour ce faire, nous avons établi une carte d’occupation du sol par classification de trois images Landsat TM acquises à trois dates différentes. Cette carte nous a permis de localiser les différentes cultures irriguées et d’estimer les consommations totales à partir des besoins en eau standard des cultures (méthode FAO). En comparant ces chiffres avec les volumes d’eau de surface attribués par l’organisme en charge de la gestion de l’irrigation à partir d’eau de surface au niveau de la plaine (ORMVAH - Office Régionale de Mise en Valeur Agricole du Haouz), nous avons pu estimer le volume d’eau moyen pompé pour l’irrigation à 481 Mm3, valeur comprise dans l’intervalle (271; 691) Mm3•an‑1 associé aux incertitudes sur l’estimation des consommations des cultures. Par ailleurs, l’interpolation graphique entre les débits réels estimés lors de l’enquête de terrain 1986 et 1971 et les autorisations de débits attribués par l’agence de bassin au niveau de la zone fournit une estimation des pompages effectifs d’environ 495 Mm3•an‑1.



2005 ◽  
Vol 11 ◽  
Author(s):  
Franck-Dominique Vivien

O objetivo atribuído a um desenvolvimento sustentável significa interpretá-lo de diversas maneiras.Propomos o desenho de um conjunto de enunciados econômicos sobre o tema. Para tanto, reunimos três conjuntos de trabalhos: o primeiro expressa o ponto de vista da teoria econômica dominante, evidenciando a idéia de um crescimento sustentado como condição necessária e suficiente para acessar a umdesenvolvimento sustentável; o segundo, mais inspirado pelo pensamento dos limites, busca apontar restrições socioambientais, em cujo interior deve-se perseguir o desenvolvimento econômico; o terceiro, marcado pelas experiências do Terceiro Mundo, acentua as desigualdades sociais e questiona o sentido da noção de desenvolvimento.                RÉSUMÉL’objectif assigné d’un développement soutenable donne lieu à des multiples interprétations. Nous proposons de dresser un panorama des propositions économiques en la matière. Nous avons réuni pour ce faire trois ensembles de travaux: le premier, qui exprime le point de vue de la théorie économique dominante, met en avant l’idée d’une croissance durable comme condition nécessaire et suffisante pour accéder à un développement soutenable; le deuxième, plus inspiré par une pensée des limites, cherche à élaborer des contraintes socio-environnementales à l’intérieur desquelles le développement économique doit se poursuivre; le troisième, marqué par les expériences du Tiers Monde, met l’accent sur les inégalités sociales et s’interroge sur le sens de la notion de développement.



1979 ◽  
Vol 12 (4) ◽  
pp. 675-688 ◽  
Author(s):  
Kenneth D. McRae

La société pluri-culturelle et la tradition politique occidentaleNous nous penchons sur la façon dont la philosophie politique occidentale conçoit la société pluri-culturelle. Nous pensons que la tradition occidentale depuis ses débuts en Grèce classique a fait preuve d'un manque évident de sympathie à l'égard de la pluralité culturelle. Ici, le concept de pluralité culturelle ou sociale se rapporte à une société compartimentée ou cloisonnée (« segmented ») et ne doit pas être identifié au « pluralisme » de la pensée politique britannique et américaine du XXe siècle.Nous avons retenu, pour approfondir cette hypothèse, le stoïcisme, les relations de l'Eglise et de l'Etat au moyen âge, la Réforme protestante, l'essor des régimes monarchiques au XVIe siècle en Europe et Vemergence des mouvements nationalistes depuis la Révolution française. Les quelques hommages que Von rend dans la philosophie occidentale à la société pluri-culturelle ne sont qu'accessoires et sont le plus souvent les conséquences inattendues de forces politiques. Le concept de tolérance religieuse dans les sociétés pluri-confessionnelles en est un bon exemple.Ceci dit, nous pensons que la pensée politique occidentale comporte plusieurs éléments favorables à la pluralité culturelle et qu'il importe en premier lieu de les approfondir si l'on veut élaborer une doctrine politique adaptée a la pluralité culturelle des sociétés contemporaines. D'autres éléments d'une telle pensée politique peuvent se trouver dans la philosophie politique non-occidentale, dans d'autres sciences humaines et dans la vie politique des sociétés pluralistes elles-mêmes.



2010 ◽  
Vol 1 (2) ◽  
pp. 103
Author(s):  
Bénédicte Serrate

La conception, appelée « design » dans les entreprises industrielles, représente dans le processus d’innovation une étape essentielle pourtant peu étudiée encore par les économistes. Elle mobilise pour aboutir à des innovations de plus en plus jugées essentielles à la compétitivité de l’entreprise, quantité d’acteurs internes et externes selon une logique de réseau sans cesse renouvelée. A partir de l’observation de cas empiriques, nous avons tenté dans cet article de comprendre comment s’organisaient ces réseaux innovants. Aujourd’hui dans la plupart des pays qui pratiquent des politiques de développement économique local, il semble établi qu’il faille construire des proximités géographiques entre acteurs pour que se développent des relations industrielles favorisant la dynamique d’innovation et le transfert des connaissances. L’abondance des « clusters » et des « pôles de compétitivité » partout dans le monde témoigne de ce postulat. En analysant les modes d’organisation des réseaux de conception nous avons donc cherché à vérifier si la proximité géographique constituait encore un ressort essentiel et si la globalisation des entreprises ne laissait pas apparaitre d’autres formes de proximités.



2014 ◽  
Vol 57 (161) ◽  
pp. 277-298
Author(s):  
Julie Gobert

Résumé Dans un but de développement économique des territoires, les pouvoirs publics sont amenés, en France, à favoriser le « capital mobilité » des individus pour leur donner le moyen d’accéder au marché du travail et à un ensemble de ressources et de services. Toutefois, il est également nécessaire de réguler les problèmes liés à l’automobilité et aux nuisances environnementales qui lui sont inhérentes. Les politiques publiques de transport ont de ce fait évolué : la notion de « droit à la mobilité » se dissout peu à peu au profit d’objectifs plus complexes de développement durable. Ce dilemme entre enjeux économiques, sociaux et environnementaux pose la question des inégalités environnementales, particulièrement quand il s’agit de mettre en place une zone à basse émission sur les grandes agglomérations, comme cela est prévu dans la loi du Grenelle II sous le nom de zone d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA). Au regard d’une enquête de terrain menée sur une intercommunalité de Seine-Saint-Denis, en amont de la mise en place d’une ZAPA, nous avons cherché à mieux connaître l’impact d’une telle mesure et les possibles répercussions en termes d’inégalités.



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